
Boox, qui appartient à la société Onyx, est une marque chinoise qui a été une des premières à imposer le concept de « tablette E Ink sous Android ». Ici, pas de système propriétaire, vous pouvez installer, via le Play Store, n’importe quelle application. Cela rend ce type de produit, mi-liseuse, mi-tablette, bien plus polyvalent qu’un carnet numérique avec un environnement fermé.
Pensée pour lire des articles, des ebooks, prendre des notes à la main ou encore naviguer sur internet, cette tablette E Ink couleur à la croisée des chemins tient-elle ses promesses ? Nous l’avons testée pendant plusieurs semaines, voici notre avis et retour d’expérience.
Fiche technique
| Modèle | Onyx Boox Note Air6 C |
|---|---|
| Dimensions | 192 mm x 5,8 mm |
| DPI | 300 ppp |
| Stockage extensible | microSD |
| Mémoire interne | 64 Go |
| Type de connecteur | USB Type-C |
| Poids | 440 g |
| Couleur | Noir |
| Apparence | Metal |
| Fiche produit |
Design
C’est un vrai coup de cœur au déballage de la tablette. La Note Air 6C rassemble, à mon sens, tout ce qu’il faut et tout ce qu’on attend d’un bloc-notes numérique.

Son châssis en aluminium est particulièrement réussi, tant pour la qualité des finitions et du matériau que pour le design. J’apprécie tout particulièrement la bordure plus large à gauche, qui permet de la tenir confortablement et naturellement. Le liseré orange qui traverse le dos de la tablette donne un vrai style en rappelant l’élastique présent sur certains carnets.

La tablette mesure 225 x 192 mm pour 5,8 mm d’épaisseur, et pèse 440 grammes. En main, elle est un peu lourde, et ça ne s’arrange pas quand on ajoute l’étui de protection. Mieux vaut la poser sur un support. Le format 10,3 pouces est idéal, assez grand pour avoir la place de prendre des notes sans écrire en minuscule, et assez petit pour rentrer dans un sac, même à main. Malheureusement, le châssis n’est pas étanche.
Deux petits haut-parleurs sont présents sur la tranche gauche. Leur son est assez logiquement criard, mais ils ont une certaine puissance et suffisent pour écouter un livre audio ou un podcast. Sur la même tranche, on trouve aussi le port USB-C, le micro, ainsi que l’emplacement pour carte microSD, qui permet d’augmenter le stockage.
Sur la tranche supérieure se trouve le bouton de verrouillage. Ce dernier intègre un lecteur d’empreintes (d’une efficacité relative). À droite se situent les boutons + et – pour le volume, ainsi que l’emplacement où s’aimante le stylet.
Ce stylet est de très bonne facture, avec un bon format, un bon poids, et un revêtement mat qui l’empêche de glisser entre les doigts. Il est livré avec un petit bouchon en caoutchouc qui a la fâcheuse tendance à glisser et qui risque de se perdre très facilement – je ne suis pas convaincue de sa pertinence.

À l’autre extrémité, en haut du stylet, trois mines supplémentaires sont rangées dans le corps : il suffit de tirer au niveau du clip pour les libérer.
Il ne possède malheureusement pas de gomme : heureusement, il existe plusieurs outils logiciels intégrés pour pallier cela.
Écran
La Note Air6 C possède un écran E Ink couleur Kaleido 3 de 10,3 pouces, capable d’afficher 4 096 couleurs. Sa définition de 2 480 x 1 860 pixels offre une résolution de 300 ppi en noir et blanc, ce qui est standard. En couleur, cela tombe à 1 240 x 930 pixels (150 ppi).

