L’offensive de la Chine fait des ravages : ZF sauve ses moteurs électriques, mais vide ses usines

 
Contre toute attente, le géant allemand ZF va continuer à produire des moteurs pour voitures électriques. Une décision prise au détriment de ses collaborateurs : plusieurs centaines de postes vont être supprimés sur les sites allemands concernés, sans compter les 7 600 suppressions déjà annoncées en octobre 2025 dans sa division transmissions.

L’industrie automobile est mise à rude épreuve, et ce depuis quelques années déjà. Mais alors que la concurrence chinoise s’accroît de manière exponentielle, les entreprises européennes s’enfoncent dans la crise. On pense par exemple à Stellantis, qui va présenter un vaste plan de redressement, mais ce n’est pas la seule. C’est en effet aussi le cas de l’équipementier ZF, qui est actuellement au plus mal. Au mois de février 2026, la firme allemande avait décidé de fermer sa division dédiée aux vélos électriques.

Et désormais, c’est son activité de conception de moteurs pour voitures électriques qui était menacée. En cause ? La demande de voitures électriques plus lente que prévu, bien qu’elle continue d’augmenter, et notamment en France. Sans oublier la concurrence grandissante des entreprises chinoises, qui produisent plus rapidement, pour moins cher. Autant de difficultés qui ont mis ZF dans le rouge. Et qui l’ont poussé à prendre de lourdes décisions pour rester dans la course et sauver sa peau.

Mais comme l’annonce le Journal de l’Automobile, la division dédiée aux moteurs électriques est finalement sauvée. Une très bonne nouvelle pour la firme basée à Friedrichshafen, mais qui reste tout de même en demi-teinte. Car ce sauvetage va se faire au détriment d’un autre élément très important : les emplois.

Ainsi, l’équipementier confirme que des réductions d’effectifs vont être nécessaires afin de conserver sa production de moteurs en interne. Et les coupes dans le personnel risquent d’être particulièrement importantes.

Plusieurs milliers de postes supprimés

En effet, un porte-parole de l’entreprise a déclaré que « plusieurs centaines de postes seraient supprimés sur les sites de ZF à Schweinfurt et Auerbach, dans le sud de l’Allemagne ». Ces deux usines emploient actuellement plus de 1 000 salariés. Mais ce n’est pas tout. La société avait déjà annoncé en octobre 2025 pas moins de 7 600 suppressions de postes dans sa division « E » dédiée aux systèmes de transmission, soit environ un quart des effectifs concernés. Pour le moment, on ne sait pas encore combien le seront réellement. Mais l’équipementier ne devrait pas tarder à nous en dire un peu plus.

Pour mémoire, cette dernière possède actuellement plusieurs sites d’assemblage dans le monde entier, de l’Europe à la Chine en passant par l’Amérique. Citons notamment les usines de Hangzhou et Shenyang, de Trnava ou encore de Gray Court. Mais pour l’heure, rien n’a été confirmé sur la part de postes supprimés dans chaque usine. Cette vague de licenciements massifs a évidemment pour but de permettre à ZF de réduire ses dépenses. Et ce afin de garantir la compétitivité de ses moteurs électriques dans le futur.

Crédit : ZF

À titre de comparaison, ZF n’est pas isolé dans cette spirale. Le numéro un mondial Bosch a annoncé fin septembre 2025 la suppression de 13 000 postes supplémentaires en Allemagne d’ici 2030, et le groupe vise lui aussi un recentrage face à la concurrence chinoise. Continental et Schaeffler ont également pris des mesures d’économies. Depuis 2019, le cabinet EY estime à près de 250 000 le nombre d’emplois industriels disparus en Allemagne, majoritairement dans l’automobile.

Crédit : ZF

Car en parallèle, les entreprises chinoises parviennent à casser les prix, en raison de coûts de personnel et de production moins élevés — un constat partagé par d’autres acteurs européens, comme le batteriste tricolore ACC. Difficile donc pour les sociétés européennes de rivaliser sans devoir faire des sacrifices. ZF a beau avoir annoncé en janvier dernier une rentabilité supérieure à ses propres prévisions, le groupe prévoit une charge pouvant atteindre 1,7 milliard d’euros, liée à l’abandon de projets de mobilité électrique jugés non rentables, qui devrait le faire basculer dans le rouge sur le plan comptable.


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