Google écope de 890 millions d’euros d’amende, un record pour le DMA européen

L'Europe applique sa loi

 
L’Union européenne a infligé jeudi 890 millions d’euros d’amendes à Google, la sanction la plus lourde jamais prononcée au titre du DMA.
Google dans le collimateur de la Commission européenne // Source : Montage Frandroid

Ce jeudi 23 juillet 2026, la Commission européenne a sanctionné Google deux fois d’un coup. 460 millions d’euros pour avoir favorisé ses propres services dans les résultats de Google Search, 430 millions pour avoir bridé les développeurs sur le Google Play Store, son magasin d’applications. Au total, 890 millions d’euros, la plus lourde amende jamais prononcée au titre du règlement sur les marchés numériques, le fameux DMA.

Le reproche le plus parlant vise le Google Play Store. Google y interdisait aux développeurs d’orienter leurs clients vers d’autres canaux, souvent moins chers que le passage par sa boutique. Concrètement, un éditeur d’application ne pouvait pas glisser à ses utilisateurs qu’un abonnement revenait moins cher ailleurs.

Pour Bruxelles, ce verrouillage prive le consommateur d’un choix et fausse la concurrence. Henna Virkkunen, vice-présidente de la Commission chargée du numérique, y voit une décision « très importante », censée « garantir un terrain de jeu équitable » entre plateformes.

L’Europe ne fait plus de cadeaux

Cette amende n’arrive pas seule. En septembre 2025, Google avait déjà écopé de 3 milliards d’euros pour abus de position dominante dans la publicité en ligne. Le 2 juillet 2026, la justice européenne a définitivement confirmé une autre sanction, 4,125 milliards d’euros cette fois, pour avoir imposé ses applications via Android. Il s’agissait d’un dossier en cours depuis 2016. Le DMA change surtout la méthode : il permet à Bruxelles d’agir en amont, sans attendre des années de procédure contentieuse.

Reste que cette fermeté a un coût diplomatique. L’administration Trump accuse l’Europe de viser les champions américains du numérique. Cette semaine, 25 parlementaires républicains ont écrit à Donald Trump pour réclamer des représailles si l’UE continuait d’appliquer le DMA. Bruxelles, pour l’instant, ne bouge pas.

En assumant la sanction la plus lourde de l’histoire du DMA, l’Europe rappelle que sur son sol, ce sont ses règles qui s’appliquent, y compris aux entreprises les plus puissantes de la planète. Google fera sans doute appel. La bataille est désormais autant politique que juridique.


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