Voitures électriques : face à l’avance fulgurante de la Chine, la France annonce deux nouvelles prometteuses pour ses usines de batteries

 
Après des débuts chaotiques, les usines françaises de batteries pour voitures électriques semblent partir sur la bonne voie. Des nouvelles têtes chez ACC et Verkor accompagnent de bonnes nouvelles provenant des Gigafactory. Bientôt le bout du tunnel ?
Alpine A390 // Source : Cetadi Prod pour Alpine

Naïveté ou inconscience ? Lancés en grande pompe, les projets européens de batteries pour voitures électriques ont rapidement déchanté – le cas le plus marquant restant la faillite de Northvolt en 2025.

Les entreprises françaises, avec à la tête ACC (coentreprise entre Stellantis, TotalEnergies et Mercedes-Benz), ont également vécu beaucoup de perturbations avec de sérieux problèmes de qualité et de montée en cadence. Reste que des annonces peuvent faire croire à une accalmie, avec des nouvelles a priori rassurantes.

Un patron expérimenté chez ACC

Chez ACC, un communiqué de presse annonce le départ à la retraite de Yann Vincent, le patron de l’entreprise depuis sa création en 2020, remplacé par Allan Swan.

Cet Écossais est loin d’être ingénu dans le domaine des batteries pour voitures électriques, puisqu’il a occupé le rôle de président de Panasonic Energy USA, un partenaire clé de Tesla depuis la création de l’entreprise automobile.

Une des toutes premières Gigafactory françaises fabriquée par ACC

Allan Swan a ainsi supervisé la construction et la montée en cadence de deux « Gigafactory » aux États-Unis (Nevada et Kansas), de quoi arriver avec un bagage technique a priori suffisant pour rendre l’usine de Douvrin (62) plus performante.

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Sa tâche sera ardue : Yann Vincent, dans un entretien donné au Journal de l’Automobile en février 2026, indiquait avoir produit l’équivalent de 1 000 batteries seulement en janvier – une progression, mais encore largement insuffisante par rapport aux commandes de Stellantis.

Un cap chez Verkor

Partons quelques kilomètres à l’ouest pour arriver à Dunkerque, dans l’usine du grenoblois Verkor – c’est elle qui fournira la batterie de l’Alpine A390 dans sa future version GTS, la version GT étant pour le moment alimentée par une batterie LG.

Alpine A390 // Source : Alpine

Pour le moment, les cellules sortent d’une ligne pilote au sein du site de Grenoble, mais la gigafactory vient de passer un cap : les phases de commissioning (la mise en service des machines) et de line balancing (équilibrage de la production et harmonisation entre chaque étape) sont complétées, d’après une communication officielle.

Pour le moment, la production reste à blanc, mais Verkor promet un début de production en série prévu « d’ici quelques mois ». Pour accompagner ce mouvement, un nouveau président du conseil de surveillance a été nommé : Jacques Esculier, un habitué de l’industrie automobile.

Cellule « pouch » de batterie Verkor // Source : Verkor

Évidemment, l’heure n’est pas au triomphalisme. Ces recrutements et ces étapes sont à saluer, mais le véritable juge de paix restera le nombre et la qualité des cellules de batteries qui sortiront des chaînes de production dans les prochains mois.

De son côté, la Chine accélère encore son avancée : le Salon de Pékin a été l’occasion pour BYD de développer encore davantage sa batterie capable de se recharger intégralement en 9 minutes, tandis que CATL, leader mondial du secteur, a intégralement revu sa gamme, proposant des batteries capables de se recharger encore plus vite et des percées dans la chimie au sodium – le tout avec des usines parfaitement fonctionnelles et compétitives. Le chemin sera encore long.

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