Comme prévu, Iliad a annoncé sa nouvelle Freebox Delta accompagnée de la Freebox One. Nous avons eu l’opportunité de passer un peu de temps avec la Delta, tester son interface et poser de nombreuses questions aux équipes de Free présentes sur place.

Nous avons pu découvrir la nouvelle Freebox Delta peu de temps après la fin de la conférence. Iliad avait prévu différentes salles pour présenter les nouveautés de sa box : domotique, assistant intelligent, TV, mais aussi une salle dédiée au son.

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Design, caractéristiques et ergonomie

La première chose à noter est le fait que la Freebox Delta est en réalité deux box : la Server et la Player. Free n’a pas changé de recette depuis la Revolution, la box Server sert de modem, de NAS et de boitier domotique tandis que la box Player sert de box multimédia et d’enceinte connectée.

Freebox Server

Les deux box ont été designées par Jasper Morrison. Un designer anglais avec un gros background : il a conçu des tramways (à Hanovre, Allemagne), mais il a également collaboré avec de nombreuses entreprises : Alessi, Canon, Cappellini, Galerie Kreo, Flos, Magis, Rado, Sony Design Centre Europe ou encore Vitra.

La forme de ces box est triangulaire avec des coins arrondis. Elles sont plutôt massives, en particulier la box Player qui est lourde (5 à 6 kilogrammes). Elles n’ont pas été conçues pour être discrètes, c’est d’ailleurs à contresens des réflexions que mènent certains opérateurs pour dématérialiser les box TV. Orange a, par exemple, développé une application Livebox pour la Xbox… et de plus en plus de FAI imaginent que leur box puisse prendre la forme d’une application pour Apple TV, Tizen, WebOS, Firefox TV ou Android TV.

Elles sont si massives qu’elles pourront poser des soucis d’intégration dans votre mobilier actuel. La Freebox Server pourra trouver difficilement une place derrière votre télévision, il faudra plutôt lui trouver une jolie place près de la TV ou dans un meuble adapté. Même constat pour la Freebox Player qui fait office de box domotique avec des microphones intégrés et qui ne devra pas être planquée dans le tableau électrique.

Quant à leur conception, ça respire la qualité, elles affichent d’excellentes finitions.

Sur la partie supérieure de la Freebox Player se trouve un bouton pour couper les six microphones des assistants Alexa et Ok Freebox. C’est une coupure hardware, Free a été plutôt insistant concernant la protection de la vie privée de ses utilisateurs.

Pour concevoir sa box Player, Iliad s’est associé à deux spécialistes. Devialet s’est occupé des haut-parleurs de la Player, 6 au total, tandis qu’Amazon a fourni son assistant Alexa. Pour propulser le tout, Free s’est également associé à Qualcomm qui a fourni une puce Snapdragon (ARM v8 quad core). Le modèle n’est pas spécifié, mais nous avons eu la confirmation qu’il s’agit d’un Snapdragon 835, conçu initialement pour les smartphones et qui consomme donc assez peu d’énergie.

Une des nouveautés les plus intéressantes est l’effort consenti pour fournir une bonne expérience sonore : la Freebox Delta fait office d’enceinte connectée et de barre de son. Elle intègre trois haut-parleurs de graves et trois autres à haute fréquence. Et surtout… les haut-parleurs ont été conçus par Devialet qui vend des produits dédiés de son positionnés dans l’ultra haut de gamme. Dans la box Player assez encombrante, on retrouve d’ailleurs un caisson de basse qui développent 210 Watts en pointe. La forme de la box OPlayer est loin d’être le plus pratique : étant donné que cette box fait office de barre de son, il aurait été logique qu’elle ait la forme d’une barre de son. Doit-on poser cette box sur un meuble adapté ? Directement dans le meuble TV ?

Connectiques et connexions

La bonne nouvelle est l’arrivée de l’Internet hybride. Pour les abonnés xDSL, cela consiste à agréger 4G et xDSL. En fonction de la réception 4G de la Freebox Server, vous pourrez atteindre des débits de 200 Mbits/s en téléchargement et 60 Mbit/s en upload. C’est une option séduisante pour les 22 millions de foyers qui ne sont pas encore raccordés à la fibre optique, ou qui ne le seront jamais. L’Internet Hybride est inclus dans l’offre Delta, par contre ce n’est pas le cas de la Freebox One.

La Freebox Server aura par ailleurs un port 10 Gbit/s et la technologie Wi-Fi la plus performante du marché, AC 4400 MU-MIMO (tri-band). Free annonce également du NAS intégré, avec un stockage de 1 To offert. Sous la forme d’un disque dur amovible, il sera cette fois-ci la propriété des clients. Cette Freebox Server peut héberger jusqu’à 4 disques durs, ou 20 To de données, en RAID 0, 1, 5 ou 10.

