La plupart des marques initialement spécialisées dans les robots aspirateurs se tournent graduellement vers l’entretien du jardin. C’est notamment le cas d’Ecovacs, avec sa gamme Goat, mais aussi de Dreame et Mova, qui ont profité de leur expertise dans la navigation et la gestion des intérieurs pour concevoir des tondeuses robots à la pointe de la technologie.
Roborock leur a donc emboîté le pas avec sa gamme de tondeuses robot, à savoir les RockNeo Q1 et RockMow S1. Celles-ci se destinent à la plupart des jardins, avec des capacités allant de 500 à 1500 m², selon les modèles. La marque a également sorti la RockMow Z1, destinée quant à elle aux terrains complexes grâce à ses quatre roues motrices.
Pour aller plus loin
Test du RockMow Z1 : Roborock débarque dans le jardin avec un robot tondeuse AWD qui ne fait pas semblant
Sur le papier, elles affichent des caractéristiques louables, sans pour autant faire mieux que la concurrence. Entre la série Q1 et S1, les principales différences résident notamment dans la gestion électronique de la hauteur de coupe, l’intégration d’un coupe-bordures, les roues tout-terrain, et bien sûr des batteries et surfaces de tontes qui varient. La série Q1 débute à 799 euros, tandis que la S1 est affichée à partir de 1 399 euros. Voyons en détail comment elles se différencient et ce qu’elles valent face à la concurrence de plus en plus rude.
Fiche technique
Ce test a été réalisé à partir de produits fournis par la marque.
Un design relativement discret
Contrairement à la Z1 qui arbore un design de voiture télécommandée très réussi, les Q1 et S1 sont beaucoup plus classiques dans leur esthétique. Les deux séries se ressemblent d’ailleurs comme deux gouttes d’eau, mais font le choix de coloris différents : blanc/crème sur la Q1 et gris sur la S1. Dans les deux cas, la partie supérieure est recouverte de plastique noir, et vient se terminer à l’avant par une légère bosse abritant les caméras à vision stéréo. Celle-ci est recouverte par le logo de la marque, tandis qu’une ceinture de couleur vient affirmer le design à l’avant.
Sur le dessus, on retrouve un bouton STOP d’urgence bien visible, un capteur de pluie, ainsi qu’un petit écran à segment assorti de 3 boutons d’accès rapide. Sur la série Q1, une molette permet d’ajuster manuellement la hauteur de coupe, tandis que ce réglage se fait électroniquement sur la S1.

Pour se déplacer, les deux séries font appel à des roues crantées à l’arrière pour assurer la traction, ainsi que deux roues folles multidirectionnelles à l’avant qui pivotent sur 360° pour guider les virages.
La principale différence se situe au niveau du système de coupe. Les deux séries s’appuient sur un disque principal équipé de trois lames pivotantes, la RockMow S1 se distingue en intégrant de série un second disque de bordure déporté à deux lames, protégé par un carter. La RockNeo Q1 se contente quant à elle d’un plateau unique plus traditionnel. Cette architecture permet à la S1 d’offrir une finition plus précise au ras des murs et des obstacles verticaux, tout en déléguant la gestion de la hauteur de coupe au moteur électrique pilotable depuis l’application, là où la Q1 impose un réglage manuel.

