Test du Apple MacBook Air 2020 : un mois avec mon premier Mac

PC portables • 2020

L'Apple MacBook Air 2020 est un ordinateur portable officialisé en mars 2020. Il reprend la solution introduite par les derniers MacBook Pro, avec une amélioration du clavier qui s'inspire de celle introduite par le MacBook Pro 16. Il est équipé d'un CPU Intel Core i3 ou i5 de dixième génération épaulé par 8 Go de RAM et dispose désormais de 256 ou 512 Go de stockage flash.

 

Introduction

Le nouveau MacBook Air est désormais proposé au même prix que des ultraportables sous Windows 10. Que nous réserve la nouvelle génération de MacBook Air développé par Apple ? Réponse avec ce test complet.

En quelques mois, Apple a intégralement revu sa gamme d’ordinateurs portables pour en finir définitivement avec le clavier papillon, trop souvent défectueux. Au cœur de ce renouvellement, il y a le MacBook Air 2020 que nous avons pu tester pendant plus d’un mois. Après un peu moins de 30 ans sous Windows, c’est également mon premier appareil sous macOS. Le système d’exploitation d’Apple est-il simple à adopter en 2020 ? Que vaut ce nouvel ultraportable de la marque ? C’est ce que nous allons essayer de voir avec ce test.

Fiche technique du MacBook Air 2020

Modèle Apple MacBook Air 2020
Taille de l'écran 13.3 pouces
Définition 2560 x 1600 pixels
Technologie d'affichage LCD
Écran tactile Non
Processeur (CPU) Intel Core i3 Ice Lake
Puce Graphique (GPU) Intel UHD
Mémoire vive (RAM) 8 Go
Norme Wi-Fi Wi-Fi 5 (ac)
Version du Bluetooth 5.0
Système d'exploitation (OS) macOS
Dimensions 304.1 x 16.1 x mm
Poids 1290 grammes
Fiche produit Voir le test

Ce test a été réalisé à partir d’un exemplaire acheté par nos soins.

Un design intemporel (de MacBook Air)

Depuis le lancement du premier MacBook Air en 2008, Apple n’a jamais vraiment radicalement changé le design de son ultraportable. Bien sûr, cela ne veut pas dire qu’il n’a pas évolué en cours de route, mais la machine a su garder ses lignes simples et, on va l’admettre, plutôt intemporelles. Avec ses 1,29 kg sur la balance et son profil assez fin, le MacBook Air n’a aucun problème à se faire oublier dans un sac.

Comme toujours chez Apple, la qualité des finitions est exemplaire et la marque a su soigner chaque détail esthétique et ergonomique de sa machine. Par exemple, il suffit d’un doigt pour ouvrir la machine et réussir à repousser l’écran. Tout simplement car le poids est assez bien équilibré vers la base et que l’on trouve une petite encoche en dessous du trackpad. Pour autant, la charnière est assez robuste pour ne pas ouvrir trop vite l’écran ou le faire gigoter quand on règle son inclinaison.

C’est dans ce genre de petits détails que l’on remarque une machine haut de gamme. Au-delà de cela, le MacBook Air est désormais un ultraportable plutôt classique. La plupart des marques proposent aujourd’hui de très bons produits, comme Dell avec son XPS 13 par exemple. L’écran du MacBook Air est d’ailleurs loin d’être borderless, alors que la marque n’intègre pas de composants aussi sophistiqués que ses concurrents, comme une caméra capable de faire de la reconnaissance faciale par exemple.

Clavier et touchpad

Apple a choisi d’intégrer les haut-parleurs de la machine de chaque côté du clavier, mais ce dernier occupe quand même un maximum d’espace. Cela signifie que les touches sont assez larges, même pour un ultraportable de 13 pouces, et la frappe est plutôt agréable. Apple oblige, la disposition du clavier AZERTY est différente de tous les autres claviers du marché.

Si c’est votre premier Mac comme moi, il faudra un certain temps avant de retrouver vos habitudes. Plusieurs semaines après, j’ai toujours bien du mal avec l’emplacement de certaines touches. C’est surtout le cas pour certains caractères spéciaux tels que les crochets ou les guillemets français qui demandent des raccourcis clavier assez spécifique (« option + maj + parenthèses » pour les crochets, et un plus obscur « option + 7 » pour les guillemets). C’est forcément une question d’habitude, mais on pourrait reprocher à Apple de ne pas s’aligner sur le reste du marché pour rendre plus accessibles les changements d’écosystèmes.

