Après deux versions de sa Kindle Oasis, Amazon a lancé juste avant l’été une troisième itération de sa liseuse la plus haut de gamme. Principal apport, la gestion de la température de l’écran. De quoi valoir le coup malgré son prix de plus de 200 euros ? C’est ce qu’on va voir dans ce test de l’Amazon Kindle Oasis 3.

L’Amazon Kindle Oasis 2019

Avant de plonger au cœur de la nouvelle liseuse d’Amazon, rappelons qu’il s’agit d’une Kindle. C’est donc le même type d’appareil, avec le même logiciel, le même système de distribution, le même verrouillage — théorique — pour les fichiers ePub et PDF. Pour tous ces aspects, je vous invite donc à vous tourner vers le test de l’Amazon Kindle Paperwhite 2018. Repréciser tous ces points ici ne serait que de la redite.

Test de l’Amazon Kindle Paperwhite 2018 : mon bouquin préféré

Lorsqu’on teste un appareil, il peut être de bon ton de préciser l’historique que l’on a avec ce type de produit. Maxime l’avait fait avec le test de la Kindle Paperwhite 2018 pour expliquer qu’il était novice dans le domaine des liseuses, je vais donc faire de même. J’utilise désormais depuis 3 ans une Kindle Paperwhite 2013. Je suis donc habitué aux systèmes des liseuses d’Amazon, mais également au rétroéclairage de l’écran e-ink. En revanche, je n’avais encore jamais utilisé de Kindle Oasis avec son format bien particulier.

Design et prise en main

Parce qu’autant le préciser d’emblée, le format de la Kindle Oasis 3 — comme celui des précédentes versions — est assez original. Si les autres modèles de Kindle adoptent une forme assez classique de parallélépipède, ce n’est pas le cas de la Kindle Oasis. Sa face avant est plate, mais pas le dos qui dispose d’une petite excroissance sur le côté lorsqu’on la tient à la verticale.

Cette excroissance peut servir deux usages. D’abord elle permet de bien maintenir la liseuse en main, et ce qu’on la porte de la main gauche ou de la main droite. En effet, la Kindle Oasis 2019 est dotée d’un accéléromètre qui va permettre à la liseuse de savoir dans quel sens on la tient. Ainsi, vous pouvez la retourner sans peine et le texte va s’adapter à votre utilisation en pivotant lui aussi. On notera néanmoins que cela ne fonctionne qu’à la verticale et qu’il n’est donc pas possible de lire en mode paysage comme sur la Kobo Forma par exemple.

L’autre intérêt de cette excroissance est de permettre une grande finesse de la tablette et donc un poids assez maîtrisé. En adoptant une épaisseur de 3,5 mm sur la majorité de la tablette, avec une petite bosse à 8 mm, Amazon a réussi à proposer un poids total de 188 grammes sur sa Kindle Oasis 2019. Un poids particulièrement léger, surtout comparé aux 207 grammes de la Kindle Paperwhite 2013, pourtant en plastique contrairement au métal plus lourd de la Kindle Oasis 2019.

Outre ces dimensions et sa forme originale, on notera que la Kindle Oasis 2019 propose des boutons et connectiques somme toute classiques. Lorsqu’on la tient de la main droite, on va retrouver les boutons de lecture — qui permettent de changer de page en plus de l’écran tactile — directement sous le pouce. En bas vient se nicher la prise micro-USB pour la recharge et en haut on retrouve le bouton de mise en veille. Forcément, lorsqu’on tient la liseuse de la main gauche, la prise micro-USB vient se trouver en haut et le bouton de mise en veille en bas.

Dans l’ensemble, la Kindle Oasis est particulièrement agréable à utiliser. Sans même parler de son écran sur lequel on reviendra plus tard, on notera que la liseuse tient bien en main. L’ajout de boutons physiques qui tombent directement sous le pouce est bien pensé et permet de véritablement utiliser la liseuse à une main, même lorsqu’on souhaite revenir en arrière. Ce n’est pas aussi simple lorsqu’on n’a que l’écran tactile et qu’il faut appuyer à gauche de l’écran alors qu’on le tient de la main droite.

On pourrait regretter un très léger inconfort lorsqu’on tient la liseuse pendant longtemps, avec l’angle inférieur qui vient s’enfoncer dans la paume de la main, mais même là Amazon a bien fait les choses en intégrant des angles arrondis.

