
Les voitures Tesla équipées de l’ordinateur de conduite Hardware 3 (HW3) ne pourront jamais faire tourner la version entièrement autonome et non supervisée du FSD (Full Self-Driving), la Conduite entièrement automatique (non supervisée) en français.
Pour une entreprise qui a vendu des millions de véhicules sur la promesse qu’ils possédaient déjà tout le matériel nécessaire pour devenir de véritables robotaxis, l’aveu est lourd de conséquences. Si vous cherchez aujourd’hui une voiture électrique, la question de la version de l’ordinateur de bord chez Tesla devient donc plus cruciale que jamais.
Le mur de la réalité technique : une question de bande passante
Pendant des années, le discours officiel consistait à dire qu’une simple mise à jour logicielle suffirait. Mais le passage à la conduite totalement autonome, où le conducteur peut littéralement s’endormir au volant, demande une puissance de calcul gigantesque que le HW3 ne possède pas.
Le PDG de l’entreprise a été très clair sur le sujet lors de l’appel aux investisseurs, relayé par Electrek. « Malheureusement pour le Hardware 3, j’aimerais qu’il en soit autrement, mais le Hardware 3 n’a tout simplement pas les capacités pour atteindre le FSD non supervisé », a déclaré Elon Musk.
La cause principale n’est pas le processeur en lui-même, mais la façon dont les données transitent à l’intérieur du système. Elon Musk a précisé que « par rapport au Hardware 4, il n’a qu’un huitième de la bande passante mémoire. Et la bande passante mémoire est l’un des éléments clés nécessaires pour le FSD non supervisé ».
Pour faire simple, la bande passante mémoire agit comme la taille d’un tuyau d’eau. Même si vous avez une pompe très puissante (votre processeur), si le tuyau est trop fin, l’eau (les données des caméras et de l’intelligence artificielle) ne passera pas assez vite. Et pour analyser des intersections complexes en temps réel sans supervision humaine, Tesla a besoin d’un très gros tuyau.


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Reprises et « micro-usines » : le plan de Tesla pour rattraper le coup
Face à des clients qui ont parfois déboursé jusqu’à 15 000 dollars outre-Atlantique pour une option qu’ils ne verront jamais sous sa forme finale, la marque se devait de réagir. Tesla propose deux chemins pour les propriétaires lésés, ceux qui ont acheté leur voiture avant le passage au HW4, qui a eu lieu entre 2023 fin et début 2024.
La première option est purement commerciale. « Pour les clients qui ont acheté le FSD, ce que nous proposons, c’est essentiellement une reprise à prix réduit pour des voitures équipées du matériel complet », a détaillé Elon Musk. En clair, un rabais pour vous inciter à acheter une nouvelle Tesla équipée du Hardware 4 (aussi appelé AI4).
La seconde option est plus complexe techniquement : un rétrofit, c’est-à-dire une mise à niveau physique de la voiture. Il ne s’agit pas seulement de changer une puce. Il faut remplacer l’ordinateur central et toutes les caméras du véhicule. Pour gérer ce volume, le milliardaire avance une idée étonnante. Il estime que l’entreprise va devoir « installer des sortes de micro-usines ou de petites usines dans les grandes zones métropolitaines », car réaliser ces opérations dans des centres de service classiques serait beaucoup trop lent et inefficace.

À titre personnel, je crois totalement en la capacité de Tesla à proposer de généreux rabais commerciaux pour pousser ses clients à renouveler leur véhicule. C’est une stratégie pragmatique. En revanche, l’idée de monter des mini-lignes de production en pleine ville uniquement pour rétrofitter des vieilles voitures en HW4 me laisse très perplexe.
Cela ressemble fortement à une promesse typique d’Elon Musk, pensée pour rassurer dans l’immédiat. Selon le média américain Electrek, une telle manœuvre ajouterait des coûts faramineux pour une entreprise dont les marges bénéficiaires se réduisent déjà depuis plusieurs années.
Le lot de consolation : le FSD Supervisé et la V14 Lite
Que reste-t-il alors aux propriétaires actuels ? Le système continuera de fonctionner, mais sous haute surveillance humaine. Pour l’Europe, où le cadre légal évolue, la liste des modèles capables d’en profiter s’affine.
Afin de ne pas laisser les anciennes voitures à l’abandon logiciel, Tesla a de nouveau confirmé le déploiement d’une version spécifique appelée V14 Lite, attendue pour le mois de juin. Cette mise à jour allégée intégrera les fonctionnalités majeures de la branche V14.X actuelle, permettant de faire tourner le FSD de manière supervisée sur le HW3.
De manière plus globale, le calendrier de la conduite 100 % autonome a encore glissé pour tout le monde. Pressé de donner une date pour l’arrivée du FSD non supervisé dans les voitures des clients particuliers (en HW4), Elon Musk a répondu : « Je ne fais qu’une supposition ici, mais probablement au quatrième trimestre ». Une prudence inhabituelle, d’autant qu’il a admis que des améliorations architecturales majeures du logiciel étaient encore nécessaires pour garantir la sécurité à grande échelle.

Dit autrement, pour le moment, la conduite autonome est permise, mais le conducteur reste reponsable et doit être prêt à reprendre le volant. Avec la conduite non supervisée, on passe dans la conduite autonome de niveau 4, où le conducteur peut vaquer à ses occupations en toute légalité.
Et rappelons que le déploiement de ces nouveautés ultra-sophistiquées entraîne en parallèle la disparition programmée de l’Autopilot classique, même si l’initiative des Pays-Bas pour légaliser la conduite autonome en Europe donne un signal positif pour l’avenir de la législation sur le Vieux Continent.
Quel avenir avec l’AI4 et l’AI5 ?
Tesla a déjà le regard tourné vers les prochaines générations de puces. Si le Hardware 5 (AI5) fait beaucoup parler de lui, il n’est pas prêt de se retrouver dans nos habitacles. « À un moment donné, il sera logique de passer à l’AI5 dans la voiture, mais ce n’est pas une urgence », a tempéré le PDG selon des propos rapportés sur le réseau X, ajoutant que le HW4 allait d’abord subir une évolution interne.
Pour aller plus loin
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« Nous prévoyons une mise à jour de l’AI4 pour utiliser la mémoire RAM de génération neuronale. Elle passera de 16 Go à 32 Go. Probablement une augmentation de 10 % de la puissance de calcul », a-t-il précisé, indiquant que cette évolution entrerait en production vers le milieu de l’année 2027.
En conclusion, la pilule risque d’être amère pour les premiers soutiens financiers du FSD. Si les solutions matérielles proposées par la marque sur le papier ont le mérite d’exister, la transition vers le robotaxi promis de longue date semble plus que jamais réservée aux véhicules qui sortiront des usines demain, plutôt qu’à ceux qui dorment dans les garages aujourd’hui.
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