
Si vous aviez suivi l’actualité, Amazon va enfin tenter de bousculer le monopole d’Elon Musk sur l’internet venu du ciel. Dans sa dernière lettre aux actionnaires, Andy Jassy a donné une date importante : Amazon Leo (ex-Projet Kuiper) vise désormais une ouverture commerciale mi-2026.
Amazon promet du 1 Gbit/s en téléchargement, là où Starlink oscille généralement entre 45 et 400 Mbit/s. Pour y arriver, le géant du cloud mise sur une intégration native avec AWS et des tarifs qu’il promet plus agressifs. Des entreprises comme Delta ou JetBlue ont déjà signé pour équiper leurs flottes d’avions. Mais la réalité technique, elle, est beaucoup moins rose.
Le mirage des chiffres face au mur de la FCC
Pour faire de l’internet par satellite, il faut… des satellites. Et là, c’est le grand écart. Starlink a déjà franchi la barre des 10 000 unités en orbite. Amazon ? Ils en sont à 241. Même après le lancement prévu fin avril qui portera le total à 302, on reste sur un échantillon de laboratoire face à une armada de guerre.
Amazon est dos au mur. La licence FCC impose à l’entreprise de déployer la moitié de sa constellation, soit environ 1 618 satellites, avant le 30 juillet 2026. À la vitesse actuelle, c’est statistiquement impossible, sauf si Amazon trouve soudainement le moyen d’envoyer des grappes de satellites tous les deux jours. Le groupe a d’ailleurs déjà demandé un délai supplémentaire, conscient que son calendrier est en train de se casser la gueule.
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Le vrai talon d’Achille, c’est le transport. Jeff Bezos a sa propre société spatiale, Blue Origin, mais sa fusée New Glenn n’est toujours pas opérationnelle pour des lancements en série. Résultat ironique : Amazon est obligé de signer des chèques à son concurrent direct, SpaceX, pour mettre ses propres satellites en orbite.
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Ne pariez pas contre Amazon trop vite. L’entreprise ne joue pas tout à fait sur le même terrain que Starlink. Là où Elon Musk vise le grand public et les zones blanches avec un kit à installer soi-même, Amazon cible massivement le B2B et les infrastructures critiques. L’accord avec la NASA, Vodafone et AT&T montre que Leo est d’abord pensé comme une extension globale de la fibre pour les pros.

Pour accompagner ses promesses de débit, Amazon dégaine une gamme de trois antennes au design très « Starlink-esque », mais avec des arguments de poids. Le modèle Nano est sans doute le plus intrigant : avec son format de 18 x 18 cm et son petit kilo sur la balance, il est plus compact qu’une tablette et promet 100 Mb/s partout. C’est l’outil parfait pour le nomade qui veut du réseau sans transformer son sac à dos en coffre-fort.
| Modèle | Débit max (down/up) | Dimensions | Poids | Usage idéal |
| Nano | 100 Mb/s | 18 x 18 cm | 1 kg | Voyage, vanlife |
| Pro | 400 Mb/s | 28 x 28 cm | 2,4 kg | Mobile / Véhicule |
| Ultra | 1 Gb/s / 400 Mb/s | 51 x 76 cm | 19,5 kg | Fixe, Entreprise |
À l’autre extrémité, l’antenne Ultra est un beau bébé de 19,5 kg (un vrai radiateur de fonte) capable d’atteindre du 1 Gb/s en téléchargement et 400 Mb/s en envoi. C’est clairement la cible « entreprise » et fixe qui est visée ici, pour venir chasser sur les terres des offres Pro d’Elon Musk.
Starlink est aujourd’hui dans une situation de quasi-monopole qui lui permet de dicter ses prix. Si Leo parvient à lancer ses services mi-2026, même en version bêta, la guerre des tarifs va enfin commencer. Et n’oublions pas le projet TeraWave de Blue Origin en embuscade, qui promet encore plus de débit.
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