
Après un important procès sur le sujet aux États-Unis, voilà que le sujet de l’addiction aux réseaux sociaux pointe le bout de son nez en Europe. Dans un long discours prononcé à l’occasion du Sommet européen sur l’intelligence artificielle et les enfants qui se tenait à Copenhague, la présidente de la Commission européenne a dit tout le mal qu’elle pensait des plateformes comme Facebook, Instagram ou TikTok et de leurs modèles économiques délétères pour les plus jeunes.
Dans le viseur de Bruxelles, plusieurs fonctionnalités spécifiquement pensées pour garder les plus jeunes accrochés à leurs téléphones, comme « le défilement infini, la lecture automatique et les notifications push » et un futur cadre législatif censé limiter la casse.
« Tirer profit de la vulnérabilité des enfants »
Partant du constat que les enfants sont plus exposés au monde numérique et plus vulnérables, Ursula von der Leyen souhaite s’attaquer aux réseaux sociaux « qui traitent l’attention des enfants comme une marchandise ». La liste des griefs égrenée par l’élue est longue : manque de sommeil, dépression, anxiété, automutilation, comportements addictifs, harcèlement en ligne, pédopiégeage, exploitation, suicide. « Tout cela découle de choix délibérés de la part des fournisseurs de technologies, qui ont décidé de tirer profit — dans le sens littéral du terme — de la vulnérabilité des enfants », s’agace la présidente.
Meta et TikTok sont nommés directement en raison d’un manque d’implication supposé pour faire valoir leurs propres règles sur l’interdiction des plateformes aux moins de 13 ans. X est aussi épinglé pour « diffusion de matériel représentant des abus sexuels commis contre des enfants », tandis que d’autres services non cités « permettent que des enfants se retrouvent entraînés dans une spirale de contenus nuisibles ». Une collection de pratiques qui fait dire à Ursula von der Leyen que « Les enfants ne sont pas des marchandises et aucune entreprise du secteur technologique au monde ne devrait être autorisée à les traiter de la sorte. »
Un futur règlement sur l’équité numérique
Si le sujet de l’interdiction des réseaux sociaux aux plus jeunes a refait parler de lui à cette occasion, l’application pour la vérification d’âge étant dans les starting-blocks, il a aussi été question d’un futur « règlement sur l’équité numérique » qui viendrait spécifiquement s’attaquer à des sujets comme la capture de l’attention, les contrats abscons, les pièges à l’abonnement, etc. Ce dernier pourrait commencer à se matérialiser dans le courant de l’année.
Pour aller plus loin
Interdiction des réseaux sociaux aux moins de 15 ans, délit de « négligence numérique », couvre-feu numérique : la commission d’enquête TikTok rend ses conclusions
Visiblement remontée contre les grandes entreprises américaines, la présidente de la Commission européenne semble vouloir profiter de la vague de défiance envers les grandes plateformes pour serrer la vis sur ces dernières, qu’un mineur ou non soit de l’autre côté de l’écran.
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