Coup de tonnerre pour Google : le géant fait maintenant l’objet d’une enquête conjointe pour atteinte à la concurrence par pratiquement tous les procureurs généraux des États-Unis.

La Cour Suprême des États-Unis à Washington.

Pour les titans du numérique, la pression des gardiens de la concurrence ne fait que s’accentuer. Cette fois, c’est une enquête géante qui cible Google aux États-Unis. Pas moins de 50 États et territoires américains ont joint les forces de leurs procureurs généraux pour ouvrir une enquête antitrust contre la firme de Mountain View. Seuls deux États, la Californie et l’Alabama, ont préféré rester à l’écart.

Le procureur général texan Ken Paxton, à la tête de l’enquête, a déclaré devant la Cour Suprême lundi que Google « domine tous les aspects de la publicité et de la recherche sur Internet ». « Ils dominent le côté de l’acheteur, du vendeur, des enchères et de la vidéo avec YouTube », argumente-t-il, en précisant qu’il ne s’agit bien que d’une investigation et non pas encore de poursuites judiciaires.

« Menace existentielle absolue »

Jeff Landry de Louisiane ajoute que « nous sommes ici parce qu’il y a une menace existentielle absolue à notre place de marché virtuelle ». D’autres procureurs veulent s’attaquer à la rétention de données personnelles ou à la présentation des résultats de recherche. « Google contrôle notre comportement en ligne, et capture des données sur chacun d’entre nous lorsque nous surfons sur Internet », souligne ainsi Ashley Moody de Floride. Leslie Rutledge de l’Arkansas s’inquiète elle que les résultats des requêtes Google soient influencés par « qui peut dépenser le plus en publicité ».

Les défenseurs de la concurrence se réjouissent de cette nouvelle. « Nous n’avions pas vu d’affaire majeure de monopole contre un géant de la tech depuis les poursuites contre Microsoft en 1998 », se félicite l’ONG libérale Open Markets Institute. Le département américain de la Justice et la Federal Trade Commission (FTC) ont récemment sollicité des informations sur les pratiques concurrentielles de Google, d’après des déclarations de la firme vendredi dernier.

Toujours vendredi dernier, la procureure générale new-yorkaise Letitia James et huit de ses confrères avaient ouvert une enquête similaire contre Facebook. Cette investigation visera à montrer si Facebook « a mis en danger des données des consommateurs, réduit la qualité des choix des consommateurs, ou augmenté le prix de la publicité ».

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