Le FBI a vendu un smartphone Android modifié à des escrocs, impressionnant à quel point ils ont été loin dans sa personnalisation

Le fameux « honeypot » sous Android

 

En mai dernier, une coopération judiciaire internationale a débouché sur un vaste coup de filet et l'arrestation de 800 criminels. Pour réussir cette opération, le FBI avait mis au point des smartphones spéciaux, vendus environ 2 000 euros au marché noir, pour attirer les criminels et les inciter à les utiliser ainsi que la messagerie Anom noyautée également.

Le FBI use de techniques avancées pour réussir ses missions. Ils ont vendu à des escrocs, pour une opération d’infiltration, un smartphone Android dont le système d’exploitation a été modifié. C’est ce que l’on appelle une technique « honeypot », cette expression — qui signifie pot de miel en français — suggère l’idée d’un appât (comme le miel qui attire les ours).

Après que le FBI a annoncé l’opération Anom, certains utilisateurs d’Anom se sont précipités pour se débarrasser de leur appareil, notamment en le vendant en ligne à des personnes sans méfiance. C’est comme ça que Motherboard a obtenu l’un des téléphones « Anom », et plus précisément un Pixel 4a modifié, et son mystérieux « ArcaneOS ».

ArcaneOS, applications factices et fonctions cachées

Lors du démarrage du téléphone, un logo est affiché, c’est celui du système d’exploitation appelé « ArcaneOS ». Très peu d’informations sont disponibles publiquement sur ArcaneOS. La plupart des articles en ligne sur ce fork d’Android semblent avoir été écrits par des personnes qui ont récemment acheté par inadvertance un appareil Anom et qui ont découvert qu’il ne fonctionnait pas comme un téléphone ordinaire.

Les applications Play Store, Tinder, Instagram, Facebook, Netflix et même Candy Crush semblent à première vue installées. Mais aucune de ces applications ne fonctionne, et appuyer sur leurs icônes ne fait rien. En fait, ces apps cachent une interface entièrement différente de l’appareil, avec un nouvel arrière-plan et de nouvelles applications. Sur cette nouvelle interface se trouve une application horloge, une calculatrice et les paramètres de l’appareil.

Ce qui est étonnant, c’est à quel point le FBI est allé loin dans son opération. L’objectif était d’attirer les criminels, ils ont donc intégré des fonctions de sécurité susceptibles de les intéresser, notamment une application de chat cachée (Anom), via l’app Calculatrice, ou encore un mode de brouillage du code PIN. Ce n’est pas tout, il y avait également une fonction de code d’effacement qui permet d’effacer le téléphone à partir de l’écran de verrouillage.

Pari réussi pour le FBI qui voulait donner aux trafiquants de drogue sans méfiance l’impression qu’ils utilisaient un véritable cryptophone, jusqu’au système d’exploitation modifié, même si l’appareil exposait discrètement les messages aux agents du FBI.

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