Faute d’eau pour refroidir son nucléaire, la Hongrie bride la recharge des voitures électriques

 
Face à la sécheresse, la Hongrie a décidé d’appliquer des restrictions sur la recharge des voitures électriques. Diverses mesures sont mises en place par les opérateurs, telles qu’une limitation de la puissance ou une tarification plus élevée.
GAC Aion V // Source : GAC

Avec une part de marché de 20,7 %, la voiture électrique prend une place de plus en plus grande en Europe. Mais qui dit VE en hausse, dit besoins en recharge qui augmentent aussi très fortement. Ainsi, les bornes se développent, et deviennent de plus en plus nombreuses sur le continent. Cependant, pour faire marcher ces dernières, il faut évidemment de l’électricité. Or, on le sait, le réseau est bien souvent sous pression, face à la hausse de la demande. Et c’est d’autant plus le cas en ce moment.

Car le Vieux Continent est soumis à une importante vague de chaleur. Mais quel est le rapport ? Eh bien, en Hongrie par exemple, une grande partie de l’électricité provient de la centrale nucléaire de Paks, la seule du pays, qui assure à elle seule près de la moitié de la production nationale.

Or, avec des ventes de voitures électriques-en forte hausse en Europe (+40,5 % sur le premier semestre 2026 selon l’ACEA), la demande d’électricité augmente elle aussi. Sauf que la centrale a besoin d’eau pour son système de refroidissement. Et comme celle-ci commence à manquer, elle ne tourne désormais qu’à une fraction de sa pleine capacité.

Ce n’est pas qu’un ralentissement : début août 2026, la centrale de Paks a été totalement mise à l’arrêt pour la première fois en 44 ans d’exploitation. En cause, le niveau du Danube tombé à un plus bas historique, qui empêchait les pompes d’aspirer assez d’eau pour refroidir les réacteurs. La centrale, qui couvre à elle seule près de la moitié de l’électricité hongroise, n’a pu redémarrer que très partiellement les jours suivants.

BYD Dolphin Surf // Source : Jean-Baptiste Passieux – Frandroid

Et cela pose un réel problème, car le réseau électrique n’est donc plus suffisant pour faire face à la demande, comme le relate Hungary Today. Et les conducteurs de VE doivent alors subir les conséquences. C’est ainsi que plusieurs opérateurs ont mis en place des mesures visant à réduire les tensions.

Par exemple, certains ont fait le choix de brider la puissance de leurs bornes durant les heures pleines, généralement entre 17 et 22 heures. Sur cette période, les stations ne délivrent plus que 100 kW au lieu de 150.

Des mesures radicales

Certains ont même décidé de réduire la puissance de 50 % sur les bornes de 300 kW, de quoi réduire la demande de l’ordre de 10 MW. Une charge sur une voiture électrique haut de gamme 800 volts comme une Porsche Taycan passerait ainsi de 14 à 30 minutes environ.

Et certaines entreprises vont même encore plus loin. C’est par exemple le cas de Metro, qui a tout simplement désactivé toutes les stations sur les parkings de ses magasins. Et ce tous les jours, entre 16 et 22 heures. Outre la limitation de la puissance, certains opérateurs misent sur l’aspect financier pour dissuader les automobilistes.

C’est par exemple le cas de l’application EV.app. Cette dernière a misé sur une autre approche, en optant pour une facturation plus élevée durant les heures pleines, où la demande en électricité est la plus forte. Le soir, il faut alors compter pas moins de 1,16 euro environ par kWh. Ce qui donne théoriquement 60 euros pour recharger la batterie de 52 kWh d’une Renault 5 E-Tech. Le but ? Faire en sorte que les usagers décalent la charge de leur auto durant les heures creuses.

Xpeng G9 reliée à une borne Ionity en Espagne

Pour le moment, de telles mesures n’ont pas encore été mises en place en France. Cependant, il ne serait pas exclu que cela finisse aussi par être le cas. Car chez nous aussi, la sécheresse est présente depuis plusieurs semaines. Par ailleurs, notre réseau est en tension depuis un petit bout de temps. Et la demande ne cesse d’augmenter à mesure que la voiture électrique prend de plus en plus de place dans les foyers.


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