Voilà plus de huit mois que j’utilise le Huawei Mate 10 Pro. Alors que l’on voit de plus en plus d’informations circuler sur son successeur, voici un petit retour d’expérience sur ce smartphone qui séduit encore pleinement par sa qualité photo, mais qui pêche sur quelques détails.

Travailler à FrAndroid permet beaucoup de choses rigolotes : se moquer de Manu, faire des vannes avec Loup, être surpris par la bizarrerie de Maxime, écouter Cassim vanter les mérites de Windows Phone… Et entre ces moments de franche camaraderie, le cœur de notre métier est toujours le même : tester des smartphones.

Or, un test classique dure au moins une semaine, parfois quelques jours supplémentaires. Et dans le lot des modèles que nous essayons, certains attirent tout particulièrement votre attention et la nôtre également. Cela a par exemple été le cas à la fin de l’année 2017 avec le Huawei Mate 10 Pro.

Je m’étais chargé du test et après avoir beaucoup apprécié l’appareil et à la lecture de messages de plusieurs lecteurs enthousiasmés, j’ai décidé de l’utiliser en tant que smartphone personnel, au quotidien. Huit mois plus tard et alors que l’on entend assez régulièrement parler du Mate 20 (ou Mate 20 Pro), je vous fais part ici de mon retour d’expérience.

Il a souffert, mais il est vaillant

Je ne reviendrai pas particulièrement sur le design que j’apprécie toujours autant. Hélas, je n’ai pas été toujours très tendre avec lui. Les randonnées, les soirées mouvementées et mon incommensurable maladresse ont eu raison de son dos et de ses arêtes aujourd’hui rayés à divers endroits. Une coque aurait parfaitement protégé l’appareil, mais je n’aime pas ça et je suis têtu.

Autre détail assez gênant : je n’ai pas de casque sans fil. Or, la prise jack a tiré sa révérence sur ce modèle. Je me coltine donc l’adaptateur USB-C vers jack. On s’y fait avec le temps, mais cela reste assez frustrant. Utilisant mon casque également sur mon ordinateur — qui a la bonne connectique — je me vois obligé d’enlever et remettre le dongle plusieurs fois dans la journée. Pourquoi ne pas laisser l’adaptateur accroché au smartphone dans ce cas ? Je n’aime pas avoir un petit cordon suspendu inutilement en bas de l’appareil dès que je le consulte. Je trouve cela trop ridicule.

La bête a souffert

Quant à la dalle AMOLED, elle continue de ravir mes pupilles. Je suis assez content d’avoir pu régler finement la température des couleurs via la palette disponible dans les paramètres. Personnellement, j’ai opté pour un ajustement plus chaud que celui appliqué par défaut, mais plus froid que le mode « Chaud ». Vous suivez ?

Un amour de photographe

Passons maintenant au double appareil photo. Je n’ai RIEN à redire dessus. Bien au contraire, il est vraiment excellent et fait encore partie, à mon humble avis, des meilleurs appareils dans ce domaine malgré le fait qu’il soit sorti à la fin de l’année 2017. J’ai eu l’occasion de vadrouiller un peu ces derniers mois et le double capteur du Mate 10 Pro ne m’a jamais laissé tomber. Très intelligent, le système se comporte parfaitement dans 99 % des cas. En vacances, mes amis jalousaient la qualité d’images que j’obtenais avec mon smartphone. Si comme moi vous êtes un frimeur ou une frimeuse, vous trouverez là un compagnon idéal pour flatter votre ego.

Mention spéciale pour les effets bokeh — le mode Grande Ouverture qui permet de créer cet effet flou net après la prise de vue est, par ailleurs, très efficace, mais pas exempt de tout raté. Quand je prends une photo avec le Mate 10 Pro, je m’amuse littéralement. C’est devenu un vrai loisir alors que je dégainais beaucoup moins souvent mon téléphone pour capturer certaines scènes. C’est pour moi le principal point fort de mon smartphone à l’heure actuelle.

Pour les selfies, le capteur frontal s’en sort très bien pour l’utilisation que j’en ai : immortaliser des têtes absurdes, une ambiance festive, un rasage de crâne, un moment de solitude dans la salle Presse du MWC… Certains contre-jours posent cependant problème et la faible luminosité impacte considérablement le niveau de détails.

La qualité vidéo en selfie n’est cependant pas très bonne, l’image semble vraiment « molle ». Pour vous en convaincre, je vous invite à (re)regarder notre première vidéo concernant les smartphones utilisés à la rédaction admirez mon passage qui ne brille pas vraiment par la finesse de l’image ou la gestion de la dynamique. Pour le capteur arrière, je n’ai jamais vraiment à eu me plaindre de quoi que ce soit sur la vidéo.

De tout petits désagréments… qui s’accumulent

Le téléphone tourne sous EMUI 8.0 basé sur Android 8.0. Côté launcher, je me suis longtemps contenté de celui offert par défaut, mais au bout d’un moment le design des icônes d’applications m’a agacé et Nova me faisait tellement de l’œil que j’ai fini par craquer, sans aucun regret. L’aspect intuitif de ce lanceur alternatif me convient tout à fait et les nombreux raccourcis et personnalisations qu’il permet sont un régal. Je le recommande d’ailleurs sans hésiter à toute personne désireuse de changer un peu d’air sur son téléphone.

