
Minisforum est l’un des fabricants chinois les plus actifs sur le marché du mini-PC, et le M2 marque l’arrivée de la nouvelle plateforme Intel Panther Lake dans son catalogue. Plateforme que l’on avait déjà croisé sur les PC portables. Au cœur de la machine, le tout récent Core Ultra 7 356H gravé en Intel 18A, accompagné d’un GPU intégré Intel Graphics et d’un NPU à 50 TOPS.
Sur le papier, c’est un mini-PC polyvalent qui veut être à l’aise sur la bureautique exigeante, l’IA locale, le serveur 24/7 et même un peu de jeu léger. Avec un boîtier de 520 grammes et des dimensions qui rivalisent avec une grosse tasse à café, il joue clairement la carte du discret et du déployable partout.
Fiche technique
| Caractéristiques | Minisforum M2 |
|---|---|
| Processeur | Intel Core Ultra 7 356H (Panther Lake, 16 cœurs / 16 threads, jusqu’à 4,7 GHz) |
| Architecture CPU | 4 P-Cores Cougar Cove + 8 E-Cores + 4 LP-E Darkmont |
| Gravure / cache | Intel 18A · 18 Mo L3 |
| GPU intégré | Intel Graphics (4 cœurs Xe3, jusqu’à 2,45 GHz, ray tracing) |
| NPU | 50 TOPS dédiés |
| Puissance IA totale | 90 TOPS (NPU + GPU) |
| Mémoire vive | 32 Go DDR5-5600 (2 × SO-DIMM, évolutif jusqu’à 128 Go) |
| Stockage | 1 To NVMe PCIe 4.0 (Kingston OM8) |
| Extension stockage | 1 emplacement M.2 2280 PCIe 4.0 libre |
| Réseau filaire | 2 × RJ-45 2,5 GbE (Realtek RTL8125D) |
| Réseau sans-fil | Wi-Fi 7 (Intel BE200), Bluetooth 5.4 |
| Connectique avant | 1 × USB4 (40 Gbps, DP Alt, PD 100 W in / 15 W out), 2 × USB-A 3.2 Gen 2, jack 3,5 mm |
| Connectique arrière | 1 × HDMI 2.1, 1 × DisplayPort 1.4, 1 × USB-A 3.2 Gen 2, 1 × USB-A 2.0, 2 × RJ-45, DC-In |
| Affichage | Jusqu’à 3 écrans 4K simultanés |
| TDP (mode équilibré) | 45 W |
| Dimensions | 130 × 127 × 50 mm |
| Poids | 520 g |
| Alimentation | Bloc externe 120 W (19 V / 6,32 A) |
| Système | Windows 11 Pro préinstallé |
| Garantie | 36 mois |
| Prix (32 Go / 1 To) | 1 119 euros |
L’exemplaire de ce test nous a été fourni par Minisforum.
Un mini-PC qui tient vraiment dans la paume
Le format est sans doute le premier argument du M2. Avec ses 130 × 127 × 50 mm et seulement 520 grammes sur la balance, on est sur un des mini-PC les plus compacts qui embarquent un processeur 16 cœurs. Le boîtier reste plus volumineux qu’un mini-PC type Lunar Lake (un GMKtec NucBox K13 fait par exemple 506 g pour un châssis plus plat), mais l’écart est faible compte tenu de la différence de plateforme.

La construction repose sur un châssis principalement en plastique gris mat, sobre, avec quelques aérations latérales pour évacuer la chaleur.

La finition est correcte sans être luxueuse, ce qui se défend au regard du positionnement tarifaire. Pour ceux qui veulent caler la machine derrière un écran, un support VESA est compatible, et un kit de fixation est fourni dans la boîte.

Du côté des connectiques, Minisforum a fait un travail propre. En façade, on trouve un port USB4 (très pratique, ce qui n’est pas systématique sur les mini-PC), deux USB-A 3.2 Gen 2 et un jack 3,5 mm. À l’arrière, un HDMI 2.1, un DisplayPort 1.4, un USB-A 3.2 Gen 2, un USB-A 2.0, deux ports Ethernet 2,5 GbE et l’entrée d’alimentation. Le double 2,5 GbE est surtout utile pour les utilisateurs qui envisagent un usage NAS, routeur logiciel ou serveur domestique.