Pour un écran E Ink couleur, sa saturation est plutôt bonne. Les couleurs ne sont donc pas trop délavées (encore une fois, pour un écran E Ink), ce qui rend la lecture de bandes dessinées agréable. On peut notamment comparer avec l’écran du Kindle Scribe Colorsoft : on voit que la saturation est meilleure et que les teintes sont plus chaudes sur l’écran de la Note Air6 C (à droite sur la photo). Le rendu est plus vibrant.
En revanche, le noir et blanc est un peu moins réussi, le fond blanc tirant trop sur le gris, avec des noirs assez peu profonds : bref, des contrastes un peu faiblards. Rien de dramatique non plus, sans compter que c’est un problème récurrent sur les écrans E Ink couleur, notamment le Kaleido 3. Ce manque de contraste rend l’éclairage frontal quasi indispensable en permanence, ce qui pèse sur l’autonomie.
Cet éclairage frontal est d’ailleurs de bonne qualité, et on apprécie le réglage de sa température, du plus froid au chaud carrément jaune. Un mode Nuit est également intégré.
Qu’en est-il de la rémanence (aussi appelée ghosting) ? Cet effet propre aux écrans E Ink correspond à la persistance d’une ancienne image en arrière-plan. Il est effectivement présent sur la Boox, mais reste limité et ne m’a que peu dérangée. Le rafraîchissement complet de l’écran, qui efface ces traces, peut être déclenché à chaque appui ou seulement tous les 30 appuis.
Petit point d’attention : si vous avez acheté la tablette avec l’étui officiel, prenez garde, quand vous utilisez la Boox, à la petite pièce amovible qui sert à maintenir le stylet en place sur le côté de la tablette. Cette pièce est aimantée. Or il faut éviter de l’aimanter à l’arrière de la tablette pour la faire tenir quelque part quand l’étui est ouvert, sous peine d’avoir des surprises… En effet, l’aimant risque de perturber la couche qui détecte le stylet, ce qui crée, à l’endroit où l’aimant est placé, une zone « blanche » non utilisable au stylet. Si cela vous arrive, il suffit de redémarrer la tablette.
Performances du stylet
Le revêtement de l’écran est mat et doux, en bord à bord. Ainsi, la sensation d’écriture est plutôt « molle », bien plus que sur les reMarkable, qui ont des stylets avec des mines plus fermes, et un écran plus granuleux. Le rendu est ainsi plus proche de celui d’un Kindle Scribe. Sur la Boox, la mine glisse facilement sur l’écran, la sensation d’écriture est agréable, et la réactivité est très bonne. La sensibilité est assez classique (4 096 niveaux de pression).
Performances et fonctionnalités
À l’intérieur, on trouve un processeur huit cœurs gravé en 4 nm (jusqu’à 2,9 GHz), et tout de même 6 Go de RAM, ce qui permet à la Boox d’être plutôt véloce. Globalement, on a affaire à une tablette suffisamment fluide au quotidien. Le stockage interne de 64 Go est un peu léger, mais il peut être étendu jusqu’à 2 To via une carte microSD. Un port USB-C permet la recharge.
Côté connectivité, on trouve du Wi-Fi double bande et du Bluetooth 6.0.
Logiciel
La Note Air6 C tourne sous Android 16 avec le Google Play Store intégré. Notez qu’à la première configuration de la tablette, vous n’êtes pas obligé de créer un compte Boox.
La surcouche de Boox, basée sur Android 16, est très polyvalente, mais elle a un revers : une certaine complexité. L’interface est claire, mais tout de même plutôt chargée, de même que le menu Paramètres, ce qui surprend au début. Personnellement, cela me plaît bien. Il faut un peu de temps pour explorer tout cela et mettre en place ses réglages favoris, télécharger ses applications préférées… Les possibilités sont nombreuses. En tout cas, rien d’insurmontable, et Boox a fait son possible pour mettre des raccourcis clairs.
La personnalisation est bien plus poussée que chez la concurrence, et c’est vraiment agréable. Chose tout bête, on peut par exemple choisir un fond d’écran, un économiseur d’écran ou encore la police système. En outre, la navigation se fait au choix par gestes, comme sur les smartphones récents, ou bien via de classiques boutons en bas de l’écran pour le retour, le menu, etc. L’utilisateur a toujours le choix.

Tout ce qui est rafraîchissement d’écran, colorimétrie, lissage, est également réglable, via un petit menu dédié. Ces réglages peuvent aussi être définis application par application.
Sur la barre de notification se trouve un menu de réglages rapides (le « Centre de commandes »), avec plusieurs tuiles ainsi que les curseurs pour régler l’éclairage. On trouve aussi un Mode Enfant.

Plusieurs applications sont installées de base, dont des outils de productivité classiques que l’on retrouve normalement sur un smartphone : la calculatrice, les fonctions Horloge avec réveil et minuteur, ou encore le microphone. Les enregistrements produits sont d’une qualité basique mais utilisable. Idem pour les haut-parleurs : si la qualité de la signature audio n’est pas exceptionnelle, ils ont tout de même suffisamment de coffre pour vous permettre d’écouter un extrait audio ou un enregistrement sans souci.

