
La voiture électrique commence enfin à s’imposer en France, et plus globalement en Europe. Au mois d’avril 2026, cette motorisation a en effet atteint une part de marché de 19,7 % sur le Vieux Continent. Le tout avec des ventes en hausse de 33,8 % sur les quatre premiers mois de l’année.
Cependant, tout n’est pas encore rose, notamment en ce qui concerne les entreprises. Car pour le moment, celles-ci sont à la traîne dans le domaine de l’électrification. Et ce comme l’avait révélé une étude de DKV Mobility.
On compte actuellement seulement 12 % de VE dans les flottes en Europe, un chiffre qui passe à 15 % pour la France. Sur l’ensemble du continent, c’est pour le moment le diesel qui reste majoritaire, avec 37 %. Et désormais, Bruxelles veut que ça change, une bonne fois pour toutes. Pour cela, elle compte bien sévir, comme l’explique le média allemand Handelsblatt. Celui-ci révèle que le Parlement européen envisage une mesure particulièrement forte, afin de contraindre les entreprises à passer à l’électrique.


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Désormais, les élus veulent tout simplement mettre définitivement fin aux avantages fiscaux accordés aux voitures thermiques. L’idée est d’interdire à tous les États membres de proposer ce type d’aide, à partir de 2028. Et cela pourrait changer pas mal de choses dans certains pays, et notamment l’Allemagne. Là-bas, les voitures de société dépendent en grande partie de ces coups de pouce de l’État. Près de deux tiers des voitures neuves immatriculées outre-Rhin le sont par des entreprises.
Concrètement, le texte ne viserait pas toutes les entreprises : seules les sociétés de plus de 250 salariés réalisant plus de 50 millions d’euros de chiffre d’affaires seraient concernées. Les PME passent donc entre les mailles du filet. Côté calendrier, des quotas nationaux de véhicules à zéro ou faibles émissions sont fixés pour 2030 et 2035, avec des seuils différenciés selon le PIB par habitant et le niveau d’électrification déjà atteint dans chaque pays.
Rien n’est encore joué
De nombreux constructeurs dépendent largement des entreprises, comme BMW, Porsche ou encore Mercedes. Car une grande partie de leur activité repose sur la vente de voitures de société, grâce aux avantages fiscaux. Et forcément, l’industrie automobile montre sa réticence face à ce projet. Même son de cloche du côté des professionnels de la location, qui seraient aussi concernés par cette mesure. Ainsi, Nico Gabriel, directeur des opérations du loueur allemand Sixt, qualifie cette dernière d’« irréalisable ».
Rien n’est encore acté : cette proposition doit encore être examinée par le Parlement européen et le Conseil de l’Union européenne. En parallèle, le projet prévoit que les subventions accordées aux voitures électriques de société soient uniquement réservées aux modèles fabriqués sur le Vieux Continent. Et ce alors que Bruxelles envisage également un nouveau coup de pouce financier pour les autos dont au moins 70 % des composants seraient européens.

En France, le gouvernement veut aussi serrer la vis et contraindre les entreprises à adopter la voiture électrique. Car pour le moment, les quotas déjà imposés ne sont en fait que très rarement respectés à l’heure actuelle. Un député avait déposé fin 2024 une proposition de loi visant à sanctionner les sociétés, avec une amende de 2 000 euros par voiture électrique manquante. Pour mémoire, l’État imposait 20 % de VE dans les flottes d’au moins 100 véhicules en 2024. Ce chiffre passera à 50 % à l’horizon 2030.
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