Surtout, le clavier de ce MacBook Air marque le retour du « Magic Keyboard ». Ce qui est magique avec ce nouveau clavier, c’est qu’Apple n’utilise enfin plus les touches papillon défectueuses qui ont marqué les ordinateurs de la marque ces dernières années. Difficile de savoir à l’avance si le Magic Keyboard saura se montrer fiable à l’avenir, mais Apple semble avoir pris les mesures pour ne plus reproduire ces problèmes.

Le trackpad du MacBook Air est très agréable à utiliser, suffisamment large et bien conçu pour naviguer avec aise sur le web. Avec Force Touch, le trackpad offre deux niveaux de pression pour les clics. Par exemple, un clic « forcé » sur un élément de texte sur une page web permet d’en obtenir la définition, sans passer par un menu contextuel. Comme sur iPhone toutefois, la découverte de ces fonctionnalités n’est pas très intuitive, il n’y a aucun élément à l’écran permettant de savoir quand un « clic forcé » est possible. La plupart du temps on en revient donc aux habituels clic gauche et clic droit, en bas du trackpad.

La connectique

On n’est jamais surpris quand Apple propose une machine avec une connectique assez limitée. La marque a été l’une des premières à proposer un ordinateur avec un seul port et a contribué à populariser l’usage des docks USB-C. Le MacBook Air 2020 propose deux ports USB-C Thunderbolt 3 sur sa tranche gauche, et un port jack 3,5 mm sur sa tranche droite.

Apple propose donc le meilleur type de port disponible à ce jour, mais on pourrait tout de même reprocher à la marque de ne pas avoir réparti les ports à gauche et à droite de l’appareil. Si votre installation prévoit de brancher le dock à droite de l’ordinateur, il faudra tout réadapter pour le MacBook. On est également toujours interloqué de voir Apple continuer de proposer un port jack 3,5 mm sur ses ordinateurs alors que la marque a été la première à s’en débarrasser avec l’iPhone 7. L’absence de port Lightning signifie que vous ne pourrez pas utiliser les écouteurs fournis avec votre iPhone sur votre MacBook.

Un écran de MacBook Air

En 2018, Apple a enfin renouvelé l’écran du MacBook Air, dont la dalle LCD se retrouve sur ce modèle de 2020. Il s’agit d’une dalle de 13,3 pouces LCD IPS avec une définition de 2560 x 1600 pixels et compatible True Tone, c’est-à-dire la calibration dynamique de la balance des blancs en fonction de la lumière.

L’écran est dans l’ensemble plutôt bien calibré

L’écran est dans l’ensemble plutôt bien calibré // Source : Frandroid

La luminosité de l’appareil est limitée à 400 cd/m² par Apple et il est possible de débloquer ce cap en installant Windows 10 sur la machine. Nous avons testé l’écran avec notre sonde colorimétrique et le logiciel CalMan, en prenant soin de désactiver True Tone et le réglage automatique de la luminosité.

D’après nos résultats, l’écran affiche une température moyenne des couleurs de 6336 K, ce qui est légèrement en deçà des 6500 K idéalement attendus, et un taux de contraste de 1248:1, plutôt correct pour un ordinateur portable. Enfin, l’écran affiche 101 % de l’espace de couleur sRGB, contre 68 % pour l’espace DCI-P3. La calibration des couleurs est plutôt réussie, avec un deltaE moyen de 3,24 (on estime qu’en dessous de 3, la différence est invisible à l’œil nu), mais attention à notre relevé maximale de 7,43, qui montre quand même quelques anomalies dans certaines couleurs affichées.

Un mois avec macOS

Ce MacBook Air est donc ma première véritable interaction, et test, de macOS sur un ordinateur. Après avoir goûté à Windows et plusieurs distributions GNU/Linux, j’ai donc utilisé macOS pendant plus d’un mois. Si vous êtes déjà un utilisateur de Mac, vous savez sans doute déjà à quoi vous en tenir et je vais donc plutôt ici tenter de parler de mon expérience pour la grande majorité qui n’a sans doute jamais testé le système d’exploitation d’Apple.

Simple à utiliser

Pour un usage très simple d’un ordinateur, macOS propose une bonne expérience utilisateur. Le système est accompagné de tous les services de l’écosystème Apple avec iMovie, Safari, Apple Musique, Apple TV, Message ou encore Siri. Si vous êtes un utilisateur d’iPhone, vous allez forcément retrouver un environnement familier. Le système présente aussi une très bonne cohérence visuelle, contrairement à Windows, où il est très simple de retomber sur des éléments datant d’anciennes versions. Enfin, les animations sont nombreuses et apportent quelque chose de ludique à l’expérience.

