Voitures électriques : le plan choc de Renault pour faire chuter les coûts de 40 %

 
Renault veut s’inspirer de la Chine pour réduire de 40 % les coûts de ses voitures électriques. Un objectif nécessaire pour assurer sa survie au cours des prochaines années.
Renault Twingo E-Tech // Source : Renault

A l’heure où la Chine prend de plus en plus d’importance dans l’industrie automobile, deux visions s’affrontent. Si les pouvoirs publics veulent tout faire pour mettre des bâtons dans les roues de l’Empire du Milieu, certains constructeurs ont une autre stratégie. Outre BMW, qui estime que la concurrence est nécessaire, Renault veut quant à lui s’inspirer des méthodes de travail chinoises. C’est ainsi que la firme au losange a ouvert un centre de recherche et développement à Shanghai, baptisé ACDC.

Ce dernier a notamment été chargé du développement de la nouvelle Twingo E-Tech. Celle-ci avait été conçue en seulement 21 mois, du concept au lancement de la production. Et désormais, Renault compte bien tirer les leçons de ce centre de R&D pour toutes ses futures auto, comme l’indique le site Automotive News Europe. Car désormais, la firme au losange veut réduire les coûts de ses nouveaux modèles jusqu’à 40 %. Une baisse inévitable et indispensable.

Renault Twingo E-Tech // Source : Renault

C’est ce qu’a déclaré le patron de la marque François Provost, qui estime quel a réduction du tarif d’entrée de gamme est « une question de survie ». Le constructeur estime que sa viabilité ne peut être assurée que « si l’entreprise parvient à égaler les délais et les coûts de développement des constructeurs automobiles chinois ».

Et pour cela, Renault va donc s’inspirer des méthodes appliquées en Chine, et notamment dans son centre ACDC. Le PDG indique que « notre défi est d’en faire la norme et de démontrer que Renault est capable de développer des modèles en deux ans ».

Les batteries comme solution

Le chiffre de 40 % n’a sans doute pas été annoncé par hasard, puisque c’est exactement le même qui a été indiqué dans le rapport publié par le Haut-Commissariat au Plan.

Ainsi, produire en Chine coûte en moyenne 40 % de moins qu’en Europe. Mais comment Renault va t-il réussir à rendre ses voitures plus abordables ? Et bien d’abord, le constructeur va devoir accroître sa collaboration avec des fournisseurs chinois. C’est dans ce contexte que la firme au losange a mis fin à son contrat avec Valeo, pour travailler avec des entreprises de l’Empire du Milieu.

En parallèle, elle va également accroître son usage des batteries LFP (lithium – fer – phosphate), moins onéreuses que les packs NMC (nickel – manganèse – cobalt). Ce choix offre une différence d’environ 20 %, alors que l’on sait que l’accumulateur est l’élément le plus cher sur une auto électrique.

Outre la Twingo , la Mégane E-Tech va aussi avoir le droit à cette chimie plus abordable. Au contraire de la R5, qui va conserver le NMC. Et ce car François Provost estime qu’il n’est pas nécessaire de « forcer » l’achat de ce véhicule.

Renault Twingo E-Tech // Source : Renault

Le constructeur fera aussi des économies grâce à sa filiale Horse, chargée de produire des moteurs thermiques dans le cadre d’une co-entreprise avec Geely. De quoi réduire les coûts variables de 400 euros par voiture.

Au total, le constructeur pourrait économiser pas moins d’un milliard d’euros, si l’on prend en compte les ventes du groupe pour 2025. Des ajustements nécessaires alors que la concurrence chinoise est de plus en plus rude, avec des prix tirés vers le bas. Même si Pékin a désormais décidé de serrer la vis sur ce point.


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