Dans l’ensemble, le châssis en métal, le revêtement en verre de l’écran et les finitions de l’appareil donnent un aspect assez premium à la liseuse. On apprécie que le revêtement soit mat, pratique pour la lecture tout en évitant les reflets, mais également qu’il vienne recouvrir l’ensemble de la liseuse avec un aspect unibody, là où du plastique l’entoure sur les autres modèles de Kindle.

Écran

Sans surprise, l’écran de la Kindle Oasis 2019 est un écran e-ink. Pour la définition, Amazon indique que l’écran de 7 pouces permet d’afficher 300 pixels par pouce et 16 niveaux de gris, du blanc au noir. De quoi permettre de lire confortablement du texte, mais également des images affichées en noir et blanc avec suffisamment de détails. On a pu mesurer un taux de contraste de 162:1 avec la luminosité maximale. C’est évidemment moins bon que sur un écran LCD ou OLED, mais ça reste parfaitement lisible. Jusque-là, pas de surprise.

Quelles sont les meilleures liseuses à emmener en vacances cet été ? Notre sélection

Néanmoins, Amazon a intégré tout un tas de technologies. On retrouve logiquement un système de rétroéclairage, déjà présent sur les modèles les plus accessibles, mais aussi un système de température de l’écran pour réduire la lumière bleue. On y reviendra.

L’une des principales qualités à l’utilisation est le sentiment de fluidité de la liseuse à chaque changement de page. Il faut dire que je reviens de loin avec ma Paperwhite 2013, mais j’ai clairement senti un rafraîchissement plus rapide de l’écran, avec des pixels qui se déplacent bien plus rapidement. J’ai également très peu ressenti l’effet de flou entre le moment où je tape à l’écran pour changer de page et celui où les caractères ont changé.

La grosse nouveauté de la Kindle Oasis 2019, celle sur laquelle compte Amazon pour écouler sa nouvelle liseuse, réside dans les paramètres de lecture. Lorsqu’on appuie sur le bouton « paramètres » de la tablette, en plus de la luminosité, on peut désormais modifier un réglage de « température d’éclairage ». Concrètement, cela signifie que le rétroéclairage de l’écran e-ink peut désormais être réglé non seulement en intensité, mais également en couleur.

A la manière d’un mode « repos des yeux » sur smartphone, ce réglage de la température va vous permettre de réduire la lumière bleue émise par l’écran. Pratique lorsqu’on souhaite profiter d’une lumière moins agressive lorsqu’on lit avant de se coucher. On notera qu’il est possible de modifier ce réglage manuellement ou de le paramétrer pour qu’il s’allume automatiquement à heure fixe ou en fonction du coucher et du lever du soleil.

Concrètement, on a pu mesurer une température de l’écran de la Kindle Oasis 2019 à 5315K avec le réglage le plus froid. C’est déjà relativement chaud non seulement par rapport à la lumière de référence du soleil, à 6500K, mais également par rapport à la Kindle Parperwhite 2013, à 5600K. Néanmoins, en basculant sur la couleur la plus chaude possible — sur 24 niveaux — on a pu passer à une température de 2520K. Autant le dire de suite, c’est orange. Très orange.

Néanmoins à l’usage ce paramètre est précisément ce qui manquait sur les précédentes Kindle. Personnellement, il m’est arrivé plus d’une fois de pester sur cette lumière trop bleue à mon goût qui illuminait mes yeux avant de dormir alors que j’aurais préféré une couleur moins agressive. Me voilà servi.

On notera également que lorsque le mode température d’éclairage est réglé sur la couleur la plus chaude, l’écran deviendra un peu moins lumineux. Avec la température la plus froide, on a pu mesurer un rétroéclairage à 171 cd/m², tandis que la couleur la plus chaude ne monte qu’à 127 cd/m².

Reste que compte tenu de la technologie e-ink — qui n’a pas besoin de rétroéclairage pour une lecture en plein jour — cette luminosité maximale n’a que très peu de sens. En effet, vous utiliserez surtout le rétroéclairage lorsque vous lirez dans l’obscurité. Or, dans ce cas il ne sert à rien de monter le rétroéclairage au maximum. Au contraire, cela risquerait d’abîmer les yeux et on préférera donc passer par une luminosité entre 5 et 10 — sur 24 niveaux — selon les goûts. À titre d’information, quelle que soit la température choisie, le niveau 1 de luminosité a été mesuré à 4 cd/m².