L’interface de macOS Catalina

L’interface de macOS Catalina // Source : Frandroid

Tant que l’on garde cet usage très simple de la machine, difficile de rencontrer le moindre problème. On crée son compte de session, obligatoirement différent du compte Apple, on ajoute son empreinte pour Touch ID, et on est prêt à naviguer sur le web et retoucher succinctement ses photos de vacances. L’App Store est également de la partie pour compléter les applications d’Apple avec d’autres. Malheureusement, comme sur Windows 10, la boutique d’applications manque de richesse et les développeurs ne semblent pas avoir été convaincus d’adopter cette nouvelle plateforme de distribution.

C’est le moment idéal de parler de l’une des différences primordiales entre macOS et Windows : les logiciels et jeux proposés. S’il existe généralement beaucoup plus de logiciels et jeux conçus pour Windows, il y a aussi toute une collection d’applications exclusives à macOS. Microsoft a bien commencé une opération de reconquête, mais il y a beaucoup d’applications notamment pour les tâches créatives (retouche photo, création d’images, montage vidéo, etc.) qui sont exclusives au Mac.

L’installation manuelle d’un logiciel sur macOS

L’installation manuelle d’un logiciel sur macOS // Source : Frandroid

Pour accéder à ces logiciels, qui sont pour la plupart absents de l’App Store, il faut passer par une installation manuelle. Un procédé un peu étrange pour un néophyte de l’environnement Apple qui demande à l’utilisateur d’ouvrir le fichier d’installation, puis de faire un glisser-déposer du nom de l’application vers un dossier Application.

J’avoue que je n’ai toujours pas compris le sens de ce rituel, mais il permet au moins la plupart du temps d’éviter le classique « suivant, suivant, suivant, installer » de Windows. Bon point : après l’installation, le système propose automatiquement de se débarrasser des fichiers d’installations.

Les nombreuses demandes d’autorisation au premier lancement des logiciels

Les nombreuses demandes d’autorisation au premier lancement des logiciels // Source : Frandroid

Les logiciels qui sont installés manuellement sur macOS peuvent souvent avoir besoin d’autorisations système, qui sont dans ce cas demandées à l’utilisateur. C’est un peu l’équivalent du tant décrié UAC intégré à Windows depuis Vista. Le problème c’est qu’ici les demandes sont nombreuses et qu’il faut chaque fois s’authentifier avec Touch ID et gérer les autorisations des applications au travers d’un certain nombre de rubriques. Sur le papier toutefois, la mise en place de ce système par Apple est un bon signe pour la sécurité des données. Il permet notamment d’isoler les logiciels et de garder le contrôle sur leurs accès au stockage, au clavier, ou à d’autres éléments de la machine.

Vraiment difficile à maîtriser

On dit souvent d’Apple que ses logiciels sont particulièrement instinctifs. C’est souvent un argument entendu par les utilisateurs de longue date de la marque, qui ont de fait une grande habitude de la philosophie Apple. Ce n’est pas mon cas et je dois avouer avoir trouvé macOS très peu instinctif, avec une faible adaptation de la part du système aux nouveaux utilisateurs.

Un simple exemple est assez parlant, macOS, comme Windows, intègre un moteur de recherche activable non pas avec la touche Windows, mais avec le raccourci « Command + espace ». Il suffit ensuite de taper les premières lettres pour que le système trouve en principe l’application, le document, ou l’information sur Internet que vous cherchiez. L’application qui permet de gérer les paramètres du système se nomme « préférence système », et la seule façon de trouver cette application sera de chercher les premières lettres de son nom. Une recherche avec le mot « paramètres » ou « panneau » par exemple ne permet pas de la trouver. Sur Windows 10, l’application paramètre est accessible en cherchant paramètre, ou réglage, ou encore préférence. Microsoft a justement pensé aux usagers qui n’avaient pas totalement l’habitude de son système d’exploitation.

Heureusement il est possible de modifier certains raccourcis

Heureusement il est possible de modifier certains raccourcis // Source : Frandroid

C’est évidemment un simple petit exemple, mais il reflète assez bien, je pense, les petits freins que l’on peut rencontrer au quotidien tant que l’on n’a pas pris les habitudes imposées par Apple dans son écosystème. Au-delà de ce genre d’exemple, j’ai noté que certaines touches classiques des claviers sous Windows comme « impr écran » ou « suppr » sont remplacées sur Mac par des raccourcis clavier pour le moins abscons. Une capture d’écran se fait par exemple avec le raccourci « shift + command + 3 » ou « shift + command + 4 » pour une capture partielle de l’écran, sans un semblant de logique apparente.