La présence d’un port 10 Gbits s’explique par le fait que la Freebox Delta permet d’accéder à la fibre optique à 10 Gbits en débit descendant. Xavier Niel a tout de suite décidé de s’attaquer à ses concurrents : « Nos concurrents vont vous dire que ça ne sert à rien. Prenons un exemple concret. Vous téléchargez un fichier 10 Gbit en 4 secondes avec Free », a-t-il clamé. Il a d’ailleurs comparé ce débit à l’offre FTTla de SFR, limitée en débits descendants et ascendants.

Du côté de la TV, Free annonce l’arrivée du flux TV à 15 Mbit/s pour tous les abonnés fibre optique (même ceux qui ont la Freebox Mini 4K). Cette HD+ permet en théorie d’obtenir une image de meilleure qualité : en effet, la TNT de base offre une flux 4,3 Mbps et 4 Mbps par satellite. Chez Orange (en fibre optique), le flux proposé est de 4,2 Mbps et 9,1 Mbps en HD+. L’offre TV est d’ailleurs complète : 600 chaînes disponibles, dont 100 en replay, avec l’offre MyCanal.

La Freebox Player est compatible 4K HDR10, un partenariat avec Canal+ permettra de bénéficier de films et séries en 4K. Netflix est également de la partie, après des années de conflit, et l’abonnement Essentiel est intégré dans l’offre.

Enfin, l’offre intègre deux adaptateurs de réseau CPL que vous pouvez brancher à votre modem à l’aide d’un seul câble USB-C. Pratique, mais les performances CPL dépendent de la qualité de votre installation électrique. Notez également la présence du Bluetooth 4.1.

Interface, applications et télécommandes

La Freebox Delta intègre un système d’exploitation maison, développé par les équipes de Free. Free a choisi de s’émanciper de Google, que l’on trouvait pourtant sur la Freebox Mini 4K. Une option loin d’être économique, mais qui permet à Free de développer une vraie différence auprès de ses concurrents.

L’interface est complète et relativement sobre, elle fonctionne sous la forme de mosaïques comme ce que l’on connaît déjà sur l’interface Xbox One, Orange Livebox, mais aussi Android TV. On remarquera d’ailleurs que le Picture-In-Picture est de la partie, cela permet de naviguer dans l’interface tout en continuant à regarder son programme.

Pas de AirPlay 2, ni de fonction Chromecast, en tout cas ce n’était pas présent dans les démonstrations. La navigation dans l’interface TV ressemble à l’interface de l’application Molotov, les chaînes TV sont classées par programmes et thématiques.

L’application mobile reprend les éléments de l’interface TV, pour contrôler sa Freebox depuis un smartphone Android ou un iPhone. Cette application donne également accès à la partie domotique, dont il est question dans la partie suivante.

C’est également dans l’application que vous pourrez accéder aux fichiers stockés sur le NAS de la Freebox, mais aussi gérer votre installation réseau.

La partie maison connectée permet de contrôler les éléments de sécurité, les ampoules Philips Hue, et la domotique Somfy. Par la suite, d’autres partenariats seront intégrés au système m’a certifié l’un des responsables.

Deux télécommandes sont fournies avec la Freebox Delta, la première est innovante : c’est une télécommande tactile qui intègre un écran OLED. Elle est polyvalente, les icônes s’adaptent à l’environnement. Free mettra à disposition des API pour permettre à certaines applications de proposer une expérience sur-mesure.

Cette télécommande se charge sans fil via un module Qi sur la Freebox. Vous pourrez également poser votre smartphone Android s’il est compatible avec le charge sans fil.

La seconde télécommande est beaucoup plus classique, Free a souhaité ne pas décevoir avec une télécommande tactile et contextuelle qui peut perturber des utilisateurs moins avertis.

Une troisième télécommande est fournie pour le système de sécurité, rendez-vous dans la partie suivante.

Domotique, système de sécurité et assistant Alexa

L’offre Delta intègre tout un pack sécurité qui comprend un détecteur de mouvement (angle de 90°), un détecteur d’ouverture (de porte ou de fenêtre) et une télécommande. Ces objets utilisent les ondes radio pour communiquer avec la Freebox Server, pas d’information sur le protocole utilisé par Free. On retrouve également une caméra de sécurité dont on ne connaît presque aucun détail : l’employé Free sur place n’a pas été capable de me confirmer si cette caméra aurait la détection de visage, par exemple. Il sera possible d’acheter des accessoires supplémentaires via le site Free.

D’ailleurs, la Freebox Server intègre une sirène d’alarme de 105 dB, plutôt puissante, qui est alimentée par sa propre batterie. Si le courant est perdu, vous serez toujours averti en cas d’intrusion grâce à cette batterie et le protocole objet à objet Sigfox (intégré dans la box). D’ailleurs, Free s’est associé à AXA pour une option « Agent de sécurité » : vous pourrez demander qu’un agent de sécurité se déplace pour 2 euros par mois… 2 fois par an.