Enfin, les deux modèles nécessitent l’installation d’une antenne RTK dans le jardin. Heureusement, celle-ci est assez discrète et se branche directement à la station de recharge, évitant ainsi de multiplier les fils. Toutefois, son utilisation est assez surprenante, alors que la majorité des concurrents privilégient désormais les technologies LiDAR et NetRTK, plus fiables et moins contraignantes en termes de placement, puisque l’antenne nécessite une vue dégagée vers le ciel.
Une application facile à prendre en main
L’application Roborock est l’une des plus intuitives du marché, tout du moins lorsqu’il s’agit de robots aspirateurs. La marque a donc naturellement conservé cette approche pour ses tondeuses, rendant l’utilisation simple, même pour les néophytes.
Lors de la première utilisation, la création de la carte peut être automatique ou manuelle. Dans le premier cas, la tondeuse parcourt alors votre pelouse pour détecter d’elle-même les délimitations du terrain et du gazon. Le résultat est assez convaincant, notamment pour les pelouses rectangulaires ou aux formes assez simples. Les choses se compliquent pour les terrains aux formes plus courbées ou arrondies, où le robot tend à s’éloigner des bordures et peut parfois prendre quelques raccourcis en ligne droite.
Heureusement, une cartographie manuelle est également proposée, permettant de prendre le contrôle de la tondeuse en la guidant le long des bordures. Cette approche fonctionne également mieux si votre terrain comporte des bordures que le robot peut chevaucher, puisque vous pouvez vous-même indiquer au robot jusqu’où il peut aller.
Vous pouvez ajuster la carte selon vos besoins, en créant des zones, les connecter par des chemins, et tracer des zones interdites autour de vos massifs ou bassins.
Pour ce qui est des réglages de tonte, on retrouve des options assez exhaustives, qui peuvent être définies pour chaque zone. Pour la série S1, la hauteur de coupe peut être ajustée électroniquement zone par zone. De même, l’angle de tonte peut être ajusté manuellement, automatiquement, ou aléatoirement. Cette dernière option permet notamment d’éviter de coucher l’herbe et de la dynamiser en alternant fréquemment le sens de coupe. Enfin, vous pouvez choisir entre une tonte standard ou « efficace », permettant d’accélérer la tonte, au détriment d’une coupe moins précise.
Cependant, certains réglages plus précis comme la largeur des bandes ou le nombre de passages autour des bordures ne sont pas aussi finement ajustables que chez d’autres marques concurrentes, notamment Mammotion.
Quelques paramètres peuvent également être ajustés, sans pour autant pouvoir les définir avec finesse. En effet, vous pouvez par exemple activer la détection de pluie pour interrompre automatiquement la tonte en cas d’intempéries, ou paramétrer la détection d’obstacles sur « équilibrée » ou « sensible ». De même, une option permet de protéger la faune et donc de ne pas tondre pendant des plages horaires nocturnes, évitant ainsi de blesser un hérisson par exemple.
On regrette toutefois l’absence de certaines fonctionnalités devenues classiques, comme la tonte de motifs sur la pelouse ou l’accès à distance aux caméras du robot pour surveiller son jardin à distance. Ces options devraient toutefois être disponibles prochainement via une mise à jour, mais il est surprenant qu’elles ne soient pas proposées dès le départ, d’autant plus que l’accès en direct au flux vidéo est une fonction déjà proposée sur les aspirateurs de la marque.
Durant la tonte, le robot indique sa trajectoire sur la carte et identifie les obstacles par une icône représentative du type d’objet et peut même le prendre en photo pour vous permettre de le reconnaître sur la carte. Sur ce point, on est très proche du comportement d’un robot aspirateur de la marque, et mieux que ce que font la plupart des concurrents.
Une tonte satisfaisante, mais une gestion de bordures décevante
Pour tondre l’herbe, les deux séries font appel à un disque de coupe de 18 cm à trois lames. En complément, le RockMow S1 dispose d’un petit disque latéral à deux lames, dédié à l’entretien des bordures que le robot ne peut pas chevaucher. La hauteur de coupe peut être ajustée de 20 à 60 mm par paliers de 5 mm, manuellement sur la série Q1 et électroniquement sur la S1.
Sur le terrain, la qualité de coupe globale se montre satisfaisante avec un résultat visuellement propre et uniforme sur l’ensemble de la pelouse. La tondeuse laisse des bandes parallèles sur le terrain après la tonte, même si elles manquent de définition, les rendant moins visibles que sur d’autres modèles à des disques plus larges.