Si on met de côté ces problèmes d’adaptabilité, il faut aussi constater que la philosophie de navigation de macOS est assez différente des autres systèmes d’exploitation. Là où on retrouve le système de barre des taches sur Windows, mais aussi sur Ubuntu ou d’autres systèmes GNU/Linux, macOS mise beaucoup sur son dock. Les applications y sont rangées en trois rubriques : épinglées, en cours d’exécution, et réduites.

Le dock de macOS remplace la barre des tâches

Le dock de macOS remplace la barre des tâches // Source : Frandroid

Basculer d’une application à l’autre avec le curseur demande un peu plus d’efforts que sur Windows, il faut notamment passer par un clic droit lorsque plusieurs fenêtres d’une application (comme le navigateur) existent conjointement. Basculer entre les fenêtres est une tâche que l’on répète des dizaines de fois tout au long de la journée et la moindre friction est donc notable. Le raccourci « alt + tab » n’aide pas plus, puisque là aussi les multiples fenêtres d’une application sont cachées derrière l’unique icône de l’application en question. La solution est en fait de passer par Mission Control, la solution de gestion des fenêtres d’Apple qui manque encore peut-être d’un peu d’intégration. Le plus efficace est d’utiliser les raccourcis aux trackpad pour utiliser Mission Control : glisser trois doigts vers le haut fait ainsi apparaître une interface complète et laisse le choix entre toutes les fenêtres possibles.

L’interface de Mission Control

L’interface de Mission Control // Source : Frandroid

Nous n’allons pas davantage multiplier l’exemple, l’essentiel était ici d’illustrer les différences de philosophie entre macOS et les autres systèmes. Des différences qui rendent forcément difficiles les changements d’habitudes. Il y aurait encore beaucoup à dire sur le Finder, assez différent de l’explorateur de fichiers Windows, ou encore de la barre d’état du système en permanence située en haut de l’écran et intégrant les menus des applications, mais l’idée n’est pas là de faire la liste des fonctionnalités de macOS.

Bilan à 30 jours

En 2020, macOS est un système mature qui continue malgré tout d’évoluer, mise à jour après mise à jour. Sur certains points, le système est objectivement en avance sur Windows 10, notamment pour la cohérence de son interface et la fluidité de ses animations, alors que sur d’autres il semble être en retrait, par exemple en ce qui concerne l’intégration de la biométrie, permettant de s’affranchir complètement du mot de passe, ou la synchronisation avec le compte Microsoft sur Windows, plus aboutie que le cas du compte Apple sur macOS.

Le passage d’un système à l’autre demande du travail, mais est loin d’être impossible, surtout pour un usage simple. C’est une autre qualité que je trouve à l’environnement Apple : la marque intègre de nombreux outils directement avec son système. On a le navigateur, mais aussi un logiciel de montage vidéo, de capture d’écran, et bien d’autres. Pour un nouveau venu, c’est forcément bénéfique.

macOS intègre une large suite d’outils Apple

macOS intègre une large suite d’outils Apple // Source : Frandroid

En définitive, je n’ai pas été séduit par macOS dans mon cas d’utilisation personnel et j’ai été content de retrouver Windows pour finir la rédaction de ce test. Mais il s’agit bien de mon expérience personnelle et non d’une généralité à appliquer pour comparer les deux systèmes, qui ont leurs qualités et leurs défauts. Un peu comme la différence entre Android et iOS, je pense qu’il n’y a pas vraiment de choix meilleur que l’autre entre macOS et Windows. C’est avant tout une question d’habitude et de méthodes de travail qui permettront à chacun de trouver chaussure à son pied.

Webcam à peine « haute définition »

Alors que l’on connait tous les talents d’Apple pour proposer de bons modules photo sur iPhone, et même sur iPad, la marque se refuse toujours à en faire profiter ses ordinateurs. Le MacBook Air a donc le droit à une caméra FaceTime HD 720p.

La qualité de la caméra laisse à désirer

La qualité de la caméra laisse à désirer // Source : Frandroid

La caméra intégrée par Apple est vraiment de piètre qualité. Ce sera suffisant pour de la visio, mais ne comptez pas vraiment montrer un détail de votre caméra et tous vos correspondants proposeront à coup sûr une meilleure qualité d’image avec leurs appareils.

