
La commission des affaires économiques et monétaires (ECON) du Parlement européen a voté pour l’euro numérique. Attention, c’est un vote en commission, pas encore en séance plénière et le calendrier pour la mise en place de ce projet se précise un peu plus. Mais c’est quoi, au fait, l’euro numérique ?
C’est quoi l’euro numérique ?
L’euro numérique, c’est une version électronique de la monnaie unique, émise directement par la Banque centrale européenne (BCE). Aujourd’hui, quand vous payez par carte, l’argent qui circule est de la monnaie de banque commerciale (les banques des particuliers). Avec l’euro numérique, vous utiliserez de la monnaie de banque centrale. Les billets de banque ont le même statut et l’euro numérique est finalement une version numérique de ces billets de banque.
L’euro numérique serait une nouvelle forme de monnaie électronique émise par la Banque centrale européenne (BCE), fonctionnant en ligne et hors ligne. Les paiements en ligne seraient traités via un système basé sur un compte, tandis que les paiements hors ligne fonctionneraient directement via des dispositifs de stockage locaux. La fonctionnalité hors ligne équivaudrait à utiliser de l’argent physique, car perdre son appareil entrainerait la perte de l’argent hors ligne, sans remboursement possible.
Communiqué du Parlement européen
L’Europe ne veut pas dépendre des États-Unis
Le vrai motif derrière cette initiative tient en un mot : souveraineté. Quand vous payez par carte en zone euro, la transaction passe presque toujours par Visa ou Mastercard, deux réseaux américains (qui prennent leur commission au passage). L’euro numérique veut court-circuiter cette dépendance aux États-Unis qui, sous la présidence de Donald Trump, soignent beaucoup moins leurs relations politiques et commerciales avec l’Europe.
Avec l’euro numérique, les transactions seraient donc moins chères pour les commerçants en plus d’être instantanées puisqu’elles ne transiteraient plus par ces sociétés américaines.


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La présidente de la BCE, Christine Lagarde, pousse fort dans ce sens depuis des années. Elle a tenu à rassurer sur un point qui inquiète beaucoup de monde, à savoir que les espèces ne disparaissent pas. La BCE et les responsables européens présentent d’ailleurs l’euro numérique comme un complément au liquide et à la carte, pas un remplaçant. Les billets continueront de circuler tant que les gens voudront s’en servir.
Ce que ça change vraiment pour vous
Deux fonctionnements sont prévus dès le lancement : en ligne et hors ligne. La version hors ligne est la plus intéressante. Elle permettrait de payer de téléphone à téléphone sans connexion internet, à condition d’être proche l’un de l’autre. Comme si votre smartphone donnait un billet de 20 euros au smartphone du commerçant.
Côté confidentialité, selon la documentation officielle de la Commission européenne, lors d’un paiement hors ligne, les détails de la transaction ne seraient connus que de vous et de la personne payée. Ni la banque, ni la BCE ne verraient ce que vous achetez. Le niveau de confidentialité serait donc celui des espèces.
Attention quand même : ce ne sera pas l’anonymat total. La proposition l’exclut explicitement, notamment pour les paiements en ligne, où votre banque garde accès aux données nécessaires à la lutte contre le blanchiment d’argent. L’autre point sensible, c’est le plafond. La BCE fixerait une limite de détention par personne pour éviter que les gens vident leurs comptes bancaires vers ce nouveau porte-monnaie.
D’après CoinDesk, l’institution estime ne pas voir de risque pour la stabilité financière jusqu’à un seuil de 3 000 euros par personne. Un montant qui reste à trancher dans les négociations. Le chantier a aussi un coût. La BCE l’estime à environ 1,3 milliard d’euros jusqu’au lancement, puis 320 millions d’euros par an pour le faire fonctionner.
Il faudra attendre 2029 pour un vrai déploiement
Pour l’instant, rien ne change dans votre quotidien. Le vote en séance plénière est attendu en juillet 2026, suivi de négociations entre le Parlement, le Conseil et la Commission. Une phase pilote de douze mois est prévue à partir du second semestre 2027, avant une première émission visée pour 2029. Tout se jouera sur le plafond final et sur la solidité réelle des garanties de confidentialité.
Cette initiative européenne pour une plus grande souveraineté économique n’est pas sans rappeler la plateforme Wero de plus en plus adoptée à travers le continent et qui devrait bientôt permettre, en France, d’effectuer des achats.
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Notons aussi que le réseau CB français a de plus en plus le vent en poupe pour ne plus dépendre de Visa ou Mastercard.
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