Stellantis annonce l’arrivée de voitures électriques chinoises dans son usine de Rennes : bon plan pour l’emploi ou cheval de Troie ?

 
Après Leapmotor, Stellantis vient d’annoncer une nouvelle coentreprise avec une marque chinoise. Il s’agit ici de Dongfeng, qui pourra ainsi vendre sa marque premium Voyah en Europe… mais aussi accéder à l’usine française de Rennes pour y fabriquer ses voitures électriques.
Voyah Courage // Source : Voyah

À l’approche de la présentation du nouveau plan stratégique de son PDG Antonio Filosa, Stellantis inonde l’actualité d’annonces en tout genre. Outre la confirmation du projet « E-Car » pour fabriquer des voitures électriques ultra-abordables, le groupe lorgne très sérieusement sur la Chine.

On avait déjà appris le renforcement du partenariat avec Dongfeng (liée à feu PSA depuis 34 ans) pour développer Peugeot et Jeep en Chine, mais le communiqué de presse du jour concerne l’Europe et la France via la création d’une coentreprise européenne.

Le même système que Leapmotor

Évidemment, le partenariat avec Leapmotor, signé en 2023 par l’ancien PDG Carlos Tavares, revient immédiatement en mémoire. L’accord avec Dongfeng est sensiblement identique, puisqu’il déroule le tapis rouge au groupe chinois pour son arrivée sur les marchés européens.

Voyah Passion // Source : Voyah

Cette coentreprise (détenue à 51 % par Stellantis et à 49 % par Dongfeng) sera chargée d’assurer la vente et l’entretien de Voyah, la marque premium de Dongfeng, via le réseau Stellantis. L’accord inclut également l’accès de Stellantis aux activités d’achats et d’ingénierie de son partenaire chinois, rappelant l’annonce de la création d’un SUV électrique Opel sur base Leapmotor.

Rappelons que Voyah est pour le moment distribuée en Norvège uniquement, où elle propose le Free (un SUV électrique), le Dream (un van de luxe) et la Passion (une grande berline). Sa gamme en Chine est en revanche bien plus étoffée, mais le détail de la future gamme européenne reste encore bien secret.

Une production en France !

S’il y a bien quelque chose que les marques chinoises ont compris, c’est qu’une production de leurs voitures électriques en Europe était obligatoire pour être compétitif – ne serait-ce que pour échapper aux surtaxes douanières.

Voyah Free // Source : Voyah

Les dernières semaines ont d’ailleurs été riches en rumeurs (Xpeng chez Volkswagen, Geely chez Ford), mais Stellantis confirme les bruits de couloir : l’usine de Rennes, qui produit actuellement le Citroën C5 Aircross, a été sélectionnée pour y fabriquer des Dongfeng.

Ici non plus, pas plus de détails sur la date à laquelle la première voiture sortira des chaînes, ni des modèles sélectionnés – le communiqué n’évoquant que des « véhicules à énergies nouvelles (NEV) de Dongfeng » ; comprendre des voitures électriques, hybrides rechargeables ou à prolongateur d’autonomie.

Pour aller plus loin
Voitures électriques à prolongateur d’autonomie (REEV / EREV) : avantages et inconvénients de cette technologie

La petite Nammi Box, déjà disponible en Suisse, pourrait-elle être sélectionnée ? Cette citadine électrique pourrait ainsi être bien plus compétitive côté tarifs, allant même jusqu’à bénéficier du bonus écologique en France. Le mystère demeure.

Dongfeng Nammi Box // Source : Dongfeng

Pour rappel, Stellantis a déjà ouvert son usine espagnole de Saragosse à Leapmotor, avec un début de production effectif prévu d’ici fin 2026. Le groupe d’Antonio Filosa confirme donc l’arrivée galopante de ses partenaires chinois en Europe.

D’un côté, la préservation de certaines usines locales est louable ; de l’autre, on ne peut s’empêcher : Stellantis ne ferait-il pas rentrer le loup dans la bergerie ? Avec leurs produits compétitifs et abordables (une Leapmotor B05 débute à moins de 26 000 euros, soit 17 000 euros de moins qu’une Peugeot E-308 !), le choix du consommateur pourrait être vite vu.


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