Trois sorties vidéo permettent de brancher jusqu’à trois écrans 4K simultanés (HDMI 2.1 jusqu’à 4K 60 Hz, DisplayPort 1.4 jusqu’à 4K 144 Hz, USB4 jusqu’à 4K 144 Hz). Pour un usage bureautique avancé ou multi-moniteur, c’est largement suffisant. Je trouve que la présence d’un USB4 en façade plutôt qu’à l’arrière est un confort réel pour brancher un écran portable, un dock ou un SSD externe rapidement.
Le bloc d’alimentation externe de 120 W reste discret pour cette puissance, et le système intègre un bouton de réinitialisation CMOS ainsi qu’un verrou Kensington.

Mémoire et stockage : pensez à l’évolution
Le M2 propose deux slots SO-DIMM DDR5 et deux emplacements M.2 2280 PCIe 4.0, ce qui est généreux pour ce format. La configuration testée embarque une seule barrette de 32 Go DDR5-5600, ce qui place la machine en mono-canal. C’est à savoir avant de craquer : ajouter une seconde barrette identique active le dual channel et libère sensiblement les performances, surtout côté GPU intégré qui partage la bande passante mémoire.

Côté stockage, un seul des deux slots NVMe est occupé d’origine, avec un Kingston OM8 de 1 To. L’emplacement libre accepte un second SSD PCIe 4.0 au format 2280, le format le plus standard, contrairement au slot 2230 plus rare que l’on trouve sur certains concurrents. Pour qui veut bâtir une machine NAS ou un serveur de fichiers, c’est un point fort.

Performances : Panther Lake convainc, le GPU reste modeste
Je vous avoue que j’étais content de tester mon premier Panther Lake. J’ai poussé la machine sur les benchmarks habituels, en croisant Geekbench, Cinebench, des outils Windows intégrés (winsat) et DiskSpd pour le stockage. Vous le verrez, sur le CPU et le stockage, le M2 est très convaincant. Sur le GPU intégré, c’est plus en retrait, mais ce n’est pas la cible principale de cette configuration.
Récapitulatif des benchmarks
| Benchmark | Score obtenu |
|---|---|
| Geekbench 6 – Single-Core | 2 636 |
| Geekbench 6 – Multi-Core | 11 282 |
| Geekbench 6 – Vulkan (iGPU) | 20 150 |
| Cinebench 2026 – CPU Single | 484 |
| Cinebench 2026 – CPU Multi | 4 135 |
| Cinebench 2026 – MP Ratio | 8,55× |
| winsat – Chiffrement AES256 | 17 040 Mo/s |
| winsat – Compression LZW | 1 489 Mo/s |
| winsat – Bande passante mémoire | 60,3 Go/s |
| DiskSpd – Lecture séquentielle (1M QD8) | 4,81 Go/s |
| DiskSpd – Écriture séquentielle (1M QD8) | 5,15 Go/s |
| DiskSpd – Lecture aléatoire 4K | 270 372 IOPS |
| DiskSpd – Écriture aléatoire 4K | 110 519 IOPS |
| Wi-Fi 7 (iperf3 TCP) | 1,20 Gbit/s |
| Bruit en pleine charge (1 m) | 43,8 dB(A) |
CPU : Panther Lake fait honneur à ses promesses
Le Core Ultra 7 356H utilise la nouvelle architecture Panther Lake gravée en Intel 18A. Il combine 4 cœurs Cougar Cove performance, 8 cœurs E-Cores classiques et 4 cœurs LP-E Darkmont à très basse consommation, pour un total de 16 cœurs et 16 threads sans Hyper-Threading. La fréquence boost grimpe à 4,7 GHz sur les P-Cores.
Sur Geekbench 6, j’obtiens 2 636 points en single-core et 11 282 points en multi-core. Sur Cinebench 2026, c’est 484 points en single et 4 135 points en multi, avec un ratio MP de 8,55x. Ce sont d’excellents chiffres pour un processeur 45 W : le multi-core rivalise avec certains chips de portables haut de gamme à 60 W, et le mono-core est très solide grâce à l’architecture Cougar Cove. Les tests winsat confirment la réactivité de la puce : 17 040 Mo/s en chiffrement AES256 et 1 489 Mo/s en compression LZW.

Côté endurance, le comportement thermique est exemplaire. Sous charge soutenue 16 threads, le CPU tient sa fenêtre turbo PL2 pendant environ 28 secondes (à ~208 % de la fréquence de base), puis se stabilise sur un palier PL1 autour de 180 % sans aucun déclin thermique sur les 90 secondes suivantes.

