Meta et Google condamnés aux États-Unis pour leurs algorithmes addictifs : une décision historique

 
Après des semaines de suspense, Meta et Google viennent bel et bien d’être reconnus coupables de négligence envers la santé mentale de leurs utilisateurs et utilisatrices avec leurs plateformes aux algorithmes trop addictifs.
Source : Solen Feyissa / Unsplash

Instagram serait donc bel et bien une « drogue » malgré les atermoiements des cadres de Meta tentant de prouver le contraire. À l’issue d’un procès historique qui se tenait en Californie, la firme de Mark Zuckerberg a été reconnue responsable de la détresse créée chez une jeune utilisatrice qui l’avait traînée au tribunal en raison du design supposément addictif de l’application. Google a également été épinglé pour le fonctionnement de YouTube.

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Comme le New York Times l’explique, cette décision pourrait marquer un tournant historique pour les grandes plateformes web en créant une jurisprudence pour les centaines d’autres procès à venir. La fin de la récré pour les GAFAM en somme.

Des plateformes nocives pour la santé mentale

Les algorithmes et l’architecture des grandes plateformes étaient tout particulièrement dans le viseur de la justice. La plaignante et ses avocats ont réussi à démontrer de manière suffisamment convaincante que Meta et Google ne protégeaient pas suffisamment leurs utilisateurs et utilisatrices des effets délétères dus à une trop lourde utilisation de leurs plateformes. Par ricochet, ce sont les algorithmes de recommandation, les interfaces de navigation et toute l’économie de l’attention patiemment mis en place par ces plateformes qui se trouvent chamboulés.

Les deux entreprises ont pourtant tenté de prouver, de longues semaines durant, que leurs sites n’étaient pas seuls responsables des problèmes mentaux rencontrés par la plaignante et les millions d’autres adolescents ayant déjà été confrontés aux mêmes problèmes. Selon la défense, les applications étaient justement utilisées pour surmonter des problèmes familiaux responsables de cette détresse émotionnelle. De l’autre côté, les accusations pointaient du doigt la tendance des grandes plateformes à enfermer les internautes dans des bulles de contenu nocif générant des pensées suicidaires, de la dépression et des troubles dysmorphiques corporels.

Google et Meta n’étaient d’ailleurs pas les seules entreprises visées. Snapchat et TikTok ont aussi été nommés dans la plainte initiale, mais ont trouvé un arrangement à l’amiable sans avoir à passer devant la justice. « Des années durant, les réseaux sociaux ont soumis des enfants au marketing ciblé en dissimulant leur fonctionnement addictif […] Le verdict rendu aujourd’hui est sans appel […] et appelle à rendre des comptes », a expliqué un avocat.

Un risque pour le modèle économique des plateformes

L’issue de ce procès est comparée à celui ayant visé les cigarettiers à la fin des années 90. Pour avoir menti sur les effets délétères de leurs produits, les entreprises de tabac ont dû payer des milliards de dollars d’amendes et des règles plus strictes ont été dessinées pour préserver la santé du public.

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Google et Meta ont malgré tout annoncé leur intention de faire appel de cette décision. Le risque étant pour eux de se retrouver contraints par des lois qui limiteraient sévèrement leur modèle économique.


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