« Pas à vendre » : Stellantis tape du poing sur la table face aux ambitions de BYD pour Maserati

 
En difficulté, Maserati intéresserait très fortement BYD. Le géant de la voiture électrique pourrait racheter la firme italienne. Mais rien n’est encore joué…
Maserati GranTurismo Folgore // Source : DPPI pour Maserati

On le sait, le groupe Stellantis n’est pas vraiment dans une situation enviable, et cela dure depuis plusieurs années. La firme franco-italienne fait face à de nombreuses difficultés, alors que son nouveau patron Antonio Filosa souhaite désormais redresser la barre. C’est ainsi qu’il a mis en place un vaste plan stratégique de 60 milliards d’euros pour remettre l’entreprise à flots. Celui-ci devrait miser sur quatre marques principales, tandis que les autres deviendront secondaires. Et parmi elles, il y Maserati.

Le constructeur italien traverse une période de très fortes turbulences, et représente moins de 1 % des ventes du groupe européen. Et afin de survivre, il pourrait désormais se rapprocher de la Chine. Un partenariat avec JAC et Huawei avait été évoqué quelques semaines plus tôt. Mais voilà que Automotive News Europe rapporte un nouveau rebondissement. Et pour cause : selon Automotive News Europe, une autre entreprise chinoise s’intéresse de très près à Maserati. Il s’agit sans surprise de BYD, géant de la voiture électrique dans le monde.

Crédit : Maserati

Ce dernier a plus que jamais à coeur de se développer encore plus en Europe, et tout particulièrement sur le segment du luxe. Et s’il a déjà lancé sa filiale Denza, il veut encore aller plus loin. Le 13 mai dernier, Stella Li, vice-présidente de BYD s’est exprimée auprès de Bloomberg. Et elle n’y est pas allée par quatre chemins. Elle a en effet jugé la marque Maserati « très intéressante » pour BYD. Cependant, elle indique qu’aucune décision n’a encore été prise pour le moment.

Il faut toutefois bien distinguer deux discussions différentes. Selon Automotive News Europe, BYD négocie d’un côté la reprise d’usines européennes sous-utilisées — Stellantis, mais aussi Renault et Nissan sont cités — pour produire localement et contourner les droits de douane de 17 à 35 % imposés par Bruxelles sur les voitures électriques chinoises. Et de l’autre, il évalue séparément le rachat de marques de luxe en difficulté, dont Maserati. Les deux dossiers ne se recoupent pas forcément : ce que BYD confirme surtout, ce sont les usines.

Un rachat est-il à prévoir ?

Mais qu’en pense la principale intéressée ? Et bien du côté de la marque italienne, ce n’est pas vraiment le même son de cloche. C’est ainsi que le directeur général de l’exploitation, Santo Ficili s’est exprimé à ce sujet. Et il ne laisse pas de place au doute : « Maserati n’est pas à vendre ».

Cependant, l’homme d’affaires n’exclut pas des partenariats technologiques avec des constructeurs chinois. En parallèle, les experts sont sceptiques quant à un éventuel rachat par BYD, même si cette option n’est pas non plus « irréaliste ».

Ces derniers estiment que « ce genre d’information paraît très séduisant dans un communiqué de presse, mais d’un point de vue économique, elle n’a guère de sens ». Et ce pour une raison simple. BYD a affiché des résultats décevants sur son marché natal, la Chine. Ce qui pourrait freiner considérablement les ambitions du géant de la voiture électrique en Europe. Même si la firme a cartonné en France au mois de mai, comme nous l’avons expliqué.

À noter d’ailleurs que BYD a, depuis, calmé le jeu : interrogé par Automotive News, le constructeur a précisé continuer à « étudier » le dossier sans avoir engagé la moindre démarche concrète. De quoi rappeler qu’entre une marque d’intérêt affichée en conférence et une opération de rachat, il y a un gouffre.

Maserati Grecale Folgore // Source : TheGoodClick pour Maserati

Cette dernière, basée à Shenzhen veut désormais accélérer sur le Vieux Continent, en installant notamment des usines sur place. Et ce afin d’échapper aux droits de douane actuellement en vigueur sur les voitures électriques. D’autant plus que Maserati possède sa propre usine à Modène, en Italie. Et celle-ci pourrait évidemment intéresser BYD, qui pourrait s’en servir pour y assembler ses autos. Cependant, il est aussi possible que le constructeur envisage le rachat d’autres marques, sans qu’il n’en dise plus pour le moment.


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