Acheter ses propres voitures électriques pour gonfler ses chiffres de ventes : la drôle de méthode de ce constructeur

 

Pour masquer un bilan qu’il juge sans doute insuffisant, le vietnamien Vinfast s’achète lui-même des voitures, via une société de taxis de son groupe. Explications.

Après avoir vendu quelques voitures thermiques, Vinfast a décidé de tout miser sur l’électrique. Fondé en 2018, le constructeur vietnamien appartient à Vingroup, l’un des plus grands conglomérats privés du pays. Il semble donc partir avec un petit avantage face à d’autres marques nouvellement arrivées, même si les finances du Vingroup sont fragiles.

Son introduction en bourse à la mi-août n’est d’ailleurs pas passée inaperçue. En quelques jours, Vinfast est devenu le troisième constructeur mondial au niveau de la capitalisation, derrière Toyota et Tesla. Un engouement pour le moins étonnant, dû à une forte activité spéculative. Sans véritable surprise, le soufflé est depuis retombé. L’action Vinfast végète aujourd’hui à un niveau inférieur à sa valeur initiale.

Des ventes en trompe l’œil et des finances opaques

Et les dernières nouvelles ne devraient pas forcément aider le constructeur à convaincre les investisseurs. Un site américain vient en effet de révéler que Vinfast gonflait artificiellement ses ventes, via une société de taxi appartenant à Vingroup. Au cours du premier semestre 2023, celle-ci a acheté environ 7 000 des 11 300 Vinfast vendues dans le monde, soit 62 % des volumes.

L’anomalie a été détectée par la commission des échanges américaine (SEC), qui révèle aussi que la quasi-totalité des actions de l’entreprise sont en fait contrôlées par le même homme. Pham Nhat Vuong, le président de Vinfast, possède 51 % de Vingroup, qui détient une part majoritaire dans Vinfast. Mais à y regarder de plus près, il est aussi le principal actionnaire de Vietnam Investment Group. Or, c’est avec ce consortium que Vingroup se partage les parts de Vinfast. En réalité, seul 0,3 % du stock d’actions du constructeur serait réellement disponible.

Vinfast démarre son offensive en Europe

Ces révélations interviennent dans un contexte déjà compliqué pour Vinfast, qui a récemment rencontré quelques soucis d’homologation en Europe. Dans une interview accordée à Auto Infos, un dirigeant de la marque a cependant affirmé que le problème était désormais résolu. En France, le constructeur commercialise depuis peu le VF8, un SUV électrique de 4,75 mètres de long.

Affiché à environ 50 000 euros en finition de base, le VF8 semble correspondre aux attentes de certains clients européens. Le véhicule bénéficie en outre d’une intéressante garantie de 10 ans/200 000 km. Hélas pour Vinfast, le VF8 vient d’essuyer de nombreuses critiques de la presse spécialisée aux États-Unis. Les consommations relevées en cycle EPA ne plaident pas non plus en sa faveur. Il faudra néanmoins attendre les valeurs définitives en cycle WLTP pour se prononcer définitivement sur ce point-là.


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