5 000 W et un mode surpuissant : Anker met un gros coup de pression à Zendure et Bluetti avec la Solarbank 4 Pro

Plafond 800 W dépassé

 
Anker SOLIX dévoile la Solarbank 4 Pro, une batterie solaire plug-and-play qui pousse à 5 000 W d’entrée solaire, 5 000 Wh de stockage de base et un mode 2 500 W pensé pour contourner la limite française des 900 watts. A un prix plutôt intéressant.
Anker Solix SolarBank 4 Pro (gauche), SolarBank 3 Pro (droite) et Power Dock (en-haut) // Source : Hagop Kavafian pour Frandroid

Anker Solix enchaîne les annonces côté stockage solaire. Il y a tout juste un mois, la marque dévoilait la Solarbank Max AC, un mastodonte extensible jusqu’à 42 kWh pensé pour les maisons individuelles. Cette fois, c’est un cran en-dessous, mais nettement plus musclé que la génération précédente.

Sous le capot, quatre trackers MPPT (les modules qui optimisent la production de chaque chaîne de panneaux) encaissent jusqu’à 5 000 W d’entrée solaire. On peut y raccorder jusqu’à douze panneaux, soit trois fois plus qu’un système plug-and-play standard.

Anker Solix SolarBank 4 Pro

Côté stockage, le module de base offre 5 000 Wh (5 kWh), assez pour passer une nuit type, et le système peut grimper à 30 kWh en empilant cinq batteries d’extension BP5000. Les cellules LFP 314 Ah de qualité automobile encaissent 10 000 cycles, pour une durée de vie estimée à 15 ans.

800 W ou 2 500 W, le vrai sujet

En France, l’injection sur le réseau via une prise standard est plafonnée à 900 watts, sans démarches lourdes. C’est le mode par défaut de la Solarbank 4 Pro, branché sur une prise Schuko classique, sans toucher à l’installation.

Anker permet toutefois d’atteindre jusqu’à 2 500 W injectés via l’onduleur bidirectionnel sur une prise classique. À une condition pas anodine : un circuit dédié (sûrement aussi un électricien qualifié) et le Smart Meter Gen 2 recommandé pour la protection contre les surcharges. Bref, le mode XXL n’est pas plug-and-play, contrairement à ce que le nom de la gamme suggère.

Autre détail à connaître avant l’achat : Anker proposerait en réalité deux références distinctes selon Basic Tutorials. La version AE1033Z1 active le mode 2 500 W via PluginPower 2.0, tandis que la version AE1032Z1 reste bridée à 800 W pour une déclaration simplifiée en kit balcon. Mieux vaut donc cibler la bonne référence selon qu’on prévoit ou non l’intervention d’un électricien.

D’ailleurs, le fameux « 95 % des besoins du foyer couverts » mis en avant par Anker exclut explicitement les pompes à chaleur, les bornes de recharge VE et les chauffe-eaux électriques. Logique vu les 2 500 W de plafond, mais il est quand même possible d’alimenter les pompes à chaleur moins gourmandes, ou même les plus gourmandes en empilant les systèmes Solarbank pour avoir plus de puissance de sortie.

Une pompe à chaleur ? La Solarbank peut la piloter directement

Et c’est probablement la fonctionnalité la plus différenciante face à la concurrence : le port COM de la Solarbank 4 Pro embarque deux sorties dédiées au pilotage de pompes à chaleur. En clair, la batterie peut déclencher la PAC quand il y a du surplus photovoltaïque, pour pousser l’énergie excédentaire vers l’eau chaude sanitaire ou le chauffage, plutôt que de la perdre.

Une logique qui s’aligne avec l’exclusion des PAC du calcul d’autoconsommation directe : si la batterie ne peut pas alimenter une PAC sur ses 2 500 W, elle peut au moins lui dire quand fonctionner. Chez Zendure, EcoFlow ou Jackery, il faut passer par un système de gestion énergétique tiers ou des prises connectées pour obtenir le même résultat.

Le port COM intègre aussi un RS485 pour brancher d’autres équipements compatibles, ce qui ouvre la porte à des intégrations plus poussées côté domotique.

Le Power Dock à la traîne au lancement

Petit bémol pour ceux qui visent une installation modulaire : le Power Dock d’Anker, qui permet de chaîner plusieurs Solarbanks en un système unique, n’est pas compatible avec la 4 Pro au lancement.

Anker confirme que la fonction arrivera via mise à jour logicielle, courant juin selon nos informations. À la clé, une fois activée : jusqu’à quatre Solarbank 4 Pro en réseau, soit 10 kW de puissance et 20 kWh de stockage sans aucune batterie additionnelle.

De quoi viser une autonomie sérieuse, mais pas dès le premier jour. Bon à savoir si on envisage d’investir progressivement en empilant les unités. À noter cependant : le Power Dock n’est pas nécessaire pour raccorder une seule Solarbank 4 Pro au tableau électrique en mode 2 500 W, ce passage-là se fait via un connecteur AC dédié.

Face à Zendure et Bluetti, Anker monte d’un cran

Le segment du stockage solaire de balcon s’est densifié, entre Zendure et sa SolarFlow 2400 AC, Bluetti, EcoFlow et consorts. À titre de comparaison, la précédente Solarbank 3 E2700 Pro plafonnait à 2,7 kWh de base (extensibles à 9,6 kWh) : la 4 Pro double la capacité de départ et fait grimper la puissance solaire admissible de 3 600 à 5 000 W (soit environ 40 % de plus). Anker conserve la compatibilité avec les anciennes batteries BP1600 et BP2700, ce qui évite de jeter l’existant.

L’AI EMS embarquée se synchronise avec plus de 870 fournisseurs d’électricité pour jouer les tarifs dynamiques (heures creuses, EDF Tempo…), et l’API ouverte permet l’intégration à Home Assistant. Bon point pour les bricoleurs qui veulent garder la main sur leur écosystème énergétique.

Côté tarifs, la Solarbank 4 Pro est annoncée à 2 399 €, avec la batterie d’extension BP5000 à 1 699 €. Une offre de lancement applique 25 % de remise jusqu’au 11 juin 2026, avec un Smart Meter Gen 2 offert. À ce prix, ce n’est pas une porte d’entrée vers le solaire de balcon : plutôt un investissement pour qui veut maximiser l’autoconsommation et accepte de payer un électricien pour activer le mode 2 500 W. Pour les autres, la Solarbank 3 reste plus simple à mettre en œuvre.


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