90 millions d’habitants sans électricité, et pourtant la voiture électrique explose au Nigeria

 
Au Nigeria, la voiture électrique prend une place de plus en plus importante. Et ce alors que l’accès à l’énergie reste compliqué, avec de nombreuses coupures de courants dans le pays.
GAC Aion V // Source : GAC

C’est un fait indéniable, la voiture électrique connaît un vrai bond depuis quelques années. C’est le cas en Europe, et en France, avec une part de marché en constante hausse. Ainsi, elle a atteint 34 % chez les particuliers en mai 2026. Cependant, il faut tout de même garder en tête que tous les pays dans le monde ne sont pas logés à la même enseigne.

Et certains sont nettement plus avancés que d’autres en la matière. C’est par exemple le cas de la Norvège, où les ventes de VE atteignent presque les 100 %.

Mais un autre Etat surprend particulièrement. Car là bas, les autos zéro-émission (à l’échappement) s’imposent aussi. Pourtant, rien ne laissait présager un tel phénomène. Et pour cause, les conditions d’accès à la mobilité électrique y sont nettement plus difficiles.

Il s’agit du Nigeria, comme le rapporte une dépêche de l’AFP. Dans ce pays situé en Afrique de l’Ouest, la voiture électrique parvient à s’imposer dans les rues. Et ce alors que les autorités visent un parc composé uniquement de cette motorisation d’ici à 2060.

Borne de recharge Ionity avec câble gainé // Source : Stéphane Semeria sur LinkedIn

Et ce alors que le Nigéria est actuellement le premier producteur africain de pétrole. Mais désormais, le gouvernement veut inciter les automobilistes à passer à l’électrique, via tout un tas de mesures. En premier lieu, il a notamment instauré des exonérations de droits d’importation sur les VE.

De plus, Abuja veut aussi développer l’essor des stations de charge. C’est dans ce contexte que l’opérateur NEV Electric est en train d’en installer une, offrant une capacité de 3 000 véhicules par jour.

Un contexte peu favorable

En parallèle, le prix du carburant a flambé de 650 % depuis 2023. Le gouvernement a par ailleurs approuvé des taxes écologiques visant les véhicules les plus polluants, comme les SUV et les poids lourds gourmands en carburant. Les véhicules électriques en sont exemptés.

Le Nigeria pousse les automobilistes à adopter la voiture électrique, qui sera exemptée de cette nouvelle fiscalité. Cependant, tout n’est pas rose, et surtout, les conditions d’accès à l’énergie ne sont pas aussi simples qu’en France.

Et pour cause, 40 à 45 % des habitants sont privés d’électricité, soit environ 90 millions de personnes, un chiffre de la Banque mondiale rapporté par l’AFP. C’est ce que confirme un automobiliste, qui a fait le choix d’opter quand même pour un VE. « En ce qui concerne l’approvisionnement en électricité au Nigéria, je dirais que cela dépend de l’emplacement, car certains quartiers (de la ville) sont mieux éclairés que d’autres ». Par ailleurs, les coupures de courant sont monnaie courante dans le pays, et les conducteurs de voitures électriques doivent compter sur des générateurs.

Or, ces groupes électrogènes de chantier fonctionnent grâce à du diesel, et sont donc très polluants. Ce qui réduit fortement l’intérêt écologique des VE dans ce pays africain. Pourtant, cette motorisation s’impose peu à peu, bien que le prix d’achat reste aussi un frein majeur. Mais l’essor des marques chinoises pourrait changer les choses. Plusieurs constructeurs commercialisent leurs autos au Nigeria, tels que BYD ou encore Neta Auto, entre autres.


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