Enfin, parlons de la grande force des Boox : la présence du Play Store de Google, qui change tout. Vous pouvez ainsi installer toutes vos apps préférées. Pratique pour lire de la presse, des fichiers partagés, ou vos ebooks et bandes dessinées. Installez l’application Kindle, et reprenez votre lecture là où vous l’aviez laissée. Avec le Play Store, vous avez aussi bien entendu accès à la suite Google : Google Drive, Gmail, Docs… tout ceci est bien pratique pour consulter et synchroniser vos fichiers.
En matière de partage et synchronisation de fichiers, Boox met aussi à disposition des outils maison, comme BOOXDrop, qui permet d’envoyer et recevoir des fichiers depuis la tablette, notamment via le site Boox ou un QR Code.
Prises de notes et fonctions IA
L’application native « Notes » permet de créer des carnets de notes. Elle est très complète, et très simple à prendre en main. Plusieurs modèles de pages sont proposés, des carreaux simples aux partitions, en passant par des calendriers. L’outil de sélection de l’instrument d’écriture est très précis, avec une largeur de ligne réglable. On a le choix entre le stylo à bille, le stylo plume, le pinceau, le crayon à papier et le marqueur. 16 couleurs sont à disposition. La gomme peut être utilisée de différentes façons, en trait, en lasso… ou même en gribouillant avec le stylet, comme si vous rayiez un mot. L’exclusion de la paume est parfaitement efficace, je n’ai jamais eu de soucis.

Une barre d’outils latérale propose de gérer des calques, de créer des formes (traits, flèches, cubes, triangles,…), ou encore d’ajouter des liens ou des images. Une touche « AI » vous permettra de transcrire les notes manuscrites en texte dactylographié. Sur plusieurs essais, l’IA a fait peu de fautes de transcription, ces dernières étant imputables à la qualité de mon écriture manuscrite.
À propos d’IA, Boox propose une application nommée « Assistant IA ». Il s’agit d’un agent conversationnel classique, basé au choix sur OpenAI ou Gemini.
Lecture et annotation d’ebook
La tablette ouvre une vingtaine de formats de documents, du PDF à l’EPUB en passant par le MOBI, le CBZ ou le DJVU. Le lecteur d’ebook intégré, NeoReader, est hyper complet sur ses fonctionnalités. En plus de pouvoir annoter au stylet, tout peut être modifié, de la police à l’arrière-plan. Vous pouvez aussi scinder l’écran pour afficher simultanément un autre document ou un fichier de note, activer une minuterie pour tourner automatiquement les pages, ou encore lancer une lecture vocale.

NeoReader peut être synchronisé à des services tels que Google Drive, Dropbox, OneDrive, Evernote, etc., pour accéder directement à vos documents.
Autonomie
La Note Air6 C dispose d’une petite batterie de 3 700 mAh. Comme toutes les tablettes sous Android, elle se décharge lentement toute seule en veille : cela peut créer de mauvaises surprises si vous ne l’utilisez pas pendant un certain temps.
L’autonomie est fortement liée à la puissance de l’éclairage, à la fréquence de rafraîchissement ainsi qu’à l’activation du Wi-Fi. Dès que vous le pouvez, pensez donc à passer en mode Avion, cela vous économisera quelques pourcentages de batterie.
En pratique donc, vous pouvez compter sur environ une semaine d’autonomie ; un peu plus si vous prenez garde aux points cités juste au-dessus, et un peu moins si vous l’utilisez beaucoup. À voir si l’autonomie pourrait être améliorée à l’avenir via des mises à jour logicielles.
Côté recharge, qui se fait via le port USB-C, la tablette a mis 1 h 30 pour passer de 10 à 100 % avec un bloc secteur de 40 watts, ce qui est plutôt une bonne performance pour ce type de produit.
Prix et disponibilité
La Boox Note Air6 C est vendue 579,99 euros en un seul coloris (noir), avec son stylet Pen3. Son rapport qualité/prix est compétitif sur ce marché. Si vous la commandez sur le site officiel de Boox, l’étui de protection en tissu est fourni sans supplément : un bon point, vu le prix habituel des accessoires. Boox vend aussi en complément un clavier physique à 109,99 euros.
Les principaux concurrents à la Note Air6C sont la reMarkable Paper Pro (649 euros), la Kindle Scribe Colorsoft (649 euros), et tout simplement sa prédécesseuse, la Boox Note Air5 C, qui est moins chère (528 euros).
Certains liens de cet article sont affiliés. On vous explique tout ici.



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