Après l’épisode Logan Paul, et de nombreux exemples de la sorte par le passé, YouTube a décidé de revoir les règles de sa monétisation. La surveillance est là.

Sur YouTube, et d’ordre général les plateformes vidéo à envoi libre type Instagram ou le défunt Vine, deux types de personnalités se dégagent le plus généralement : les personnes cherchant à partager leurs connaissances, et les autres.

Mais si, vous savez, les autres. Ceux qui usent et abusent des canulars, et se cachent derrière le mot anglais « prank » (farce) pour faire subir au monde leurs pires idées. Récemment, c’est Logan Paul, « personnalité » venue du monde de Vine, qui s’est fait remarquer par la publication de deux vidéos malaises autour d’un suicide dans les bois et d’une visite controversée de Tokyo.

Conditions d’accès changées pour la monétisation sur YouTube

À la suite des réactions plus que négatives de sa communauté, et après des centaines voire milliers de vidéos de ce genre au fil des ans, YouTube a enfin décidé d’agir. La plateforme resserre l’étau sur ses conditions de monétisations, et impose également de nouvelles règles.

Désormais, devenir partenaire YouTube pour accéder à la monétisation requiert 1 000 abonnés et 4 000 heures de visionnages au cours de l’année. Auparavant, il suffisait d’avoir 10 000 vues sur sa chaîne.

Cette règle évitera ainsi que des chaînes envoient des vidéos faites pour provoquer le ramdam et empocher rapidement de l’argent. Elle assure bien sûr aussi aux partenaires commerciaux du site que leurs publicités seront bien jouées sur des chaînes appropriées.

La police YouTube montre les dents

En prime de cette nouvelle règle, la plateforme annonce des règles plus strictes pour son programme partenaire. Au même titre que Logan Paul a été exclu du site suite à la controverse, les autres membres du programme seront beaucoup plus surveillés désormais et la « police de YouTube » sévira plus rapidement.

Le site a annoncé que les signalements des spectateurs seront désormais observés de plus près, et que les nouvelles comme les anciennes chaînes seront analysées tout aussi durement. Si une chaîne est en offense répétée, elle sera alors supprimée. La règle des « 3 strikes » a également toujours cours.

L’accueil YouTube, avec ses recommandations, proposera désormais le contenu le plus populaire… mais aussi celui suivant au mieux ces nouvelles directives. De quoi enjoindre les créateurs à s’y tenir.

Le bon samaritain

S’il semble important que le site mette à jour sa politique suite aux nombreux abus observés, on ne peut s’empêcher de grincer des dents. Cela fait des années que YouTube produit des vidéos de la sorte sans qu’aucune action ne soit entreprise.

Mais depuis quelques mois, elle subit une concurrence forte des plateformes de streaming, comme Twitch, mais aussi des réseaux sociaux comme Facebook. Alors que la communauté de spectateurs en ligne a exprimé son mécontentement depuis bien longtemps, il aura fallu que les publicitaires menacent de la quitter pour que des actions soient enfin mises en place.

A minima, le fait que YouTube ait engagé de véritables personnes plutôt que constamment compter sur son intelligence artificielle pour juger de la qualité des vidéos aidera à rendre le site plus plaisant à l’avenir — aussi bien pour les créateurs que les spectateurs. Mais il serait de bon ton d’écouter ses utilisateurs, qui en pointaient les problèmes depuis bien longtemps et auraient donc permis à Google d’être proactif… plutôt que courber l’échine bon gré mal gré face à ses prévisions économiques.