Le rachat d’ARM par Nvidia pourrait relancer l’innovation des GPU mobiles

 

Avec le rachat d'ARM, Nvidia a pour objectif de pousser ses technologies graphiques sur les architectures mobiles. De quoi relancer le combat des graphismes sur nos jeux mobiles.

Après des années de rumeurs — les premiers bruits de couloirs circulaient déjà à ce sujet en 2015 –, Nvidia vient finalement d’acter le rachat d’ARM pour 40 milliards de dollars. Si cette transaction doit encore être validée par les autorités de la concurrence, elle pourrait impacter de manière importante le paysage des puces graphiques sur smartphones à l’avenir.

La vision de Nvidia

Lors de l’annonce du rachat, Jensen Huang, directeur général de Nvidia, a révélé une partie de ses ambitions concernant le futur d’ARM sous son giron. Plusieurs pistes sont déjà évoquées, comme l’amélioration des efforts de Nvidia dans le domaine de l’intelligence artificielle dans les data centers, mais l’effort combiné des deux acteurs devrait également se voir sur le marché de la téléphonie mobile sur lequel ARM règne en quasi monopole.

Jensen Huang a ainsi précisé vouloir « offrir les technologies de Nvidia à toutes les entreprises qui développent avec ARM » et ainsi permettre aux SoC (System on Chips, les puces mobiles) de bénéficier des GPU conçus par Nvidia. Un domaine sur lequel la marque au caméléon n’a plus à faire ses preuves, comme le montre la récente annonce des cartes RTX 3070, 3080 et 3090.

GeForce sur smartphones ?

Jensen Huang n’a pas donné beaucoup plus de détails à ce sujet, mais il ne fait aucun doute que les téléphones de demain profiteront des connaissances de Nvidia en matière d’améliorations graphiques et d’efficacité énergétique pour améliorer les performances des jeux mobiles si le rachat est validé.

Aujourd’hui, les SoC ARM sont divisés en deux grandes catégories : les puces Qualcomm, équipées de GPU Adreno (une ancienne filiale d’AMD rachetée par Qualcomm en 2009) et les puces Samsung Exynos et MediaTek, moins plébiscitées, équipées de GPU Mali, propriété d’ARM. On peut également citer le cas particulier d’Apple qui travaille ses SoC en profondeur, jusqu’au niveau de la partie graphie.

Le rachat d’ARM par Nvidia pourrait redistribuer les cartes et permettre aux GPU ARM de se montrer bien plus compétitifs en proposant certaines technologies propres à la gamme GeForce des cartes graphiques Nvidia, à commencer par le DLSS, qui permet de gagner en performances sur de hautes définitions en générant des images en basse définition pour les upscaler de façon logicielle à grand renfort d’intelligence artificielle.

Prenons l’exemple de Fortnite qui va pouvoir tirer parti de cette technologie sur les PC équipés de cartes graphiques Nvidia RTX. On peut imaginer qu’à l’avenir, les mêmes apports pourraient se faire ressentir sur mobiles, permettant ainsi aux joueurs de profiter d’une qualité graphique et d’un framerate de meilleure facture.

Sur des SoC mobiles, cette technologie a déjà fait ses preuves sur la Nvidia Shield TV 2019 et pourrait bien animer en 2021 une future « Switch Pro » dont la rumeur évoque une compatibilité avec la 4K.

AMD attend au tournant

Ce renouveau devrait par ailleurs s’accompagner d’une saine concurrence opposant les géants qui s’affrontent déjà sur PC : Nvidia et AMD. Disparu des téléphones depuis la revente de sa branche Radeon en 2009, AMD est sur le point de revenir en force en partenariat avec Samsung, avec de premiers résultats qui semblent particulièrement probants.

Cette nouvelle bataille pourrait pousser les deux entreprises à se surpasser et à enfin débloquer davantage de puissance pour les jeux mobiles. Avec tout de même une condition de taille, celle de l’efficacité énergétique sur des appareils dont l’autonomie est l’un des enjeux cruciaux.

Une inertie nécessitant d’attendre

Ne soyons toutefois pas trop pressés. Le rachat d’ARM par Nvidia est acté, mais pas encore entériné. Tant que les autorités de la concurrence n’ont pas donné leur accord, les deux entreprises vont continuer d’évoluer de manière autonome, chacune de leur côté. Cette période peut prendre plusieurs mois, voire plusieurs années. Ce n’est qu’ensuite que Nvidia pourra débuter son développement, ce qui prendra à nouveau quelques mois supplémentaires.

Il faudra donc se montrer patients et espérer que Qualcomm profitera de ce sursis pour mettre les bouchées doubles sur ses puces Adreno.

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