
En quelques années seulement, la Chine a massivement envahi le marché européen des voitures électriques. Profitant de la volonté de Bruxelles de mettre fin à la vente d’autos thermiques, Pékin a envoyé en masse ses véhicules sur notre territoire. Et au fil des années, ces derniers se sont largement imposés. Rien qu’en France, la part de marché des constructeurs de l’Empire du Milieu atteint désormais les 7 % en juin 2026. Une situation qui inquiète fortement les marques « traditionnelles », mais pas seulement.
Certes, la Commission européenne a mis en place des droits de douane sur les véhicules électriques produits en Chine. Mais ce n’est pas encore suffisant, au contraire. Et désormais, c’est un autre type d’entreprises qui est également menacé. Il s’agit des équipementiers, comme le révèle un article du Monde.
Car désormais, « la guerre des prix chinoise s’exporte maintenant en Europe » selon Tommaso Pardi, chercheur spécialisé dans le secteur automobile. Les constructeurs veulent tirer les prix vers le bas, afin de rivaliser avec la Chine.

Car là-bas, une voiture coûte environ 40 % de moins à produire, ce qui permet aussi de réduire les tarifs pour les clients. Et donc de rendre ces autos plus compétitives. Et les groupes chinois ne manquent pas de moyens pour s’imposer. Ils offrent désormais aux constructeurs les frais d’étude et de conception des pièces. Une proposition évidemment très alléchante pour les marques qui veulent faire des économies. Le tout sans qu’ils perdent de l’argent, car ils bénéficient de subventions publiques de la part de Pékin.
L’Europe veut serrer la vis
Résultat, même les constructeurs européens tournent le dos aux équipementiers historiques au profit des Chinois. Ainsi, Renault a notamment mis fin à sa collaboration avec Valeo pour la conception de son moteur électrique sans terres rares. Elle veut désormais confier cette mission à la Chine, où il ouvre un second centre de R&D.
Selon une étude de McKinsey, 69 % des entreprises du secteur automobile se déclarent désormais confrontées à un concurrent chinois, contre 57 % un an plus tôt.
Le tout alors que la part de marché des constructeurs chinois a dépassé les 10 % en Europe en mai 2026. Contre 6,6 % sur la même période en 2025. Mais la Commission européenne veut désormais agir, face aux équipementiers qui appellent à l’aide. Elle a notamment proposé un plan visant à encourager la production locale.
Au départ, elle demandait que les voitures électriques contiennent au moins 70 % de composants fabriqués sur le continent. Elle envisage aussi que 85 % des ventes de chaque constructeur soient conformes à ce critère.

De leur côté, certaines marques telles que Stellantis et Volkswagen demandent des ajustements. Elles souhaitent que ce chiffre descende à seulement 70 %, tout en conservant le taux de composants produits en Europe à 70 %.
Mais pour certains, ce n’est pas forcément une bonne idée. C’est le cas de Jean-Louis Pech, président de la FIEV (Fédération des industries des équipements pour véhicules), membre du Clifa (Comité de liaison des industries fournisseurs de l’automobile).
Pour lui, cette règle permettrait aux constructeurs d’« afficher une empreinte européenne importante tout en conservant une grande latitude pour s’approvisionner hors d’Europe ».
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