Autrement dit : le ventilateur encaisse, il n’y a pas de throttling, et la machine peut tourner en charge prolongée sans dégradation des performances.
GPU intégré : le maillon faible, et il faut le savoir
C’est là qu’il faut être lucide sur le positionnement du M2. Le Core Ultra 7 356H n’embarque que 4 cœurs Xe3, soit l’entrée de gamme de la nouvelle génération graphique Intel. Sur Geekbench 6 Vulkan, le score atteint 20 150 points, ce qui est tout à fait honorable pour un iGPU de cette taille, mais sans commune mesure avec les variantes X7 (Ultra X7 358H) ou X9 (Ultra X9 388H) qui embarquent 12 cœurs Xe3 sous la dénomination Arc B390. L’écart de puissance graphique entre les deux familles est d’environ trois fois.
| Modèles | M2 (Ultra 7 356H – testé) | X7 (Ultra X7 358H) | X9 (Ultra X9 388H / M2 Pro) |
|---|---|---|---|
| Cœurs / Threads | 16C / 16T | 16C / 16T | 16C / 16T |
| Fréquence boost max | 4,7 GHz | 4,8 GHz | 5,1 GHz |
| iGPU | Intel Graphics 4 Xe3 | Arc B390 (12 Xe3) | Arc B390 (12 Xe3) |
| Mémoire | DDR5 SO-DIMM 5600 | DDR5 SO-DIMM 5600 | LPDDR5X-9600 (soudée) |
| 3DMark Time Spy (GPU) | 3 013 points | 6 830 points | 7 271 points |
Pour du gaming, le M2 dans cette configuration est limité aux titres légers, à l’émulation rétro, aux jeux indé. Le 1080p est jouable sur des titres peu exigeants ou anciens, mais oubliez les AAA modernes en réglages élevés. La configuration mono-canal pénalise encore davantage l’iGPU, qui dépend de la bande passante mémoire pour ses calculs. Ajouter une seconde barrette de RAM apporte ici un vrai gain, Minisforum lui-même annonce environ 31 % de score GPU supplémentaire en passant en dual channel.

Côté sortie vidéo en revanche, l’ensemble est très solide pour de la bureautique multi-écrans, du HTPC ou de la lecture vidéo 4K avec décodage AV1 matériel. C’est un point à garder en tête : le M2 n’est pas une machine de jeu, mais c’est un excellent client pour un poste de travail multi-moniteur.
SSD : du PCIe Gen4 propre et constant
Le Kingston OM8 de 1 To livré d’origine offre de vraies performances PCIe Gen4. Sur DiskSpd en charge non bufferisée (write-through), je relève 4,81 Go/s en lecture séquentielle 1M QD8 et 5,15 Go/s en écriture, avec 270 372 IOPS en lecture aléatoire 4K et 110 519 IOPS en écriture. Les latences moyennes restent contenues (0,33 ms en lecture aléatoire 4K), ce qui est très bon pour un SSD grand public.

Ce n’est pas le SSD le plus rapide du marché, mais il est largement suffisant pour de la bureautique exigeante, du montage léger, du multitâche et même de l’inférence IA locale où les modèles doivent être chargés en mémoire. Et il reste possible d’ajouter un second NVMe au format 2280 dans le slot libre.