L’ensemble de la partie domotique est pilotable depuis l’interface de l’application (Android et iOS), vous pourrez également contrôler d’autres objets comme les ampoules Philips Hue ou encore la technologie domotique de Somfy (volets, prises de courant, etc.). Par la suite, d’autres objets seront compatibles, c’est ce que m’a assuré le chargé IoT chez Free.

Pour son assistant, Free s’est associé avec Amazon pour profiter de l’assistant Alexa. La Freebox Delta fait donc office d’enceinte connectée. À tout moment, vous pourrez appeler Alexa (comme sur l’Echo). L’avantage de cette intégration est la possibilité d’afficher les résultats des requêtes sur la TV directement, comme la météo ou une vidéo. Dans la box Player, on retrouve également l’assistant OK Freebox qui permet de commander sa Freebox par la voix pour effectuer une recherche multimédia ou lancer un programme. Les deux activations vocales fonctionnent donc en parallèle. On imagine que vous pourrez donc connecter les objets compatibles Alexa comme si vous aviez une enceinte Echo. Sur ce point, le chargé Internet des Objets (IoT) chez Free a refusé de me répondre.

Notez que les assistants peuvent être désactivés à tout moment, à la première configuration, mais aussi depuis les paramètres. Du côté des services musicaux, l’intégration est très complète à l’exception d’Apple Music.

Ce qui nous déçoit

Ce que cache l’intégration de Netflix

Parmi les déceptions, notons que l’abonnement Netflix pris en charge par l’abonnement Freebox est limité à l’offre Essentiel (7,99 euros par mois, 1 écran en simultané pas de HD ni de Ultra HD). Vous ne profiterez donc pas de la 4K HDR ni de la HD, deux formats pourtant pris en charge par la box. Vous pourrez toujours opter pour l’offre Netflix adaptée depuis l’interface de la Delta : vous paierez alors la différence de prix (le forfait Netflix Premium est à 13,99 euros par mois, vous paierez alors 6 euros).

LA bonne nouvelle est que si vous avez déjà un forfait Netflix, en rentrant vos coordonnés dans la Freebox Delta, vous profiterez de la ristourne tous les mois (si vous avez un ami équipé de la Delta, ça sera le moment de négocier avec lui).

Une forte augmentation du tarif de l’abonnement

Le prix fait également partie des déceptions : comme on pouvait s’y attendre, c’est un prix en nette augmentation : 49,99 euros par mois auxquels il faut ajouter 10 euros par mois (sur 48 mois) pour la Freebox Player (ou payer 480 euros cash). Si vous optez pour cette configuration, cela vous reviendra donc à 719,88 euros par an. Il ne faudra pas oublier les frais de mise en service de 99 euros pour tout nouvel abonnement.

À lire sur FrAndroid : Freebox One et Delta : forfaits, prix, options et petites lignes, on fait le point !

Si vous décidez de changer de FAI, vous restez propriétaire du Player. Cette box continuera de fonctionner avec son système audio Devialet, son assistant Alexa et les services non liés à l’abonnement Free comme Netflix.

Si vous n’avez pas besoin de tous les services de l’offre Delta, il sera sûrement plus intéressant de prendre une offre Internet low-cost et de souscrire aux services souhaités à côté. Par contre, si vous avez besoin de tous les services de la Delta, le prix de l’abonnement Freebox Delta est imbattable. La valorisation des services intégrés dépasse les 100 euros par mois, tandis que le matériel va au-delà des 1 000 euros.

Pas de lecteur Blu-ray

Il faut néanmoins souligner l’absence de lecteur Blu-ray., une décision certainement économique qui reste discutable. Le Blu-ray UHD est de plus en plus poussé par les fabricants. D’ailleurs, même si la Freebox Delta est compatible HDR 10 bits, Free n’a intégré ni le Dolby Atmos ni le Dolby Vision (format HDR propriétaire avec métadonnées dynamiques). Un choix difficilement justifiable pour les amateurs de cinéma.

De la charge sans fil standard incompatible avec l’iPhone

Notons également que la Freebox Player intègre un modèle de charge sans fil (Qi) qui permet de charger la télécommande, mais aussi n’importe quel smartphone Android compatible.

Bizarrement, l’iPhone n’a pas été cité pendant la présentation, et nous avons pu tester cette fonction avec l’iPhone de Numerama : ça ne fonctionne pas. Pourtant, l’iPhone X, iPhone 8 et 8 Plus, les XS et XS Mas, mais aussi le XR sont compatibles avec la charge sans fil Qi. Un standard qui n’est pas compatible avec tous les appareils, étrange !

 

Nos photos de la Freebox Delta

À lire sur FrAndroid : Prise en main de la Freebox One : l’argument prix ne convainc pas tant que ça