Considéré comme le Tesla chinois à son lancement, Faraday Future n’a jamais su trouver un business model viable. Pis, les difficultés financières s’enchaînent depuis plusieurs années, obligeant le groupe a dépassé les limites à l’égard de ses salariés. En congés non payés depuis décembre, certains ont ainsi été licenciés.

La vie de Faraday Future ne s’apparente clairement pas à un long fleuve tranquille. Tâchons, en premier lieu, de résumer en quelques lignes son passé pour le moins bancal financièrement, malgré de grands espoirs placés dans cette entreprise rapidement qualifiée de Tesla chinois. Et pourtant, aujourd’hui, la firme de l’Empire du Milieu enchaîne les galères, entre licenciements, réduction des salaires et désillusions.

Des problèmes financiers persistants

Fondée en 2014 par le milliardaire Jia Yueting, patron de LeEco, sous un étendard américain, Fadaray Future affiche d’emblée des objectifs ambitieux : concurrencer le groupe d’Elon Musk en fabriquant une voiture électrique aussi performante et attractive que les produits de Tesla. Mais rapidement, les premières difficultés financières apparaissent. Conséquences : le géant Evergrande Health rachète les parts (45 %) de Season Smart, pour deux milliards de dollars, déclinés en trois versements distincts.

Problème : les relations entre Faraday et son nouvel investisseur se tendent suite à un imbroglio concernant l’une des avances financières. Le premier assure ne l’avoir jamais reçu, le second confirme son envoi. À l’époque, la firme asiatique aurait alors cherché à se séparer de son partenaire. Cerise sur le gâteau : son usine de Hanford (Californie) où étaient entreposés les premiers prototypes FF91 brûle lors d’un incendie.

Faraday Future, une entreprise du passé ?

En octobre 2018, The Verge se fait l’écho d’une vague de licenciements combinée à une réduction des salaires à hauteur de 20 %. Cinq mois plus tard, certains employés partis en congés forcés depuis décembre ont été recalés par les dirigeants de l’entreprise, la faute, une fois de plus, à des fonds trop faibles pour assurer les charges. Le groupe vend même son siège social pour rester en vie. Mais fin mars, un ange nommé Th9 Limited surgit de nulle part et injecte 600 millions de dollars pour sauver la boîte.

Ajoutez à cela un accord d’investissement d’un acteur inconnu à hauteur de 225 millions de dollars en avril, et vous obtenez une compagnie prête à rebondir grâce à des caisses toutes renflouées. Mais non. Car, selon The Verge encore une fois, Faraday Future ne parvient toujours pas à remonter la pente au regard du licenciement d’une douzaine d’employés récemment observé. Ceux-là mêmes qui ont été forcés à partir en congés quelques mois plus tôt.

Trois fois moins d’effectifs

Selon John Schilling, porte-parole de Faraday Future, l’entreprise compte encore 350 travailleurs actifs aux États-Unis. Une sortie médiatique loin d’être rassurante, puisque ses bureaux et usines en comptaient plus de 1000 avant novembre 2018. Ancien employé d’Apple et Tesla, Jeff Risher, vice-président de la stratégie produit, technologie et propriété intellectuelle de Faraday, n’a d’ailleurs pas hésité à quitter le navire l’an dernier. Un départ qui reflète la mauvaise passe traversée par la société.

Voir un jour la FF91 sortir d’usine paraît de plus en plus compromis. Régulièrement, Faraday Future fait l’objet d’articles inquiétants quant à sa situation financière. Ses actes n’annoncent en tout cas rien de bon pour la suite.