Mémoire et réseau : du très bon, sauf le mono-canal
Sur la mémoire, winsat mesure 60,3 Go/s en bande passante. C’est une valeur correcte mais qui peut presque doubler en passant au dual channel, un argument supplémentaire pour investir dans une seconde barrette. C’est valable pour le CPU sur certaines charges, mais surtout déterminant pour l’iGPU.
Côté Wi-Fi 7, le module Intel BE200 négocie un lien à 2,2 Gbps sur 320 MHz, et iperf3 mesure un débit réel TCP de 1,20 Gbit/s sans fil. C’est un excellent chiffre qui dépasse même la capacité d’un Ethernet Gigabit filaire. Avec les deux ports 2,5 GbE en complément, la connectivité réseau est l’un des gros points forts du M2, particulièrement pertinent pour un usage NAS ou serveur logiciel.
IA locale : 90 TOPS de puissance disponible
Le M2 est certifié Copilot+ PC grâce au NPU intégré au Core Ultra 7 356H, qui délivre 50 TOPS à lui seul. En cumulant NPU et GPU, on atteint 90 TOPS de puissance IA totale. C’est largement suffisant pour exécuter localement les fonctions IA intégrées à Windows 11 (sous-titres en direct, Recall, Cocreator) ainsi que des modèles de langage open source jusqu’à plusieurs milliards de paramètres.
Minisforum revendique par exemple 22,25 tokens par seconde sur un modèle Gemma-4-26B-A4B en génération de texte. Pour de l’inférence locale avec Ollama, LM Studio ou des modèles Stable Diffusion légers, la machine est tout à fait crédible, d’autant plus si vous montez la RAM à 64 ou 128 Go pour gérer les gros modèles quantifiés.
Chauffe et bruit : 43,8 dB, et zéro throttling
Avec un sonomètre à un mètre de distance, je mesure 43,8 dB en pleine charge soutenue. C’est très silencieux pour un mini-PC qui pousse 16 threads à fond, et la soufflerie reste feutrée sans pic agressif. En usage bureautique courant, le ventilateur tourne très doucement, et la machine se fait oublier dans un environnement de travail normal. C’est un excellent comportement, parfaitement compatible avec un usage 24/7, en salon ou dans une pièce calme.
Côté thermique, le comportement est tout aussi rassurant. Comme vu plus haut, le CPU tient son palier PL1 sans aucun déclin sur 90 secondes de charge continue. Le refroidissement à double caloduc avec matériau à changement de phase et ventilateur centrifuge fait correctement son travail. Aucune surchauffe constatée, même en stress test prolongé.
M2 (356H) vs X7 et X9 : quelle variante choisir ?
Minisforum propose le M2 dans plusieurs configurations CPU. Voici comment se situe la version testée par rapport aux deux paliers supérieurs.
| Modèles | M2 (Ultra 7 356H – testé) | X7 (Ultra X7 358H) | X9 (Ultra X9 388H / M2 Pro) |
|---|---|---|---|
| Cœurs / Threads | 16C / 16T | 16C / 16T | 16C / 16T |
| Fréquence boost max | 4,7 GHz | 4,8 GHz | 5,1 GHz |
| iGPU | Intel Graphics 4 Xe3 | Arc B390 (12 Xe3) | Arc B390 (12 Xe3) |
| Mémoire | DDR5 SO-DIMM 5600 | DDR5 SO-DIMM 5600 | LPDDR5X-9600 (soudée) |
| 3DMark Time Spy (GPU) | 3 013 points | 6 830 points | 7 271 points |
L’écart entre les trois versions se joue essentiellement sur la partie graphique. Les X7 et X9 passent de 4 à 12 cœurs Xe3 sous l’appellation Arc B390, ce qui multiplie environ par trois la puissance GPU et permet de jouer en 1080p à des réglages corrects. Le X9 ajoute en plus un CPU légèrement plus rapide (5,1 GHz au lieu de 4,7) et de la LPDDR5X-9600 soudée qui offre une bande passante bien supérieure.
En clair : si vous n’avez pas besoin de jouer ou d’accélération GPU intensive (montage vidéo lourd, GPU compute), le M2 en version 356H est largement suffisant et plus économique. Si le GPU compte pour vous, le pas en avant vers le X7 ou le X9 est justifié.
Prix et disponibilité
Le Minisforum M2 est disponible directement sur le site officiel de la marque ainsi que sur les principales plateformes marchandes. La configuration testée (Core Ultra 7 356H, 32 Go de RAM, 1 To de SSD) est affichée à 1 119 euros (sur Amazon également, pensez à cocher la remise). Une version 16 Go / 1 To existe aussi, à un tarif inférieur (599 €), et un kit barebone sans RAM ni SSD est proposé pour ceux qui veulent monter leur propre configuration.
À ce prix, le M2 est un candidat très sérieux face à des mini PC concurrents AMD comme le Geekom A9 Max 2026 Edition, plus puissant côté CPU et GPU mais aussi nettement plus cher. Le positionnement de Minisforum est cohérent : un peu moins de muscle brut, mais un format plus compact, un Wi-Fi 7 au top et un excellent silence de fonctionnement.
Vous pouvez également retrouver notre guide des meilleurs mini PC à cette adresse.
Pour aller plus loin
Meilleurs mini PC en 2026 : quelle machine choisir pour votre bureau ?
Certains liens de cet article sont affiliés. On vous explique tout ici.


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