
Si vous êtes cycliste ou même un piéton ou automobiliste averti, vous avez sans doute croisé un vélo électrique illégal un jour ou l’autre. Mais combien de ces modèles sont actuellement en circulation ? S’il est impossible d’estimer leur nombre sur les routes et pistes cyclables, l’UESC (Union des Entreprises Sport & Cycle) livre des chiffres intéressants.
8 % de ventes de vélos électriques non conformes
Selon l’association, « près de 8 % des VAE vendus en France seraient non conformes », soit environ 1 sur 12. Si l’on rapporte tout ça au volume, soit 565 226 vélos électriques vendus en 2024, on parle ainsi de 45 000 modèles illégaux !
Par conformité, l’UESC rappelle la législation avec l’article R311-1 du Code de la route. Dans celui-ci, les vélos à assistance électrique doivent comporter :
- Une puissance nominale continue moteur de 250 W (0,25 kilowatt) au maximum ;
- Une assistance seulement au pédalage ;
- Un bridage de l’assistance à 25 km/h.
Autre obligation, les VAE doivent respecter la norme EN 15194, qui précise que la tension nominale continue maximale doit être de 48 V. Dans le cas contraire, les véhicules illégaux entrent dans la catégorie L1e-A ou L1e-B, celle des cyclomoteurs ou des speedbikes.

Les speedbikes doivent ainsi adopter des équipements obligatoires (clignotants, feu de croisement, rétroviseurs), ainsi qu’une plaque d’immatriculation. Son conducteur doit également porter un casque intégral, des gants et souscrire à une assurance.
Quelles illégalités, et quels risques ?
L’UESC relève de nombreuses non-conformités sur ces fameux vélos électriques illégaux, dont :
- Des puissances moteur supérieures jusqu’à 2000 W ;
- Deux moteurs (avant et arrière) ;
- Une gâchette d’accélération, installée ou en élément séparé ;
- Débridage par paramétrage logiciel pour dépasser 25 km/h ;
- L’absence d’homologation ;
- Signalisation non conforme ;
- Une information insuffisante sur la catégorie réelle du véhicule.

Cette dernière ligne montre que l’achat de vélos électriques illégaux n’est pas forcément intentionnel. « Cette situation expose les utilisateurs, souvent persuadés d’avoir acheté un VAE conforme, à circuler sans immatriculation, assurance ou équipement adapté à des vitesses parfois élevées » précise l’UESC.
En plus des risques, les cyclistes encourent des amendes. Voici quelques exemples en cas d’infraction :
- Débridage de vélo électrique : jusqu’à 30 000 euros et 1 an de prison ;
- Défaut d’assurance : 3 750 euros ;
- Excès de vitesse : 35 euros.
Les fatbikes quasi majoritaires
Si l’on aperçoit tous types de vélos électriques illégaux dans notre quotidien de cyclistes, certains sont modifiés après achat. Pour les VAE neufs, l’UESC constate que « 94 % des produits non conformes recensés sont des fatbikes ».
En parallèle, elle ajoute que « 96 % des fatbikes vendus en France sont non conformes. » Depuis plusieurs années, les fatbikes sont dans le viseur de plusieurs autorités, surtout aux Pays-Bas où ils sont désormais interdits dans certains secteurs d’Amsterdam.

Si des marques françaises et européennes jouent le jeu, certaines marques non citées sont vendues en ligne en provenance d’Asie. Après vérification et d’après nos expériences personnelles, elles sont disponibles sur leurs sites officiels, ainsi que des plateformes type Amazon, Aliexpress, Cdiscount, ou Fnac-Darty pour ne citer qu’elles.
Afin de remédier au problème, l’UESC « appelle les pouvoirs publics à renforcer les contrôles ». Pour l’association, les enjeux sont multiples, dont la sécurité des cyclistes et la « concurrence équitable pour la filière vélo ».
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