
Le feuilleton du FSD (Full Self-Driving) de Tesla en Europe vient de franchir une étape que beaucoup n’attendaient pas aussi rapidement. Alors que le Vieux Continent est réputé pour sa prudence réglementaire, les Pays-Bas ont décidé de jouer les éclaireurs.
La fonction nommée « Conduite entièrement automatique (supervisée) » de Tesla est disponible depuis quelques jours aux Pays-Bas. Pour rappel, il s’agit de la fonction permettant à la voiture de vous conduire d’un point A à un point B sans intervention du conducteur.
C’est pour le moment le seul pays d’Europe à avoir adapté le cadre réglementaire pour accepter de voir rouler des voitures autonomes dans les rues.
Mais le régulateur néerlandais, la RDW, vient officiellement de notifier la Commission européenne de son intention d’obtenir une approbation à l’échelle de l’Union pour le système de conduite assistée de la marque américaine. Concrètement, cela signifie que la France pourrait voir débarquer cette fonctionnalité sur ses routes bien plus tôt que prévu.
Un effet domino impulsé par les Pays-Bas
Le processus est désormais enclenché. Selon des informations rapportées par Reuters, Bernd van Nieuwenhoven, responsable des homologations au sein de la RDW, a confirmé cette démarche auprès des autorités européennes. Pour lui, le constat est simple : « Si c’est assez bon pour les Pays-Bas, c’est assez bon pour l’Europe. » Une déclaration forte qui intervient après que le système a été autorisé sur le territoire néerlandais, une première historique.

Le calendrier se précise également. Un porte-parole de la Commission européenne a indiqué que les Pays-Bas présenteraient le dossier devant le comité technique compétent dès le mois de mai 2026. Si les tests sont jugés satisfaisants et qu’une majorité d’États membres soutient l’initiative, un acte d’exécution pourrait être préparé pour permettre un déploiement massif dans toute l’UE.
En attendant cette décision globale, chaque pays conserve la liberté de s’appuyer sur l’homologation néerlandaise pour autoriser la technologie sur son propre sol via des accords bilatéraux.
Le FSD européen : plus strict que la version américaine
Il ne faut toutefois pas s’y tromper : le nom « Full Self-Driving » peut être trompeur. C’est d’ailleurs pour ça que la fonction s’appelle autrement en Europe.
Bernd van Nieuwenhoven insiste sur le fait qu’il s’agit d’un « logiciel d’aide à la conduite plutôt qu’une voiture totalement autonome ». Contrairement à ce que l’on observe aux États-Unis, la version européenne du logiciel sera soumise à des contraintes techniques plus rigoureuses pour garantir la sécurité.
Parmi les différences notables, on retient une surveillance accrue de l’attention du conducteur. Le système devra s’assurer en permanence que la personne derrière le volant regarde la route et reste prête à intervenir. De plus, Tesla devra soumettre chaque mise à jour logicielle majeure à la RDW avant son déploiement.
Kees Roelandschap, un utilisateur néerlandais cité par Reuters, témoigne de cette rigueur après avoir installé le système sur sa voiture électrique : « La surveillance du conducteur est stricte, mais souple. » Selon ses dires, le simple fait de porter une casquette dont la visière bloque le regard ou de saisir son téléphone déclenche des alertes immédiates, pouvant mener à la désactivation du système. En revanche, s’il est utilisé correctement, il affirme que le dispositif « peut effectuer un trajet complet, y compris le stationnement, sans interférence ».
Pourquoi l’arrivée aux Pays-Bas change tout pour la France
L’homologation aux Pays-Bas est un tournant majeur car elle crée un précédent réglementaire. Jusqu’ici, Tesla se heurtait à un mur en Europe, mais pourquoi l’arrivée aux Pays-Bas change tout pour nous réside dans la structure même des règles de l’UE.
Une fois qu’un État membre valide une technologie de ce type, il devient beaucoup plus difficile pour les autres de s’y opposer sans arguments techniques solides, d’autant que la RDW se dit prête à répondre aux questions de ses homologues européens pour faciliter l’adoption du système.
Pour Tesla, l’enjeu est également commercial. La marque a vu ses ventes ralentir sur le continent, pénalisée par une gamme vieillissante. Le déploiement du FSD, proposé via un abonnement (facturé 99 euros par mois aux Pays-Bas), est un levier stratégique pour redonner de l’attrait aux Model 3 et Model Y, dont environ 100 000 exemplaires sont déjà en circulation sur les routes néerlandaises et seraient éligibles à cette mise à jour.
En résumé, si le comité technique de mai prochain donne son feu vert, le logiciel capable de gérer la direction, le freinage et l’accélération sous surveillance humaine pourrait transformer l’expérience de conduite des propriétaires de Tesla en France d’ici la fin de l’année. On sort enfin de l’expectative pour entrer dans une phase concrète de déploiement.
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