Voitures électriques : la carte du monde se coupe en deux, et c’est une question de politique

Le décrochage américain

 
20,7 millions de véhicules. C’est le score final des ventes électriques mondiales en 2025. Une croissance de 20 % qui cache pourtant une réalité brutale : pour la première fois, le marché nord-américain décroche sous les coups de boutoir de la nouvelle administration Trump.
Image générée avec Gemini par Frandroid

On nous prédisait l’apocalypse pour le marché électrique en 2025, entre la fin des bonus et la lassitude des acheteurs. La réalité ? Elle est plus nuancée, et surtout très géographique. Le cabinet Benchmark Mineral Intelligence vient de publier les chiffres définitifs : 20,7 millions de voitures électriques (100 % électriques et hybrides rechargeables) ont trouvé preneur l’année dernière.

Le problème ? Cette croissance globale est un trompe-l’œil. En réalité, nous assistons à un véritable divorce géographique.

D’un côté de l’Atlantique, l’Europe et la Chine continuent de transformer l’essai. De l’autre, les États-Unis de Trump ont décidé de tirer le frein à main, provoquant le premier recul du marché nord-américain depuis sept ans avec une baisse de 4 %.

L’axe Europe-Chine : l’accélération malgré les vents contraires

En Europe, c’est une bonne surprise pour ce bilan : +33 % de croissance pour atteindre 4,3 millions d’unités. C’est d’autant plus spectaculaire que les constructeurs avaient anticipé une année difficile. Mais les nouveaux objectifs d’émissions et le retour en grâce des subventions dans des pays comme l’Allemagne (+48 %) ou le Royaume-Uni (+27 %) ont dopé les ventes. Quand on aide les ménages, ça marche.

En Chine, c’est une autre forme de domination. Avec 12,9 millions de ventes (+17 %), le marché intérieur arrive à maturité. Mais le vrai choc vient de ce que la Chine fait de ses surplus. Ne pouvant plus tout vendre chez eux, les constructeurs comme BYD ont inondé le monde. Les exportations ont doublé pour franchir la barre du million de véhicules exportés.

Cette marée chinoise est le moteur du « reste du monde », où les ventes explosent de 48 %.

Le décrochage américain : l’effet Trump en chiffres

Maintenant, tournons-nous vers le point noir de la carte : les États-Unis. La fracture est ici béante. La suppression des crédits d’impôt fédéraux le 30 septembre 2025 a agi comme un couperet. Après un été record où les consommateurs se sont rués sur les stocks avant la fin des aides, le quatrième trimestre a été un massacre : -49 % de ventes par rapport au trimestre précédent.

Le message politique est passé cinq sur cinq chez les constructeurs locaux. GM a déjà résilié des contrats avec ses fournisseurs de batteries, et l’industrie se replie sur les véhicules à prolongateur d’autonomie (REEV).

F-150 Lightning // Source : Frandroid

Ford, de son côté, a tué le F-150 Lightning, son pick-up 100 % électrique qui devait révolutionner l’Amérique. La marque au trône bleu jette l’éponge, encaisse une perte historique de 19,5 milliards de dollars et change radicalement de fusil d’épaule.

On ne parle plus de transition totale, mais d’une hybridation qui permet de garder un pied dans le pétrole. C’est une stratégie de survie qui isole les USA du reste du progrès technologique mondial.

La conséquence ? Le marché américain devrait encore reculer de 29 % en 2026. C’est un cas d’école : en supprimant les incitations et en assouplissant les normes antipollution, l’administration américaine a réussi à stopper net l’élan industriel.

Pendant que les Européens et les Chinois affinent leurs batteries et baissent leurs prix, les Américains retournent à la planche à dessin pour optimiser leurs moteurs thermiques.


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