Pour contrer la Chine, l’Europe prépare une nouvelle riposte sur la voiture électrique

 
Bruxelles travaille sur une solution pour contrer l’arrivée des voitures électriques chinoises en Europe. Une mesure soutenue par Stellantis et Volkswagen.
Peugeot E-208 // Source : Peugeot

Les ventes de voitures électriques chinoises ont explosé en Europe au cours de l’année 2025. En novembre, ce ne sont pas moins de 3,4 millions qui ont été livrées sur le Vieux Continent, soit une hausse de 3,4 % en un an. Et bien sûr, cela ne plaît pas du tout à Bruxelles, qui veut tout faire pour mettre des bâtons dans les roues aux constructeurs de l’Empire du Milieu. C’est ainsi qu’elle a mis en place des droits de douane, mais elle veut désormais aller encore plus loin.

Et cela à la demande de deux groupes, à savoir Stellantis et Volkswagen. Ces derniers avaient demandé à la Commission Européenne de créer un nouveau coup de pouce financier pour les autos produites en Europe. Ce dernier serait baptisé « bonus CO2 ». Et il semblerait que Bruxelles ait été séduit par cette idée, comme le rapporte le Financial Times. Ce dernier indique que la Commission Européenne envisage de créer une mesure, obligeant les voitures électriques à contenir au moins 70 % de composants produits en Europe.

Renault R5 image bank media Test-Drive, from September 21 to 23th 2024 at Nice, France – Photo Yannick Brossard / DPPI

Si ce quota n’est pas respecté, les constructeurs ne pourraient pas bénéficier des subventions d’État, sans doute comme la prime CEE (ex bonus écologique) en France. Pour mémoire, cette dernière est déjà conditionnée à un éco-score suffisant, posant ainsi les bases de cette nouvelle règle de contenu local envisagée par l’Union européenne.

Et selon les premières informations, les voitures électriques ne seraient pas les seules concernées par cette mesure. Ce serait en effet aussi le cas des modèles hybrides et à hydrogène.

Des réactions partagées

Tous les véhicules électrifiés qui bénéficient déjà de subventions de la part des différents gouvernements seront concernés. Mais aussi ceux qui sont loués ou détenus par des organismes publics. Tous devront être assemblés sur le Vieux Continent, et contenir au moins 70 % d’éléments venus d’Europe.

Cependant, la batterie n’en fait pas partie. Une nuance surprenante, alors que plusieurs entreprises avaient tiré la sonnette d’alarme face à la domination de la Chine. Celle-ci contrôle encore quasiment tout le secteur à l’heure actuelle.

Sur le papier, cette mesure envisagée par Bruxelles pourrait donner un coup de boost à la production européenne, en incitant financièrement les constructeurs. Mais tous ne sont pas forcément très enthousiastes. C’est par exemple le cas de Mercedes et BMW.

Ce dernier avait déjà affirmé son opposition aux droits de douane sur les voitures électriques chinoises. Et il craint désormais des représailles de la part de l’Empire du Milieu si ce « bonus CO2 » s’appliquait. Selon les deux marques allemandes, cette mesure pourrait freiner l’innovation.

BMW iX3 (2025) // Source : BMW

De son côté, Valeo demande que cette nouvelle réglementation couvre tous les composants, et même la batterie. En parallèle, les fournisseurs rappellent que 75 à 80 % des éléments présents dans les voitures assemblées en Europe viennent déjà du continent. Et ils estiment que les nouvelles règles liées au contenu local doivent au moins « préserver le statu quo ».

Pour eux, cette mesure « doit comporter une définition précise des véhicules et des composants de fabrication européenne ». De son côté, Renault soutien cette idée de Bruxelles, mais plaide pour un seuil à 60 %.


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