
Article actualisé le mercredi 8 juillet : BMW France nous a contacté suite à la publication de cet article pour nous préciser que la marge à 1 % est une prévision, comprise dans la fourchette de 1 à 3 % (et non pas 1 % seulement).
Aussi, les 7 700 postes supprimés n’ont pas été confirmés à ce stade et restent donc une rumeur.
Article original du 6 juillet 2026 : On le sait, le marché automobile mondial est en pleine mutation. Cela s’explique notamment par des normes de plus en plus strictes autour des émissions polluantes, mais pas seulement. Car les constructeurs doivent également faire face à une concurrence accrue de la part des marques chinoises.
Ces dernières arrivent en masse sur le marché, puisqu’elles sont actuellement pas moins de 129 en activité. Or, une grande partie d’entre elles veut désormais s’étendre dans le monde entier. Ce qui a pour effet d’inquiéter les marques « traditionnelles », notamment européennes.

C’est le cas de BMW, qui vient d’annoncer ses prévisions pour l’année 2026. Relayée par le site Automotive News Europe, la firme basée à Munich table sur une forte baisse, avec des profits de seulement 1 à 3 %. Et ce alors que la fourchette précédente était de 4 à 6 %. Pour mémoire, les prévisions de marge étaient de 5 % en 2025, et elles avaient même frôlé les 10 % en 2023. Nous en sommes donc désormais très loin.
Pour donner un ordre de grandeur, l’action BMW a chuté de plus de 7 % à Francfort au lendemain de l’annonce, tombant à son plus bas niveau depuis fin 2020. Volkswagen et Mercedes ont suivi dans son sillage.

Et la raison est directement liée à la Chine. Le constructeur allemand subit de plein fouet le ralentissement des ventes sur ce territoire. Car le problème, c’est que l’Empire du Milieu reste actuellement l’un des plus grands marchés pour les marques allemandes.
C’est aussi le cas pour Mercedes, Volkswagen ainsi que Porsche, entre autres. Or, les immatriculations sont en baisse, et la concurrence des marques chinoises y est de plus en plus forte. Désormais, les clients chinois se détournent des marques européennes pour choisir leurs constructeurs locaux.
Des baisses significatives
Par ailleurs, il faut se rappeler aussi que les voitures électriques chinoises coûtent nettement moins cher que les modèles venus d’Europe. Et ce car produire une auto dans l’Empire du Milieu coûte environ 40 % de moins. Ce qui a un effet non négligeable sur les bénéfices des constructeurs chinois.
Car on le rappelle, BMW produit encore la majorité de ses autos en Allemagne, avant de les exporter vers l’Asie. Or, cela coûte de l’argent, et pèse donc dans sa rentabilité. Mais cela pourrait ne pas durer éternellement, car l’entreprise devrait être contrainte de changer de stratégie.
C’est ce qu’estime Philippe Houchois, analyste chez Jefferies « BMW pourrait repenser son modèle économique d’assemblage mondial, encore largement axé sur l’exportation de voitures à moteur thermique fabriquées en Allemagne ». Et ce alors que les marques allemandes subissent une concurrence par les prix qualifiée de « darwinienne ».
Sans oublier que la guerre entre l’Iran et Israël a aussi eu un impact sur la rentabilité de la firme à l’hélice. Et ce en raison de la hausse du coût de l’énergie et de la baisse des ventes de voitures neuves.

Résultat, BMW table sur une baisse particulièrement significative de son bénéfice et de son flux de trésorerie disponible au deuxième trimestre. Les immatriculations devraient elles aussi diminuer.
En parallèle, la marque a récemment annoncé étendre son programme de réduction des coûts pour 2026. Le tout tandis qu’elle avait déjà diminué ses investissements en R&D. D’autres constructeurs l’ont aussi fait, se tournant vers la Chine pour concevoir des autos moins chères. Le tout au détriment des équipementiers européens, qui paient le prix fort de cette guerre des tarifs.
Autre signe de la tension : BMW prévoit de réduire ses effectifs mondiaux d’environ 5 % d’ici la fin de l’année, soit près de 7 700 postes, et prépare des discussions avec les représentants du personnel. De quoi mesurer l’ampleur du plan d’économies évoqué par le groupe.
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