Non, la hausse des prix de la PlayStation, de la Xbox et de la Switch ne valide toujours pas l’achat day one

Rien ne sert de courir, il faut acheter à point

 
Après Sony, Nintendo et Apple, Microsoft a relevé hier le prix des Xbox, sa troisième hausse en un an. Partout, on entend qu’il fallait donc se ruer sur sa console au lancement, et c’est un conseil à jeter.

Le calendrier a quelque chose de comique. Quelques heures après Apple jeudi, Microsoft a annoncé que les Xbox augmenteront encore au 1ᵉʳ août. Sony avait ouvert le bal en avril avec une PS5 à 649,99 €, Nintendo a suivi en poussant la Switch 2 vers les 500 €. Dans ce concert de prix qui grimpent, un refrain tourne sur les réseaux : pour une fois, ceux qui ont acheté day one ont eu raison. C’est faux, et ça l’a toujours été.

Concrètement, à partir du 1ᵉʳ août, la Xbox Series X avec lecteur passe à 799,99 € et la Series S 512 Go démarre à 450 €, tandis que le modèle 2 To disparaît du catalogue. Microsoft justifie la hausse par un coût du stockage et de la mémoire multiplié par 2,5, et anticipe même un nouveau doublement d’ici l’automne 2027.

L’argument adverse n’est pourtant pas idiot. Une PS5 lancée à 499,99 € fin 2020 coûte 649,99 € aujourd’hui, soit 150 € de plus pour exactement la même machine. Vu sous cet angle, l’acheteur du premier jour a verrouillé le meilleur prix officiel de la génération. Le souci, c’est que le prix officiel ne raconte plus grand-chose de ce qu’on paie vraiment.

Le tarif de caisse, lui, baisse bel et bien après le lancement. Au Black Friday 2025, on dénichait la PS5 avec lecteur et un jeu à 449 € chez Amazon, sous les 499,99 € du lancement à sec, manette et boîte vides. La Switch 2, partie à 449,99 € en juin 2025, tombait déjà autour de 399 € à la Fnac cinq mois plus tard, bon d’achat déduit. L’acheteur patient n’a pas seulement rejoint le prix day one, il est passé dessous, et souvent avec un jeu dans le carton.

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Une hausse exceptionnelle, mais parfaitement téléphonée

On brandit alors la dernière carte : cette flambée de 2026 était impossible à anticiper en 2020. Sauf que personne n’avait besoin de remonter aussi loin. La crise de la mémoire, les droits de douane, les avertissements de Tim Cook, la hausse Sony d’avril, celle de Nintendo programmée pour septembre : tout était posé sur la table depuis des mois.

Acheter au lancement pour se couvrir contre une augmentation qui tombe six ans après, ce n’est pas de l’anticipation, c’est un coup de chance qu’on repeint en stratégie. La vraie fenêtre maligne, c’était les semaines avant le 1ᵉʳ août, pas le jour de la sortie.

Le matériel du premier jour, c’est la version bêta

Il y a aussi le matériel, qu’on oublie toujours dans ce débat. La console qu’on achète au lancement, c’est la première fournée, la version la moins aboutie. La Switch d’origine a vu son autonomie nettement gonflée par une révision discrète deux ans après sa sortie. La PS5 a changé de système de refroidissement au fil des séries. La Switch 2, elle, traîne déjà des plaintes de drift sur ses Joy-Con. La Xbox Series X aussi a été revue. Payer le jour J, c’est essuyer les plâtres à la place du constructeur, pour le privilège de l’avoir avant les copains. Ce que je comprends, puisque je pratique aussi ça.

Les fabricants ne mentent pas non plus sur toute la ligne. Une console se vend quasiment à prix coûtant, parfois à perte, là où Apple conserve des marges plantureuses. Quand le coût de la mémoire est multiplié par 2,5, Microsoft n’a pas vraiment le matelas pour encaisser sans bouger ses prix. Mais quand Nintendo affiche des bénéfices records au trimestre même où il augmente la Switch 2, l’argument du dos au mur s’effrite un peu.

Au fond, acheter au lancement, c’est d’abord un geste d’impatience. L’impatience se paie toujours, que le marché monte ou qu’il descende. La bonne affaire, c’est la première vraie promo ou la console déjà corrigée, jamais l’étiquette du premier jour.


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