Un ultraportable bien bruyant

La configuration testée

Notre configuration est équipée d’un processeur Intel Core i5 1030NG7 gravé en 10 nm et intégrant 4 cœurs et 8 threads, cadencé de 1,1 GHz à 3,GHz selon les besoins. Il est accompagné par 8 Go de RAM LPDDR4X à 3733 MHz et un stockage SSD de 256 Go.

Performance en bureautique et usage web

On commence nos tests de performances par un tour sous CineBench R20 sur lequel on obtient un score de 1017 points. C’est assez loin des 1500 points atteints par le Dell XPS 13, avec pourtant une référence processeur qui peut sembler proche sur le papier. Le processeur intégré au MacBook Air est en réalité un Intel Ice Lake Y spécialement fabriqué pour Apple dont le TDP est de 10 W, contre 15 W pour la gamme Ice Lake U utilisée sur la plupart des ultraportables comme le Dell XPS 13.

Les résultats du test Cinebench sont médiocres

Les résultats du test Cinebench sont médiocres // Source : Frandroid

À ce titre, le MacBook Air cache en réalité un ordinateur se rapprochant plutôt du MacBook tout court, le fameux ultraportable poids plume d’Apple qui avait fait couler tant d’encre à sa sortie pour sa puissance limitée.

Avec ce MacBook Air on se contentera donc de faire de la bureautique plutôt légère, avec très peu de tâches complexes sous peine de voir la machine atteindre ses limites.

Performances en jeu

Évidemment, l’appareil n’intègre aucune puce graphique dédiée, mais Apple a tout de même choisi une puce Intel Iris Graphics un peu plus performante que les classiques Intel HD Graphics. Sans surprise ce n’est vraiment pas suffisant pour assurer une expérience dans des jeux un minimum gourmand. Même le populaire Fortnite ne tourne pas correctement sur la machine et affiche de faibles performances dès le menu principal, avec pourtant tous les paramètres et la définition d’affichage réglés au minimum possible. Durant une autre session de test, j’ai pu voir les performances du MacBook faire le yo-yo, ce qui semble pointer vers une difficulté de la machine à correctement refroidir le processeur pour maintenir les performances.

Si vous souhaitez jouer, il faudra se contenter de vieux titres ou des jeux très peu gourmands, en 2D par exemple. Reste le problème de la bibliothèque limitée de jeux compatibles avec macOS. Sur ce genre de machine, la meilleure solution sera peut-être de s’orienter vers le cloud gaming.

Une petite soufflerie

En choisissant un processeur avec une enveloppe thermique plus faible que les autres processeurs, on avait bon espoir de ne jamais entendre la ventilation du MacBook Air. Malheureusement, ce n’est pas du tout le cas, bien au contraire.

Une utilisation relativement simple de la machine, comme de la navigation web sur un ou deux onglets, permet encore de garder un peu de calme, mais il suffit d’une simple installation d’un logiciel, d’un jeu ou d’une mise à jour pour enclencher la ventilation de la machine. Cette dernière est particulièrement bruyante pour un ultraportable et peut devenir pénible si la machine est utilisée comme outil de travail. L’arrivée de l’été durant ce test n’a pas aidé à la situation.

On se retrouve donc parfois avec une machine qui n’est ni particulièrement performante, ni particulièrement silencieuse.

Une bonne autonomie

Avec un TDP de seulement 10 W pour le processeur, on peut s’attendre à une bonne autonomie pour cet ultraportable équipé d’une batterie de 49,9 Wh. Première constatation : le MacBook Air tient très bien en veille. Il est très agréable de pouvoir mettre une machine en veille en fermant simplement le capot et de la retrouver plusieurs jours après avec toujours autant de batterie. D’après mon expérience, c’est quelque chose que macOS gère beaucoup mieux que Windows, qui peut parfois avoir un comportement assez aléatoire sur ce point.

À l’usage c’est un peu différent, l’expérience se rapproche assez de celle d’un ultraportable sous Windows dans ce cas. J’ai pu observer une autonomie entre 8 et 9 heures en navigation web avec quelques onglets ouverts simultanément. Cela se situe dans l’échelle haute de ce que l’on constate sur nos tests d’ultraportable. Attention en revanche : comme sur Windows, certaines applications sont particulièrement gourmandes. Par exemple, le téléchargement et l’installation d’un jeu vont utiliser la bande passante, faire chauffer la machine et enclencher sa ventilation, ce qui a un effet direct sur sa longévité avant une recharge.

