
« Lors d’une session Instagram Reels classique, vous regardez 20 vidéos différentes, dont 15 sont des vidéos générées par IA », rappporte le chercheur Aidan Walker dans un entretien à PBS.
Et ce doom-scrolling sur nos smartphones nous expose désormais à une nature réinventée par les algorithmes. Ce qui ressemblait à des documentaires sérieux cache le plus souvent des images inventées.
Déjà pointé du doigt en 2025 par une étude de Conservation Biology, le problème persiste malgré les alertes. YouTube, TikTok, Instagram, Facebook, aucun des grands ne modère ses contenus, laissant sciemment les utilisateurs dans l’erreur. Seul X propose un cartouche permettant de pointer du doigt un deepfake.
Le règne du faux : des comportements inventés de toutes pièces
La vidéo générative permet aujourd’hui de créer des scènes impossibles dans la nature. Comme le rapporte Notebookcheck, un bon exemple est cette vidéo virale qui a montré un « baleineau recevant du lait de sa mère via un jet spectaculaire directement dans la bouche ». Et bien dans la réalité, ce comportement n’existe pas. Le problème est que ces clips sont très populaires et deviennent pour beaucoup une réalité alternative.
Certaines images montrent également des attaques d’animaux ou des comportements étranges comme des lapins sur un trampoline ou un lion avec un enfant dans un jardin. Cela peut même déclencher des inquiétudes injustifiées si l’on utilise des animaux sauvages crédibles. Une harde de sangliers mis en scène dans un village français pourrait avoir un fort impact.
Certains tentent de réagir, mais la bataille est inégale. Le vidéaste GatorChris a essayé de corriger ces fausses informations sur Instagram, mais ses vues restent dérisoires face à la viralité des contenus générés par IA. Une véritable vidéo montrant une baleine qui allaite, filmée par Cassie Jensen, n’a récolté que 2 500 likes, contre des millions pour les versions factices.
Un algorithme qui récompense le spectaculaire
Pourquoi ces vidéos inondent-elles nos flux ? La réponse est économique. Les plateformes sociales tirent profit de ces contenus car, spectaculaires le plus souvent, ils génèrent énormément d’engagement (likes, commentaires, partages). Pour les réseaux sociaux, ces vidéos sont donc une bénédiction d’un point de vue publicitaire.
L’algorithme privilégie le contenu populaire et spectaculaire. Une fois qu’un utilisateur interagit avec ce type de vidéo, le flux se sature de contenus similaires, rendant la correction de l’information presque impossible pour le grand public.

Même les vidéos marquées comme étant issues d’une IA le sont de manière discrète, la mention n’apparaissant pas en gros plan.
Une éducation et une régulation à la traîne
Et puis outre l’apprentissage d’ineptie à une large masse, ces deepfake représentent auss un danger réel pour la conservation des espèces. Selon l’étude de Conservation Biology, ces fausses représentations peuvent « induire le public en erreur et menacer directement les programmes de protection de la faune ».
On peut se méprendre sur les besoins réels des animaux mis en scène ou même croire qu’il y a encore beaucoup de tigres ou de rhinocéros puisqu’on en voit plein sur les réseaux, sauf que ce sont deux espèces en voie de disparition bien placées sur la liste prioritaire de la WWF.
Et au-delà des vidéos d’animaux, c’est la nouvelle forme des réseaux qui pose question.
Nous avons toujours été capables de manipuler des images, du son et de la vidéo, mais ce qui a changé, c’est qui peut le faire et à quelle vitesse. (Pr Hany Farid, PBS NewsHour)
« Nous avons toujours été capables de manipuler des images, du son et de la vidéo », explique le professeur Hany Farid, de l’université de Berkeley, « mais ce qui a changé, c’est qui peut le faire et à quelle vitesse. Il n’y a plus aucune barrière à l’entrée et, bien sûr, ils disposent désormais de canaux de diffusion. N’importe qui avec un clavier et une connexion Internet peut créer n’importe quelle image, n’importe quelle vidéo, faire ou dire n’importe quoi, et la diffuser instantanément au monde entier via les réseaux sociaux ».
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