Mis à part cela, un bug logiciel assez récurrent me perturbe et j’aurais bien du mal à le décrire et encore plus de difficulté à en expliquer la raison. Sans prévenir — et particulièrement quand je regarde une vidéo (sur YouTube ou autre) — le Mate 10 Pro m’affiche parfois un écran blanc indiquant qu’un nouveau tag a été ajouté et que « le tag est vide ou le téléphone n’est pas aligné ». Je n’ai absolument aucune idée de ce qu’essaie de me dire le cellulaire… peut-être, car cela n’a aucun sens, sauf si l’on apprend que Huawei a été la cheville ouvrière du Mouvement des non-alignés lancé pendant la Guerre Froide… Sauf votre respect, permettez-moi d’en douter.

(Un lecteur avance que ce bug est lié au NFC, le téléphone pensant, à tort, détecter un appareil à proximité. C’est un début d’explication mais le souci reste très étrange.)

Au moment où j’écris ces lignes, ce souci semble avoir disparu : voilà plusieurs semaines qu’il ne m’a pas embêté. Espérons donc que tout a été résolu, mais restons méfiants ! Au-delà de cela, il m’est arrivé de voir quelques applications buguer, mais le plus embêtant a été cette fois où il fallait réitérer un appel deux à quatre fois avant que mon interlocuteur m’entende correctement. Avec un redémarrage, ce désagrément n’était plus qu’un souvenir. Je me rappelle qu’avant que ce problème ne survienne, j’avais laissé trop longtemps le Mate 10 Pro en plein soleil. Je me demande si cela a eu un impact.

Je continue ma liste des désagréments avec la rotation d’écran qui ne se déclenche pas toujours au premier essai et un souci avec la capture d’écran. Sur EMUI il est en effet possible de faire un screenshot simplement en détourant une zone de l’écran avec l’articulation du doigt. Le souci, c’est que cette option s’activait alors que je touchais la dalle du bout de mon index ou de mon pouce. Parfois l’écran était un peu sale et cela a éventuellement perturbé sa perception.

Autant de petits accrochages qui n’ont rien de grave au cas par cas. Néanmoins, leur accumulation peut se révéler agaçante.

Performant avec ce qu’il faut d’autonomie

Les performances restent très satisfaisantes. Je ressens une petite différence avec les smartphones équipés du Snapdragon 845 sur certaines phases de jeu très gourmandes que ces derniers arrivent mieux à gérer. Mais le Mate 10 Pro et son Kirin 970 sont excellents nonobstant. Là où il est parfois mis en difficulté, c’est sur la chauffe. Plus le temps passe, et plus j’ai l’impression que la dissipation de chaleur perd en efficacité. Rien d’alarmant ceci dit, mais on est en droit de se demander comment il s’en sortira dans 2 ou 3 ans.

Concernant l’autonomie, elle est très correcte au quotidien. Néanmoins, la lecture de vidéos et surtout la prise de photos peuvent assez rapidement l’entamer. Malgré cela, il restera toujours assez pour terminer la journée sans peine, mais n’oubliez pas de le brancher la nuit pour éviter toute panne d’oreiller au matin (mieux vaut prévenir que guérir). Ceci dit je n’ai jamais eu de souci quand j’omettais de le charger, il me restait toujours assez pour tenir jusqu’à midi le lendemain sans me limiter dans mon utilisation à part sur les jeux vidéo. C’est plus ma peur absolue du zéro pourcent qui s’exprime ici.

Et si l’ouverture d’une foultitude d’applications n’impacte pas l’efficacité de l’appareil, cela fait perdre un bon nombre de pourcentages de batterie. Aussi, j’ai nettement l’impression que les cycles de charge sont significativement plus courts par rapport au premier mois d’utilisation. C’est assez naturel et dans deux ans, même s’il ne saura plus vraiment tenir la dragée haute il pourra encore résister cahin-caha aux affres du quotidien.

Ce que j’en retiens

Le Huawei Mate 10 Pro répond parfaitement à mes exigences : de belles photos, de bonnes performances et un écran de qualité pour regarder des vidéos. Logiciellement parlant, il m’a fallu opter pour un launcher tiers et composer avec quelques erreurs ici et là. On me dit souvent que je suis patient et c’est peut-être pour cela que j’apprécie toujours utiliser ce smartphone. Une personne plus sanguine que moi se serait plus rapidement énervée.

Le Huawei Mate 10 Pro coûte aujourd’hui 599 euros sur Amazon ou Fnac. À ce prix, je ne pense pas qu’il s’agisse d’un excellent rapport qualité/prix. Pour être réellement séduisant, il faudrait que son tarif tombe plus vers les 500 euros, voire en dessous, et en marketplace il est déjà possible de le trouver dans ces eaux-là.

Dans ce cas-là, je vous le recommanderai chaudement !

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