Enfin, on notera que comme sur le modèle de Kindle Voyage 2014 et Oasis 2017, la nouvelle Amazon Kindle Oasis 2019 peut adapter sa luminosité en fonction de l’éclairage ambiant. Concrètement, elle est dotée de deux capteurs de lumière, en haut et en bas des touches physiques de navigation, qui vont permettre à la manière d’un smartphone de régler le rétroéclairage en fonction de la luminosité ambiante. Dans les faits, elle s’adapte plutôt bien en réglant la luminosité à 14 en intérieur, à 11 dans le noir complet, à 18 à l’extérieur à l’ombre et à 0 lorsque la liseuse est exposée en plein soleil et que le rétroéclairage ne sert de toute façon à rien.

Autonomie

C’est bien simple, la Kindle Oasis 2019 d’Amazon propose une excellente autonomie. Heureusement, puisque c’est là le principal attrait des liseuses par rapport aux tablettes.

Il peut être néanmoins compliqué de tester l’autonomie d’une liseuse en raison de plusieurs facteurs. D’abord parce que l’écran ne consomme de l’énergie que lorsqu’on modifie son affichage et que cela dépend donc du rythme de lecture plus que de la durée elle-même. Ensuite parce que cela dépend de si le rétroéclairage est activé ou non et à quelle puissance. Ensuite parce que l’activation du Wi-Fi ou de la 4G — pour le modèle compatible — viendra nécessairement diminuer la batterie.

Dans mon cas, j’ai pu utiliser la Kindle Oasis pendant 2 semaines à raison d’une heure de lecture par jour, avec une bonne demi-heure de rétroéclairage à 8/24 et le Wi-Fi allumé en permanence. A l’issue de ces deux semaines, il me restait encore 30% de batterie.

De son côté, Amazon précise que la liseuse peut fonctionner jusqu’à six semaines à raison de 30 minutes de lecture par jour avec une seule charge. Cela correspond grossièrement donc à 21 heures de lecture avec le Wi-Fi, la 4G et le Bluetooth désactivé, et une luminosité à 13/24. Pour la recharge, Amazon ne propose qu’un câble USB/micro-USB avec sa liseuse, mais pas de chargeur. Connecté à un chargeur 5W, il m’a permis de recharger la Kindle Oasis 2019 de 30 à 100% en un peu plus de deux longues heures.

Prix et disponibilité

L’Amazon Kindle Oasis 2019 est disponible en trois versions chez Amazon. Le premier prix, avec 8 Go de stockage et une connexion Wi-Fi, s’affiche à 250 euros. Pour 280 euros on pourra bénéficier de 32 Go de stockage et en passant à 339 euros, on gagne la 4G en plus. Toutes ces versions sont proposées en deux coloris : métal argenté ou doré.

Acheter l'Amazon Kindle Oasis 2019

Galerie photo

Note finale du test 8/10
À condition d'avoir le budget, la version 2019 de la Kindle Oasis d'Amazon est une excellente liseuse. Elle ne manque pas de fonctionnalités qui sauront vous rendre la lecture plus agréable. Qu'il s'agisse de la vitesse d'affichage, du rétroéclairage confortable, de la gestion de la température des couleurs ou de ses boutons physiques, c'est une liseuse toute choisie.

Néanmoins, il est difficile de faire abstraction de son prix d'au moins 250 euros. On n'est pas dans le domaine des smartphones ici, et alors que nombre de liseuses -- chez Amazon y compris -- s'affichent à moins de 100 euros, il pourra être rédhibitoire pour beaucoup.

Sachez simplement qu'à ce prix, vous avez le nec plus ultra de la liseuse. Un modèle avec de belles finitions soignées et des fonctionnalités particulièrement confortables. Reste à déterminer si votre passion de la lecture justifie la différence de près de 150 euros avec une liseuse premier prix.
Points positifs
  • Les jolis finitions
  • Les boutons très pratiques
  • La gestion de la température de l'écran
  • L'adaptation de la luminosité
  • Le rafraichissement rapide des pages
Points négatifs
  • Le prix très élevé
  • La recharge lente
  • L'impossibilité de lire en mode paysage