
S’il a tendance à baisser au fil des années, le prix des voitures électriques reste encore trop élevé pour de nombreux conducteurs. Mais face à la concurrence chinoise qui casse les coûts, les constructeurs « traditionnels » n’ont pas encore dit leur dernier mot. Eux aussi cherchent à rendre leurs autos plus abordables. Pour cela, c’est souvent la batterie qui joue un rôle clé. En effet, cette dernière représente pas moins de 40 % du prix total d’une VE. Volkswagen mise justement sur ce levier.
Alors qu’elle cartonne avec ses nouvelles citadines abordables, dont l’ID. Polo, la firme allemande veut aller encore plus loin. Dans un communiqué publié ce lundi 28 septembre, elle indique qu’elle va accélérer la production de ses batteries LFP (lithium-fer-phosphate). Cette chimie coûte en effet nettement moins cher que le NMC (nickel manganèse cobalt). Que prépare l’entreprise basée à Wolfsburg ? Partenaire du chinois Gotion depuis 2020, elle va nettement renforcer cette collaboration.

Trois nouvelles coentreprises vont voir le jour, associant Volkswagen, sa filiale PowerCo dédiée aux batteries et Gotion. D’après Gotion, les trois projets représentent un investissement total d’environ 3,22 milliards d’euros, dont près de 1,6 milliard à sa charge. L’objectif est d’accélérer la production de cellules LFP, afin d’équiper les autos électriques du groupe allemand, mais surtout de construire une vraie filière en Europe, alors que l’industrie européenne a récemment tiré la sonnette d’alarme.
Selon les prévisions reprises par Volkswagen, le LFP pèse aujourd’hui environ 10 % du marché européen et pourrait grimper entre 40 et 60 % d’ici 2030.
Volkswagen n’est pas le premier constructeur européen à s’allier à un géant chinois pour produire du LFP en Espagne. Stellantis et CATL ont créé une coentreprise à parts égales pour une usine LFP à Saragosse, avec un investissement pouvant atteindre 4,1 milliards d’euros, une capacité maximale de 50 GWh par an et un démarrage de la production visé fin 2026.
Deux usines de cellules et une de cathodes
L’un des points les plus importants de cette collaboration concerne l’usine PowerCo de Valence, en Espagne. Encore en construction, elle doit passer dans une coentreprise détenue à 49 % par Gotion, qui prévoit d’y investir environ 1,1 milliard d’euros. PowerCo en restera l’actionnaire majoritaire avec 51 %. Elle devrait afficher une capacité annuelle de 29,1 GWh, soit de quoi équiper environ 790 000 ID. Polo avec la batterie de 37 kWh. C’est nettement moins que les 40 GWh annoncés par PowerCo au lancement du chantier, en 2023. De son côté, PowerCo va apporter environ 470 millions d’euros d’ici 2030 pour prendre 49 % de deux sites de son partenaire chinois.
Le premier, une usine de cellules située à Šurany, en Slovaquie, affichera une capacité de 8,4 GWh par an et restera contrôlé à 51 % par Gotion. Le second, un site à construire à Kénitra, au Maroc, ne fabriquera pas de batteries. Il doit produire chaque année 100 000 tonnes de matériau de cathode LFP, destinées en priorité aux usines espagnole et slovaque. Il s’agit en fait de la poudre contenant le lithium, le fer et le phosphate, qui sert de base aux cellules.
L’accord n’est toutefois pas encore bouclé. Il doit recevoir le feu vert des autorités et de l’assemblée des actionnaires de Gotion. En parallèle, Volkswagen, actionnaire de Gotion, a signé la vente de 5,3 % du capital du groupe chinois. Le constructeur assure qu’il en restera un actionnaire important et que ses droits de vote ne baisseront pas.

Selon les derniers chiffres de BloombergNEF, publiés en décembre 2025, un pack de batterie LFP coûte en moyenne 81 dollars du kWh (environ 71 euros), tous usages confondus, stockage stationnaire compris. Un kWh de pack NMC coûte quant à lui 128 dollars, ce qui équivaut à 113 euros. Sur une batterie de 37 kWh, comme celle de l’ID. Polo d’entrée de gamme, l’écart entre les deux technologies atteint donc environ 1 500 euros. D’où l’intérêt de développer le LFP afin de rendre l’électrique encore plus compétitif.
Pour l’acheteur, l’effet ne sera pas immédiat. Les cellules de Valence doivent alimenter les usines ibériques du groupe, qui assemblent ses nouvelles citadines électriques. Mais d’après le site spécialisé electrive, qui cite la presse espagnole, PowerCo ne prévoyait pas d’y lancer la production en série avant juillet 2027, après une phase de présérie à l’automne 2026. L’ID. Polo d’entrée de gamme, déjà vendue 24 995 euros avec sa batterie LFP de 37 kWh, ne devrait donc pas voir son prix bouger à court terme grâce à cet accord.
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