Ramon Fernandez, CFO d’Orange, a laissé sous-entendre qu’une consolidation du marché des opérateurs téléphoniques serait envisageable début 2019. Une fenêtre liée aux enchères sur la 5G ?

Depuis des années, le retour à trois opérateurs est une arlésienne dont les acteurs du marché parlent régulièrement. Et pour cause ! Orange, SFR et Bouygues Telecom aimeraient bien retrouver leurs parts de marché d’avant 2012 (année du lancement de Free Mobile), et il n’est pas rare d’entendre les murmures au sujet de discussions entre deux opérateurs au sujet d’un possible rachat ou d’une possible fusion.

Pourtant, aucun opérateur ne se laisse faire, préférant bomber le torse pour montrer sa supériorité. On se souvient par exemple de Patrick Drahi (SFR) qui a repoussé une offre de Bouygues Telecom un peu plus tôt dans l’année, ou les déclarations de ce dernier affirmant qu’il est possible de rester à 4.

L’idée persistante

Ce jeu de communication croisée continue néanmoins et chacun y va de sa petite pique ou de sa sortie médiatique pour tenter de faire passer des messages à ses concurrents. La dernière en date provient de Ramon Fernandez, directeur financier d’Orange, qui affirme qu’« il y aura une fenêtre d’opportunité au premier semestre 2019 » pour une fusion.

Cette fusion ne viendra pas d’Orange néanmoins. « Nous n’allons pas conduire un processus parce que nous sommes trop puissants pour le faire » indique-t-il, faisant référence au fait que l’ARCEP, régulateur des télécoms, ne laissera jamais Orange racheter l’un de ses concurrents pour éviter un déséquilibre trop important au niveau des différents concurrents restants.

« Mais nous pouvons être un facilitateur parce que nous pensons que cela pourrait être bon pour nous », précise-t-il. En effet, Orange pourrait participer aux discussions et récupérer certains actifs pour alléger la facture.

Rappelons que pour Stéphane Richard, PDG d’Orange, un retour à trois opérateurs est inévitable.

La 5G en ligne de mire ?

Si une « fenêtre d’opportunité » va s’ouvrir au premier semestre 2019, c’est possiblement en raison de la 5G. Rappelons que les enchères pour les blocs de fréquences auront lieu à cette période et que cela sera décisif pour les dix années à venir des opérateurs. Les acteurs les plus faibles (Bouygues Telecom et Free notamment) pourraient ainsi ne pas s’y retrouver et décider de laisser la place à leurs concurrents.

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Reste à savoir qui de Bouygues, SFR sera le premier à craquer et à accepter la proposition de l’un de ses concurrents.