Dreame, Dyson, Mova, Roborock : pourquoi les constructeurs veulent vous vendre leur détergent, et ce qu’on peut mettre à la place

Tensioactifs, garantie, alternatives

 
Dans le carton de tout balai laveur ou robot laveur, un petit flacon de détergent maison. Et une injonction plus ou moins ferme à n’utiliser que celui-là. Mais qu’en est-il ?
Crédits : Frandroid

On connaît tous l’astuce des imprimantes : la machine coûte 60 €, la cartouche 40 €, et le fabricant vit sur la seconde. Quand j’ai déballé mon premier robot laveur, la petite bouteille bleue calée dans la mousse m’a fait exactement le même effet. Un flacon de 300 ml, une notice qui explique en gras que tout autre produit annule à peu près tout, et un lien vers la boutique officielle. Cela mérite quand même d’être vérifié avant de verser du Mir Vaisselle dans un appareil à 1 000 €.

Commençons par l’argent. La solution Roborock se vend autour de 25 € le litre, celle de Dreame entre 15 et 20 €, et Dyson facture environ 25 € les 500 ml de son 02 Probiotic, soit 50 € le litre. Sauf que ces produits sont des concentrés : Roborock et Dreame recommandent une dilution à 1:200, autrement dit 20 ml pour 4 litres d’eau.

Un litre de concentré fabrique donc 200 litres d’eau de lavage, et un cycle complet d’appartement en consomme 200 à 300 ml. On tombe sur 20 à 30 centimes par passage, un litre tient donc facilement un an. Dyson est le seul à piquer un peu : 20 ml par réservoir d’un litre sur le WashG1, soit 1 € à chaque plein. De quoi nous demander ce que ces flacons ont de si spécial.

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Pourquoi le liquide vaisselle est le pire ennemi d’un robot laveur

La réponse tient en un mot que les communiqués n’emploient jamais : tensioactifs. Un liquide vaisselle ou un savon noir repose sur des tensioactifs dits anioniques, conçus pour mousser généreusement. Une serpillière s’en moque, on rince. Un robot, lui, ne rince rien : l’eau sale est aspirée dans un bac fermé, où la mousse gonfle, fausse le capteur de niveau et déclenche une alerte « bac plein » sur un réservoir à moitié vide.

Sur une station Roborock, Dyson, DJI, Ecovacs, Roomba ou Dreame, cette mousse remonte parfois dans les conduits de vidange, et là on parle de vraie panne. Les détergents pour sols des grandes marques, tout comme les solutions officielles, misent sur des tensioactifs non ioniques, qui lavent aussi bien en moussant très peu. C’est ça, « spécialement formulé ». Oui, rien de bien sorcier.

Il y a deux autres paramètres qui comptent. La viscosité d’abord : un WashG1 distribue l’eau par 26 jets minuscules, et un produit épais type savon noir ou crème à récurer les bouche en quelques semaines. Le pH ensuite : la javel et le vinaigre blanc attaquent les joints et les plastiques, et un dégraissant très alcalin n’est pas beaucoup plus tendre.

Reste la question de la garantie, où les constructeurs jouent sur les mots. En France, la garantie légale de conformité de deux ans ne s’évapore pas parce qu’on a mis un autre produit : le vendeur doit prouver que la panne vient précisément de ce détergent tiers. La garantie commerciale du fabricant peut en revanche exclure ce cas, et Roborock ne s’en prive pas.

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L’alternative Amazon, et celle qu’un constructeur recommande lui-même

Sur Amazon, le produit qui revient partout est le concentré Purivita pour robots laveurs (ainsi qu’en bidon de 5 litres à 5 € le litre), une marque allemande vendue autour de 14 € le litre, peu moussante, pH neutre, sans rinçage, annoncée compatible Roborock, Dreame, Ecovacs et consorts.

Ce n’est pas moins cher que le flacon Dreame. L’intérêt est ailleurs : un seul bidon pour le robot du salon, le balai laveur de la cuisine et la serpillière du garage, et surtout pas de dépendance à un stock de marque qui passe régulièrement en rupture.

Plus radical, Rowenta recommande officiellement le Sanytol sols et surfaces eucalyptus dans ses X-Clean. Ce produit de supermarché coûte environ 4 € le litre, ne mousse presque pas grâce à ses tensioactifs non ioniques et cationiques, et se trouve dans n’importe quel rayon droguerie.

Le produit de supermarché réserve toutefois deux pièges. Le dosage sur l’étiquette est prévu pour un seau et une serpillière, ce n’est pas pour un réservoir de 300 ml : on commence par quelques gouttes et on augmente si le sol n’est pas propre. Et un désinfectant laisse par définition un film d’ammoniums quaternaires sur le carrelage, ce qui n’est pas idéal quand un bébé ou un chat y passe sa journée.

Sur ce point précis, le flacon officiel garde un vrai avantage : Dyson présente son 02 Probiotic comme non toxique et sans danger autour des animaux et des enfants, là où un désinfectant de supermarché laisse ce film d’ammoniums quaternaires. Ce n’est pas une raison de payer 50 € le litre, mais c’est un argument à garder en tête dans un foyer avec un bébé ou un chat qui traîne au sol.

Bref, personne n’est obligé d’acheter le flacon officiel, et le discours sur la « formule exclusive » tient surtout du marketing. Mais à 25 centimes le lavage, le constructeur n’est pas non plus en train de vous plumer, et la vraie arnaque serait de casser un balai laveur à 600 € pour économiser le prix d’un café. Regardez donc les étiquettes : sols, liquide, peu moussant, pH neutre.

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