Pas besoin d’usine : un hacker passe sa Tesla au Hardware 4 dans son garage

Impossible, vraiment ?

 
Tesla explique depuis des mois qu’améliorer ses vieilles voitures vers son dernier ordinateur de conduite autonome relèverait de l’industrie lourde. Un hacker polonais vient de le faire dans son garage, et il documente tout.
Source : X (Twitter)

Depuis 2019, Tesla installe dans ses voitures un ordinateur maison qui fait tourner le FSD, son système de conduite assistée. La troisième génération, le Hardware 3 (HW3), s’est retrouvée sur des millions de véhicules jusqu’en 2023. Sauf que Tesla a fini par admettre que ce HW3 ne supporterait jamais les dernières versions du FSD, réservées au Hardware 4 (HW4), plus musclé. Des millions de propriétaires se retrouvent donc avec une conduite autonome plafonnée.

Les possesseurs de HW3 n’auront droit qu’à une version allégée, le FSD V14 Lite tout juste déployé aux USA, et jamais au FSD complet non supervisé réservé au HW4. Le logiciel est d’ailleurs devenu si gourmand que certains ordinateurs de Tesla ont grillé après le passage à cette V14. Autant dire que l’écart entre les deux générations de matériel ne cesse de se creuser.

Un ordinateur de Model Y et quelques adaptateurs

Michał Gapiński, alias Mike Gapinski, hacker polonais, a pris une Model 3 de 2022 sous HW3 et lui a greffé le matériel HW4. La recette tient en quelques pièces : un ordinateur Autopilot récupéré sur un Model Y HW4, des caméras HW4, et des adaptateurs branchés sur les connecteurs FAKRA d’origine (le standard de fiche qui relie les caméras à l’ordinateur).

Bonne surprise, les câbles coaxiaux déjà présents dans la voiture ont pu être conservés, sans avoir à démonter la moitié de l’habitacle pour tirer de nouveaux faisceaux.

Tout n’a pas été plug-and-play pour autant. Gapiński parle d’un « light ECU hacking », soit une intervention logicielle sur les calculateurs de la voiture, au-delà du simple échange de pièces.

Plus intéressant, il documente l’intégralité de l’opération en direct sur X (@mikegapinski) : photos, branchements, avancement. La voiture « is driving », elle roule donc, même s’il précise lui-même qu’il reste « quelques réglages » à faire avant que toutes les fonctions du FSD HW4 tournent parfaitement.

Les « micro-usines » de Tesla prennent un coup

Depuis des mois, Tesla justifie l’absence de programme officiel de mise à niveau HW3 vers HW4 en expliquant qu’un tel retrofit exigerait des « micro-usines », autrement dit des lignes de montage dédiées, trop lourdes à déployer.

Sauf qu’un particulier vient de le faire sur son établi, en gardant les câbles d’origine. Que l’architecture HW3 accepte aussi facilement des composants HW4 suggère que la compatibilité existait dès le départ, ce qui fragilise sérieusement l’argument industriel.

Le média Electrek résume la tension d’une formule : si un propriétaire bricole la mise à niveau « facilement » dans son garage, pourquoi Tesla ne le propose-t-elle pas ? La question est d’autant plus vive que, comme le note InsideEVs, le constructeur repousse le sujet depuis des mois, laissant patienter toute sa flotte HW3.

Plusieurs zones d’ombre demeurent avant de crier victoire. Le coût total de l’opération et la disponibilité des pièces pour un particulier lambda ne sont pas précisés, pas plus que le statut légal du véhicule modifié ou sa compatibilité avec les futures mises à jour Tesla.

En Europe, le FSD finira tout de même par arriver sur les plus anciennes Tesla, avec une subtilité. La démonstration de Gapiński, elle, est faite : techniquement, la mise à niveau est possible.

Mais pour rétrofiter des millions de voitures avec une opération qui prend plusieurs heures, Elon Musk a peut-être raison : il faudrait des micro-usines, sans quoi les ateliers Tesla seraient débordés, ou annonceraient des délais de plusieurs mois.


Utilisez-vous Google News (Actualités en France) ? Vous pouvez suivre vos médias favoris. Suivez Frandroid sur Google News (et Numerama).

Recherche IA boostée par
Perplexity