Prix et disponibilité

Le MacBook Air est commercialisé à partir de 1199 euros en France pour le modèle avec Intel Core i3 (2 cœurs), 256 Go de SSD et 8 Go de RAM. Nous vous recommandons d’ajouter 50 euros pour le modèle avec Intel Core i5 à 4 cœurs, soit un total de 1249 euros.

Selon les configurations, le tarif peut monter jusqu’à 2579 euros pour un Intel Core i7, 16 Go de RAM et 2 To de stockage SSD.

Le verdict du Apple MacBook Air 2020

design
9
En matière de design, Apple a longtemps été la référence des ordinateurs portables. Ce MacBook Air revient aux sources avec son clavier et son trackpad réussis, ses finitions exemplaires et une sobriété intemporelle. La machine perd un poids pour son encombrement forcément supérieur pour un simple écran de 13,3 pouces en raison des marges autour de l'écran.
écran
8
L'écran IPS du MacBook Air affiche une belle définition et des couleurs plutôt bien calibrées. On regrette simplement une luminosité maximale limitée, notamment en plein soleil. Une limitation artificielle imposée par macOS. Ce n’est pas le meilleur écran du marché, mais il s'en sort correctement.
logiciel
8
MacOS propose par défaut une bonne expérience utilisateur, avec de nombreux outils intégrés pour les besoins du quotidien qui satisferont sans aucun doute le grand public. Le jeu reste le point faible à la fois de ce genre de machine, mais aussi du système qui n'offre pas les mêmes possibilités que Windows. Apple et Microsoft ont deux philosophies bien distinctes pour leurs systèmes, chacun avec des forces et des faiblesses.
performances
6
Un ultraportable n'est pas conçu pour répondre à tous les besoins, et ce MacBook Air en est le parfait exemple. Son processeur montre ses limites assez rapidement, et il faudra donc se contenter de tâches légères, comme de la navigation web ou de la lecture vidéo. Hors de question de jouer ou faire des retouches lourdes. Dommage que cette faible puissance se traduise pourtant par une ventilation bruyante, normalement réservée aux machines plus véloces.
caméra
4
Le confinement a démontré qu'une bonne caméra pouvait être utile. La caméra Facetime du MacBook Air fait le strict minimum, mais n'est pas vraiment au niveau de ce que l'on peut attendre d'Apple.
autonomie
8
L'autonomie en veille de la machine est excellente. À l'usage, il faudra faire attention à certaines applications gourmandes, mais dans l'ensemble le MacBook Air s'en sort avec les honneurs sur ce point.
Note finale du test
7 /10
Le MacBook Air version 2020 mise fort sur son design, sa simplicité relative d'utilisation et sa bonne autonomie pour être le PC haut de gamme idéal de monsieur tout le monde. Dommage que les performances du processeur soient si limitées, notamment en raison d'un système de refroidissement qui mériterait visiblement (ou plutôt « audiblement ») d'être retravaillé. On le recommande donc avant tout à ceux qui sont prêts à mettre le prix dans une machine haut de gamme, qui restera agréable à utiliser pour des usages simples, et qui font déjà partie de l'écosystème Apple en ayant un iPhone ou un iPad. Ce dernier est d'ailleurs le plus grand concurrent de ce MacBook Air à mon sens. Pour un prix approchant, il est possible aujourd'hui d'investir dans un iPad Pro particulièrement véloce, bourré de technologies et dans lequel Apple investit énormément d'efforts.

Si l'on reste sur le marché du PC, ce problème de performances, mais aussi quelques défauts comme la caméra Facetime au rabais ou l'absence de Wi-Fi 6 nous pousseront à plutôt recommander des ordinateurs au même tarif chez la concurrence, qui proposent aujourd'hui des machines aux excellentes finitions, avec de bonnes performances, et les dernières technologies. Évidemment, ces ordinateurs tournent sous Windows, si vous êtes un adepte de macOS et que vous avez besoin de plus de performances, il faudra alors se tourner vers le MacBook Pro.
Points positifs
  • Design soigné
  • Finitions exemplaires
  • Écran bien calibré
  • Bonne autonomie
  • La suite complète de logiciels Apple
Points négatifs
  • Performances médiocres
  • Vraiment mauvais pour les jeux vidéo
  • Ventilation bruyante
  • La caméra Facetime
  • Pas de Wi-Fi 6

Les derniers articles