
Jusqu’ici, les satellites qui montaient à bord de Starship n’étaient que des maquettes, des blocs de métal lestés pour simuler la charge. Cette fois, SpaceX passe aux vrais.
Pour son 13e vol d’essai, l’entreprise prévoit de larguer 20 satellites Starlink V3, la nouvelle génération qui doit muscler le réseau. Le décollage est visé pour le jeudi 16 juillet à 18h30 heure de l’Est, soit un peu après minuit en France.
C’est un moment très attendu. SpaceX a profité de son entrée en Bourse pour tout miser sur ces satellites V3 : 10 millions d’abonnés revendiqués et la promesse du gigabit. Chaque V3 pèse environ 2 000 kilos, plus de trois fois un V2 Mini actuel. Aucun Falcon 9 ne peut les emporter de manière rentable. Ils ne volent que sur Starship, ce qui explique pourquoi SpaceX pousse autant sa fusée géante.


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Le gigabit, mais pas encore pour vous
En théorie, le saut est énorme. Chaque satellite V3 vise environ 1 térabit par seconde en descente, soit plus de dix fois un V2 Mini. Pour le réseau entier, SpaceX estime qu’un seul lancement Starship chargé à bloc ajoute 20 fois la capacité d’un tir Falcon 9 classique.
Cela veut dire moins de saturation dans les zones congestionnées et, à terme, du gigabit à la maison. Attention toutefois : profiter de ces vitesses supposera de changer d’antenne, l’actuelle ne suffira pas. Et ce vol reste un test : les 20 satellites du jour sont une première salve qui précède le déploiement commercial. Le vrai remplissage de la constellation V3 est attendu pour la seconde moitié de 2026.
Vingt de ces satellites tenteront déployer leurs panneaux solaires et leurs antennes, puis de se connecter à des stations au sol en Afrique du Sud et au reste de la constellation via des liaisons laser. Six d’entre eux ont été bricolés avec des caméras pour un tout autre usage : photographier le bouclier thermique de Starship. C’est le point faible historique de la fusée, celui qui l’empêche encore de revenir se poser intacte après la réentrée atmosphérique. SpaceX a même peint en blanc plusieurs tuiles pour simuler des tuiles manquantes et donner des cibles aux caméras.
Corriger les ratés du vol 12
Ce vol doit aussi effacer les couacs du précédent. Le 12e essai, en mai, marquait les débuts du matériel V3. Un moteur Raptor de l’étage supérieur s’était éteint trop tôt pendant la montée ; l’ordinateur de bord avait rattrapé le coup en prolongeant la poussée des autres moteurs. SpaceX annonce des changements matériels sur le système de propulsion pour régler ce problème, une séquence de séparation plus solide pour éviter que le premier étage ne dévie, et une logique d’alerte moteur revue. Le booster, lui, visera un amerrissage contrôlé dans le golfe du Mexique.
L’enjeu dépasse le seul vol d’essai. Starlink représente l’essentiel des revenus de SpaceX, et c’est cet argent qui finance le développement de Starship. La firme d’Elon Musk avance sur tous les fronts en même temps : elle veut aussi lancer une offre mobile Starlink et a même dévoilé un datacenter conçu pour flotter en orbite. Pendant ce temps, la concurrence s’organise : le Conseil d’État vient d’autoriser Amazon Leo à déployer son Internet par satellite en France.
Pour l’abonné Starlink, ce vol ne change rien tout de suite : le gigabit n’arrivera qu’avec une constellation V3 remplie et une nouvelle antenne. Mais si les 20 satellites se déploient et si les caméras livrent de bonnes images du bouclier, SpaceX aura franchi une étape concrète vers le réseau qu’il promet depuis des mois.
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