Accusé d’avoir remplacé une autrice par ChatGPT, le patron de Saber répond et aggrave son cas

« Stella qui ? »

 
Saber Interactive jure n’avoir remplacé aucun auteur par ChatGPT dans son prochain jeu. Puis son patron a publié une réponse qui donne raison, à peu près mot pour mot, à celle qui l’accuse.

Le 30 juillet, Saber Interactive a dévoilé Rideshare « Stimulator », une simulation de chauffeur VTC développée par le studio Unigine. La bande-annonce montre un jeu particulièrement narratif, une satire de l’économie des petits boulots. Puis, le 11 août, Stella Sacco, ancienne autrice principale passée par Saber, poste sur Bluesky : le studio l’aurait remplacée par ChatGPT en plein développement, et les voix des passagers seraient elles aussi générées par IA.

I didn’t even see this had been announced. I was lead writer on this one! And Saber replaced me with ChatGPT midway through development. All the passenger voices were AI too. Either they changed direction at some point or they’re not disclosing it on Steam

Stella Sacco (@antlervel.vet) 2026-08-11T15:04:59.056Z

Saber dément. Dans une réponse envoyée à PC Gamer, l’éditeur affirme que « ni Saber ni Unigine n’ont remplacé le moindre auteur par une IA, pour Rideshare ou tout autre jeu », et ajoute que son équipe d’auteurs a triplé depuis 2023. Sauf que le même communiqué reconnaît qu’un mode expérimental baptisé « free ride » utilise l’IA « par nécessité », le nombre de passagers étant infini.

La page Steam ne fait pourtant aucune mention de cette IA, alors que Valve, propriétaire de la plateforme, oblige les studios à déclarer tout contenu généré par IA livré aux joueurs.

« Stella qui ? » : le patron de Saber remet de l’huile sur le feu

L’affaire reprend quand Matt Karch, CEO de Saber Interactive, décide de répondre lui-même. Interrogé par le site This Week In Videogames, il ouvre par un « Stella qui ? J’ai dû demander à Claude, je ne lui ai jamais parlé et ne l’ai jamais vue ». Il explique ensuite qu’elle a été remplacée par « quelqu’un de plus talentueux » puis licenciée, avant de lâcher : « J’aurais franchement, avec le recul, été ravi de la remplacer par une IA. Au moins, on aurait affaire à quelqu’un programmé pour être honnête. »

Un patron qui veut prouver qu’il n’a remplacé personne par une IA se met à vanter l’IA, et prétend demander à un chatbot de lui rappeler qui est son ancienne salariée. Karch a bien précisé que Saber utilise l’IA « pour certaines parties du jeu » et que la mention Steam sera ajoutée une fois les fonctionnalités finalisées.

De son côté, Stella Sacco a maintenu sa version, affirmant que la décision de passer à ChatGPT venait de la direction de Saber et non du studio Unigine.

Quoi qu’il en soit, un jeu s’apprête à sortir avec de l’IA générative, une technologie qui ne comprend pas vraiment ce qu’elle écrit, sans le signaler là où c’est pourtant obligatoire.


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