Factures multipliées par 10 aux bornes : le scandale de la recharge électrique dénoncé par Que Choisir

 
L’association Que Choisir Ensemble (ex-UFC Que Choisir) s’attaque à la recharge des voitures électriques. Elle appelle désormais les pouvoirs publics à rendre l’accès aux bornes plus simple, en rendant notamment l’affichage des prix plus clair.
GAC Aion V // Source : GAC

De plus en plus de conducteurs utilisent les bornes de charge, qui deviennent elles aussi de plus en plus nombreuses. Au fil des années, leur utilisation s’est démocratisée et est devenue plus simple. Le tout grâce aux applications et autres planificateurs d’itinéraires, entre autres. Mais il y a encore un point qui complique bien souvent la vie des automobilistes. Il s’agit de la tarification. Et pour cause, il n’est pas évident de savoir combien va coûter la recharge. Certains opérateurs l’affichent sur leur site ou leur application, mais dans les stations, ce n’est pas toujours clair.

C’est ce que dénonce l’association Que Choisir Ensemble, anciennement UFC-Que Choisir. Dans un communiqué publié sur son site, elle appelle désormais les pouvoirs publics à agir. Et ce afin de « sortir les consommateurs de la jungle tarifaire ». Elle déplore encore de nombreux soucis, que ce soit sur les prix, mais pas seulement. En effet, l’organisation critique aussi que « des disparités territoriales persistent sur certains axes routiers et dans les zones moins couvertes ». Et ce alors que seulement 6 % des immeubles possédant un parking sont équipés de bornes.

Bornes Ionity 600 kW // Source : Ionity

Actuellement, on compte 192 008 points de recharge ouverts au public fin mars 2026, selon l’Avere-France. Mais le taux de disponibilité reste encore trop bas. Que Choisir déplore qu’en 2025, seulement 68,5 % des bornes étaient utilisables en permanence. Et environ 6 % sont restées indisponibles plus d’une semaine consécutive. Et les choses ne se sont pas améliorées en 2026. Selon le baromètre d’avril 2026 de l’Avere-France, seulement 66 % des points de charge étaient disponibles au moins 99 % du temps, contre 68 % en mars 2026.

Des prix encore opaques

Mais le principal souci que déplore l’organisation concerne notamment les prix, encore très opaques pour les clients. Ainsi, Que Choisir a relevé d’importants écarts entre les différents opérateurs. Ces derniers ont notamment atteint 126 % en moyenne en zone urbaine entre les prix les plus bas et les plus élevés. Pour recharger 20 kWh, soit environ 100 kilomètres d’autonomie, il faut compter 10,8 euros en moyenne sur une borne de 22 kW, et jusqu’à 35,6 euros sur les plus chères. Une même recharge à domicile, au tarif réglementé de l’électricité, revient à environ 3,8 euros — soit près de trois fois moins que la moyenne sur borne publique 22 kW, et près de dix fois moins que sur les bornes les plus chères.

L’écart est moins violent sur autoroute, où les opérateurs sont moins nombreux et les tarifs plus uniformes : Que Choisir Ensemble y relève un écart moyen de 72 % entre le moins cher et le plus cher, pour un prix moyen de 0,61 €/kWh. En zone urbaine, malgré le nombre d’opérateurs censé jouer en faveur du consommateur, le prix moyen monte à 0,63 €/kWh.

L’écart est moins violent sur autoroute, où les opérateurs sont moins nombreux et les tarifs plus uniformes : Que Choisir Ensemble y relève un écart moyen de 72 % entre le moins cher et le plus cher, pour un prix moyen de 0,61 €/kWh. En zone urbaine, malgré le nombre d’opérateurs censé jouer en faveur du consommateur, le prix moyen monte à 0,63 €/kWh.

L’exemple le plus parlant cité par l’association : sur une borne 22 kW de Langres, en Haute-Marne, le tarif varie de 0,30 €/kWh à 1,78 €/kWh selon l’application ou la carte utilisée. Soit un écart de 490 % sur exactement la même borne, pour exactement la même énergie. C’est ce genre de cas qui pousse Que Choisir Ensemble à parler de « jungle tarifaire ».

L’exemple le plus parlant cité par l’association : sur une borne 22 kW de Langres, en Haute-Marne, le tarif varie de 0,30 €/kWh à 1,78 €/kWh selon l’application ou la carte utilisée. Soit un écart de 490 % sur exactement la même borne, pour exactement la même énergie. C’est ce genre de cas qui pousse Que Choisir Ensemble à parler de « jungle tarifaire ».

Et ce alors que les opérateurs utilisent des méthodes de facturation différentes. Certains font payer au kWh, d’autres à la minute, d’autres encore cumulent les deux, auxquels s’ajoutent parfois des frais fixes de connexion ou de stationnement. En parallèle, l’organisation critique l’absence de terminaux de carte bancaire, ce qui complique le paiement de la recharge. Pour mémoire, l’Union européenne impose normalement la présence d’un tel dispositif, et ce depuis le mois d’avril 2024. Mais toutes les bornes ne sont pas encore équipées, loin de là.

BYD Dolphin Surf // Source : Jean-Baptiste Passieux – Frandroid

Que Choisir a formulé plusieurs recommandations pour les pouvoirs publics. Et ce afin de « mettre fin à l’opacité » pour les automobilistes, qui « ne peuvent ni anticiper ce qu’ils paieront, ni comparer les offres ». L’association demande notamment « un affichage obligatoire, clair et harmonisé des tarifs avant et pendant la recharge ». Elle veut aussi que le paiement par carte bancaire se généralise, et ce sur l’ensemble des bornes accessibles au public.

Enfin, elle demande la « création d’un site public recensant tous les prix pratiqués aux bornes de recharge, sur le modèle du comparateur officiel des prix des carburants ».


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