Si la tonte reste globalement nette, un examen rapproché révèle toutefois un léger effilochage blanchâtre à la pointe de certains brins, probablement causé par les petites lames pivotantes qui arrachent légèrement la partie haute des brins les plus coriaces plutôt que de les sectionner de manière parfaitement franche.
Concernant la coupe des extrémités, la tondeuse peut chevaucher les bordures pour couper l’herbe au plus près. Ceci n’est toutefois possible que s’il existe un dégagement suffisant adjacent et au même niveau que la bordure, comme une dalle ou même des graviers.

Dans le cas où la pelouse est immédiatement bordée d’un mur ou d’une clôture, le robot ne peut alors pas chevaucher jusqu’aux extrémités. Dans ce cas, la Q1 fait de son mieux, mais laisse une bande non tondue, qu’il faudra traiter manuellement avec un coupe-bordures. La S1, avec son module intégré, devrait en théorie mieux faire et couper l’herbe au plus près des bords. Dans les faits, le résultat global est assez décevant : dans la majorité des cas, il reste une bande relativement large non tondue. Sur des bordures droites, elle reste minime, mais visible, mesurant tout de même 3 cm au point le plus fin. Cette bande peut mesurer jusqu’à 25 cm sur des zones complexes, comme des bordures ondulées. Pire, le traitement des angles est tout simplement lamentable, avec un diamètre non tondu de 60 cm, même sur un angle droit. Contrairement à certains modèles concurrents, le robot ne recule pas sur lui-même lors de la tonte comme le ferait un humain, et se contente donc de tondre uniquement en bandes, laissant ainsi de larges zones non tondues.

Pour un premier essai dans le domaine des tondeuses, les RockNeo Q1 et RockMow S1 ne s’en sortent pas si mal, avec une herbe bien coupée dans l’ensemble. Cependant, la qualité de la tonte n’est pas à la hauteur d’autres marques, notamment sur le traitement des bordures qui laisse largement à désirer.
Selon nos mesures, l’autonomie totale du RockMow S115 est d’environ trois heures de tonte continue en une seule charge, permettant d’avaler un peu plus de 230 m² en mode standard avant d’épuiser complètement la batterie. Il faut donc bien garder en tête que si la tondeuse peut couvrir 1 500 m², elle ne peut pas le faire d’une traite et devra retourner se recharger avant de reprendre le travail d’elle-même.
Une navigation et une détection d’obstacles à la traîne
Pour se repérer sans câble périphérique, les tondeuses Roborock s’appuient sur un système de navigation RTK. Celle-ci utilise une antenne locale pour corriger le signal GPS et offrir une précision centimétrique, nécessaire dans un jardin. Elle est associée à une vision stéréo, permettant au robot de continuer à naviguer de manière fluide, même lorsque le signal satellite est momentanément masqué par des arbres denses ou la proximité d’un mur.

Dans les faits, l’utilisation de la technologie RTK est discutable, notamment pour une marque spécialisée dans les robots aspirateurs utilisant le fonctionnement LiDAR. En effet, celle-ci nécessite l’installation d’une antenne dans le jardin avec une vue dégagée sur le ciel, créant une première complexité d’installation. Mis à part cette petite contrainte de mise en place, la fiabilité de l’antenne s’est révélée médiocre à la fois lors de l’installation, mais aussi au quotidien. Durant mes tests, j’ai dû la placer à différents endroits du jardin pour qu’elle puisse enfin trouver un signal stable. L’expérience d’installation est donc loin de celle d’un robot aspirateur de la marque, offrant une approche plug and play très intuitive.
Mis à part lors de la mise en route, le signal RTK est globalement fiable, malgré tout de même quelques pertes de signal occasionnelles. Lorsque celles-ci arrivent, la tondeuse sort tout de même de sa base et tente d’établir malgré tout le signal, sans y parvenir. L’utilisation du NetRTK, qui utilise les relais mobiles aux alentours au lieu de l’antenne physique, aurait d’ailleurs grandement éliminé ces frustrations.

