« Un véritable chaos » : Barcelone va bannir les vélos électriques en libre-service

 
Barcelone n’accueillera plus de vélos électriques en libre-service privés. Sept opérateurs, dont Lime et Voi, vont perdre leur licence fin 2026, a annoncé le maire de la ville catalane.
Source : Manuel Torres Garcia via Unsplash

Le maire de Barcelone, Jaume Collboni, l’a annoncé jeudi matin sur les ondes de Catalunya Ràdio : la ville ne renouvellera pas les licences des sociétés qui exploitent les vélos électriques en libre-service. Sept marques sont concernées : Lime, Bird, Voi, Bolt, Cooltra, RideMovi et Smart Cycles. Leurs licences expireront le 31 décembre 2026, ce qui veut dire qu’à partir du 1er janvier 2027, ces vélos ne circuleront plus dans la capitale catalane.

À eux sept, ces opérateurs cumulent 3 478 vélos dans la ville. La justification du maire tient en un mot : ce type de service est devenu un « véritable chaos ». « La ville doit impérativement protéger l’espace public », a défendu Collboni. Selon lui, malgré plusieurs réunions avec les sociétés, les nuisances persistent.

Des chiffres qui expliquent la décision

Pour appuyer son propos, la mairie a communiqué quelques chiffres. Depuis janvier de l’année dernière, le conseil municipal a infligé 5 413 amendes aux sept sociétés. Rapporté aux 3 478 vélos en service, cela fait en moyenne une amende et demie par engin.

vélo barcelone
Source : J Shim via Unsplash

Dans le même temps, la fourrière a dû enlever 2 099 vélos mal garés depuis début 2025, et la ville a reçu 4 443 plaintes d’habitants pour stationnement gênant. La plupart viennent des quartiers les plus touristiques : Ciutat Vella, Eixample et Sant Martí.

Fin 2024, en attribuant les nouvelles licences aux opérateurs, le conseil municipal avait pourtant imposé aux entreprises une meilleure gestion du stationnement. D’après la mairie, les opérateurs s’étaient dits prêts à jouer le jeu, mais cet accord n’a visiblement jamais été appliqué.

Autre argument avancé par la mairie : ces vélos servent surtout aux touristes. Selon le conseil municipal, seuls 10 % des utilisateurs résident en réalité à Barcelone. C’est l’un des reproches majeurs faits à ces flottes privées, qui auraient aussi fragilisé les loueurs de vélos traditionnels des quartiers touristiques.

Bicing pour reprendre la main

Pour combler cet arrêt, Collboni a annoncé que la mairie ferait grossir sa flotte Bicing, son propre service de vélos en libre-service lancé en 2007. La grosse différence avec Lime et les autres, c’est que Bicing fonctionne par abonnement et reste réservé aux résidents de Catalogne.

barcelone vélo
Source : M. R. via Unsplash

Cette décision ne fait pas l’unanimité. Henk Swarttouw, président de la Fédération européenne des cyclistes, s’est dit « très déçu » dans un message publié sur LinkedIn, relayé par Road.cc. Pour lui, supprimer ces flottes va à rebours de ce qui se fait ailleurs en Europe, où le vélo partagé est de plus en plus intégré aux réseaux de mobilité, et alors même que Barcelone accueille le départ du Tour de France cet été…

Au final, Barcelone se sépare d’un parc privé jugé ingérable au profit d’un système public qu’elle pense mieux maîtriser.


Tous nos bons plans directement sur WhatsApp. Rejoignez Frandroid Bons Plans, zéro spam garanti.

Recherche IA boostée par
Perplexity