WeChat banni : le ministère américain de la Justice fait appel de la non-interdiction

 

WeChat vs Donald Trump : le dossier reprend du galon. Après la levée de l'interdiction décidée par un juge californien contre l'avis de l'administration américaine, c'est le ministère de la Justice qui vient faire appel... de l'interdiction d'interdire.

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WeChat // Source : Unsplash – Markus Winkler

C’est le nouveau feuilleton à rebondissements outre-Atlantique. WeChat va-t-il disparaître des plateformes de téléchargement américaines ? Son sort est entre les mains de la justice et on ne peut pas vraiment dire que ce soit clair comme de l’eau de roche.

L’administration Trump a déclaré que l’application chinoise –à la fois messagerie, service de paiement, d’achat, d’information…– présentait un risque pour la sécurité des utilisateurs américains. Comme TikTok, elle fait partie de ses services dans le collimateur du gouvernement américain qui veut les bloquer et expulser l’application des Google Play Store et autres Apple App Store.

La réponse du berger à la bergère

Cependant, la décision de Washington a été mise à mal par un tribunal californien saisi par des utilisateurs. Le 19 septembre dernier, la juge Laurel Beeler avait rendu une injonction empêchant l’administration d’interdire WeChat aux Etats-Unis, la veille de la date butoir fixée par Donald Trump pour le retrait de l’app.

Vendredi, nouvel acte et réplique. Le gouvernement fédéral a fait appel de l’injonction préliminaire. L’appel a été interjeté devant la Cour d’appel des États-Unis. Et la situation se retrouve de nouveau bloquée, l’avenir de WeChat, détenue par le groupe chinois Tencent, est toujours en suspens.

Un avocat du ministère de la Justice avait expliqué que tout cela visait à faire en sorte que les utilisateurs de WeChat ne partagent pas d’informations personnelles et professionnelles.  Le ministère estime que l’ordonnance du juge Beeler est « erroné » et permet l’utilisation d’une app « que le pouvoir exécutif considère comme une menace pour la sécurité nationale et la politique étrangère des Etats-Unis. »

WeChat-TikTok, même combat

« Nous ne pensons pas qu’ils aient soulevé une quelconque raison pour que l’avis bien motivé du juge Beeler soit perturbé ou suspendu en attendant l’appel », a déclaré Michael Bien, un avocat des utilisateurs de WeChat. Les défenseurs de l’application ont invoqué le Premier amendement (liberté d’expression) pour faire lever l’interdiction. Mais le gouvernement refuse cet argument. Ils attendent toujours que le gouvernement présente les intérêts nationaux mis en danger.

Si WeChat compte plus d’un milliard d’utilisateurs, ils ne sont que 19 millions d’inscrits actifs quotidiens aux Etats-Unis. Il rejoint TikTok dans la tourmente. L’application de vidéos est également dans le viseur de Donald Trump qui a donné un ultimatum à ByteDance, son propriétaire chinois, sommé de vendre à un groupe américain ou de laisser les données et informations aux mains de « tuteurs » locaux. Sinon TikTok disparaîtra des stores en ligne. Mais pour le moment, lui aussi a vu son interdiction provisoirement suspendue.

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