Au-delà de l’expérience RTK assez frustrante, le positionnement reste fiable et les caméras permettent au robot de continuer à se repérer. La tonte se fait en bandes parallèles, mais il arrive fréquemment au robot d’interrompre la tonte et de se déplacer vers une autre partie de la pelouse pour la tondre, cassant ainsi la linéarité des bandes sur le terrain. Toutefois, le robot ne s’égare pas et n’éprouve aucune difficulté à retrouver son chemin vers la station, démontrant qu’il est parfaitement autonome.

Concernant la détection d’obstacle, la vision binoculaire présente sur les deux variantes fait un bon travail. Les tondeuses Roborock sont parmi les seules du marché à identifier clairement les obstacles sur la carte et à les prendre en photo. Au niveau de l’évitement, il peut arriver au robot de s’en approcher presque dangereusement, voire même de les toucher, comme cela a été le cas avec un râteau et un tuyau d’arrosage, sans pour autant causer d’accident. Cependant, après avoir effectivement pris connaissance de l’objet, le robot va alors créer une zone d’évitement d’une quarantaine de centimètres autour de l’obstacle, évitant ainsi de les frôler. Cette approche est perturbante, la tondeuse s’approchant beaucoup trop de l’obstacle, l’évitant ensuite avec une prudence exagérée. Pour couronner le tout, le robot ignore royalement les obstacles retirés durant la tonte, continuant à éviter des objets fantômes.
La navigation et la détection d’obstacles des tondeuses Roborock sont dans l’ensemble bien moins convaincantes que les aspirateurs de la marque, au point où nous pourrions les qualifier d’erreur de jeunesse.
Un entretien simple mais des zones d’accumulation à surveiller
Certifiée IPX6, la tondeuse Roborock peut être rincée directement au tuyau d’arrosage pour éliminer la terre et les débris accumulés sur les roues et le châssis. La double caméra stéréo frontale demande un nettoyage régulier à la microfibre, sachant qu’elle est essentielle au système de vision assisté par IA ; une lentille masquée par de la poussière ou du pollen peut directement altérer la détection des obstacles.

En revanche, l’entretien sous le plateau révèle quelques petites contraintes ergonomiques. Faute de mode maintenance dédié dans l’application pour rabaisser automatiquement le disque, l’accès aux lames exige de manipuler le système manuellement. À l’usage, l’herbe a également tendance à venir se coincer entre le pare-choc et le châssis, ainsi qu’au-dessus du module de coupe de bordures, nécessitant un brossage appuyé lors des nettoyages périodiques. Le remplacement des lames pivotantes reste quant à lui très rapide à l’aide d’un simple tournevis cruciforme, pour une routine mécanique globalement accessible.
Prix et disponibilité
La gamme Roborock s’articule autour de quatre déclinaisons principales au sein des séries Q1 et S1, conçues pour s’adapter à la taille de votre terrain et vos besoins :
RockNeo Q105 : Modèle d’entrée de gamme à réglage manuel de la hauteur de coupe, adapté aux pelouses jusqu’à 500 m², proposé à partir de 799 €.
RockNeo Q110 : Variante de la série Q1 offrant une batterie plus conséquente pour les surfaces allant jusqu’à 1 000 m², au tarif de 999 €.
RockMow S108 : Version de base de la série S avec réglage électronique et second disque de bordure déporté, pensée pour les terrains jusqu’à 800 m², affichée à 1 399 €.
Il n’y a pas d’offres pour le moment, découvrez :
RockMow S115 : Version haut de gamme de la série S conçue pour couvrir jusqu’à 1 500 m² en plusieurs cycles de charge, commercialisée au prix de 1 699 €.
Pour ses tondeuses, le constructeur passe exclusivement par un réseau de revendeurs professionnels agréés (spécialistes en motoculture, matériel d’espaces verts et magasins de jardinage spécialisés). L’objectif est de s’assurer d’un service après-vente qualifié et d’une aide à l’installation sur le terrain, à l’image du modèle utilisé par Husqvarna.
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