Tesla submergé par des milliers d’infractions potentielles de son système de conduite autonome FSD

 
Alors qu’Elon Musk ne cesse de vanter les prouesses technologiques du système Full Self-Driving de Tesla, l’administration américaine de la sécurité routière serre la vis. Le constructeur vient d’obtenir cinq semaines supplémentaires pour analyser plus de 8 000 signalements d’infractions commises par ses voitures électriques en mode autonome.
Tesla FSD à Paris // Source : Tesla

La situation relève presque du kafkaïen pour Tesla. Le constructeur californien doit éplucher manuellement plus de 8 000 dossiers de violations potentielles du code de la route (8 313, très précisément) impliquant son système FSD (Full Self-Driving), son système de conduite semi-autonome.

Grillages de feux rouges, circulation à contresens, dépassements dangereux : la liste des écarts recensés depuis octobre dernier dresse un tableau pour le moins préoccupant. Face à cette montagne de rapports, Tesla a sollicité un délai auprès de la NHTSA, l’agence fédérale américaine de sécurité routière, comme le relate Bloomberg.

L’argument avancé ? Un rythme de traitement d’environ 300 dossiers par jour, ce qui repousse la date butoir au 23 février. On peut s’interroger sur cette cadence : pour une entreprise qui se targue d’être à la pointe de l’intelligence artificielle, cette approche plus ou moins « artisanale » surprend.

Quand les promesses marketing rencontrent la réalité réglementaire

Le timing de cette enquête ne pourrait être plus délicat pour Elon Musk. Après deux années consécutives de baisse des livraisons de véhicules, le patron de Tesla compte justement sur le FSD pour relancer la machine commerciale, notamment en basculant sur un système d’abonnement.

Sauf que voilà : la Californie menace désormais de suspendre les ventes pendant un mois pour publicité mensongère sur les capacités réelles du système. Un sacré coup de frein pour celui qui promet régulièrement une autonomie totale « dans quelques mois ».

La situation s’aggrave encore quand on découvre que la NHTSA mène simultanément deux autres investigations : l’une sur les retards de déclaration d’accidents, l’autre sur des poignées de portes défectueuses.

Tesla se plaint d’ailleurs d’un « fardeau excessif » face à ces multiples demandes d’informations. Une complainte qui passe assez difficilement quand on commercialise des véhicules à plusieurs dizaines de milliers de dollars en promettant une sécurité maximale.

Les angles morts persistants du FSD

Au-delà des simples infractions routières, c’est la fiabilité fondamentale du système qui pose question. L’agence fédérale enquête aussi sur l’incapacité du FSD à gérer correctement l’éblouissement du soleil, le brouillard et autres conditions de visibilité réduite. Un accident mortel est d’ailleurs venu tragiquement rappeler ces limites techniques en octobre 2024.

Pour l’instant, Tesla promet de fournir des données détaillées : versions logicielles utilisées, alertes conducteur, circonstances précises de chaque incident. Mais le constructeur a déjà prévenu qu’il demandera encore du temps supplémentaire. La route vers une véritable autonomie semble décidément bien plus longue que prévu, même pour l’un des constructeurs les plus avancés dans ce domaine.


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