105 000 recrutements d’ici 2032 : pourquoi le métier de mécanicien vélo va devenir toujours plus capital

 
En 2026, il manque déjà 45 000 mécaniciens vélo en Europe, et la filière devra en recruter 105 000 d’ici 2032, selon un rapport de NextGen Mechanics et European Cycling Industries présenté le 30 septembre à Bruxelles. Ces chiffres reposent sur les effectifs déclarés par les vélocistes eux-mêmes, une première à l’échelle européenne.
Source : Anton Savinov via Unsplash

L’Europe manquerait déjà de 45 000 mécaniciens pour assurer l’entretien et les réparations de nos vélos électriques et mécaniques, soit l’équivalent d’un quart des effectifs en poste. Ce chiffre sort tout droit d’un rapport présenté le 30 septembre à Bruxelles, lors du Sommet européen des industries du cycle, relaie le média Nieuwsfiets.

Des manques à venir

Le rapport a été rédigé par l’European Cycling Industries (ECI), l’association qui regroupe les entreprises du vélo en Europe, et par NextGen Mechanics, une initiative lancée par Shimano à l’été 2025.

Source : Anton Savinov via Unsplash

Les auteurs présentent leur travail comme la première estimation européenne construite à partir des données d’emploi fournies directement par les vélocistes. D’après ces données, environ 175 000 mécaniciens vélo travaillent aujourd’hui en Europe. Pour répondre à la demande de 2032 tout en remplaçant ceux qui quittent leur poste, il en faudrait près de 250 000, soit une hausse d’environ 40 % en six ans.

Pourquoi observe-t-on une telle hausse ? Le rapport l’explique par la part croissante du vélo électrique, le développement du leasing et des flottes, l’essor des services après-vente et la hausse générale de la pratique. À eux seuls, ces facteurs devraient créer un besoin supplémentaires d’ici 2032.

La filière devrait ainsi recruter quelque 105 000 mécaniciens d’ici 2032, départs compris. En France, la demande d’atelier grimpe déjà : selon l’Observatoire du cycle de l’Union Sport & Cycle, 5,9 millions de réparations de vélos ont été effectuées en 2024, soit 44 % de plus qu’en 2019.

212 millions d’Européens ont du mal à faire entretenir leur vélo

Le rapport s’appuie par ailleurs sur l’enquête « State of the Nation 2026 » de Shimano, menée auprès de 25 000 personnes – que Frandroid avait à l’époque relayé. Selon cette enquête, environ 212 millions d’Européens ont du mal à faire entretenir leur vélo. Parmi eux, 121 millions réduisent leur pratique du vélo en raison des difficultés et des coûts liés à l’entretien et à la réparation, et 7,6 millions auraient carrément arrêté.

Le rapport s’inquiète aussi des départs. Aux Pays-Bas, 24 % des mécaniciens ont quitté le secteur en 2024, selon l’OOMT, le fonds néerlandais de formation pour l’automobile et les deux-roues. Si ce rythme était le même partout en Europe, la pénurie actuelle s’alourdirait d’environ 15 000 mécaniciens.

Source : Anton Savinov via Unsplash

Les salaires n’aident pas non plus : même en Europe du Nord, celui des mécaniciens vélo reste sous le salaire médian national à temps plein, selon le rapport, ce qui fait du technicien vélo un métier encore peu valorisé, alors même que les moteurs, les batteries et les transmissions électroniques rendent le métier plus technique.

Le manque d’ateliers pose aussi un problème de sécurité. Le rapport cite l’institut néerlandais de sécurité routière SWOV : les cyclistes attribuent 10 % de leurs accidents à un défaut technique, et un mauvais entretien joue un rôle dans 45 % de ces cas.

27 recommandations et un groupe d’experts

Le rapport formule 27 recommandations, réparties en cinq thèmes :

  • soutenir et faire progresser les mécaniciens déjà en poste ;
  • attirer davantage de nouveaux venus dans le métier ;
  • améliorer la formation professionnelle ;
  • revoir l’économie de l’entretien des vélos ;
  • mettre en place des structures de coopération pour la suite.

Dans la foulée, ECI a créé un groupe d’experts sur l’éducation et les compétences, qui travaillera avec les villes, les organismes de formation et les entreprises du cycle. Sa première tâche consiste à dresser un inventaire européen des besoins actuels et futurs en personnel et en formation. ECI veut aussi construire, avec les écoles professionnelles, un cadre de formation commun aux mécaniciens vélo de toute l’Europe.


Un petit geste pour Frandroid ? Abonnez-vous à Frandroid sur Google pour ne manquer aucun de nos articles.

Recherche IA boostée par
Perplexity