Une Xiaomi SU7 prend feu en pleine rue et ça n’a rien avoir avec la batterie

 
Un incendie impliquant une Xiaomi SU7 dans la province du Liaoning, en Chine, a alimenté les débats sur la sécurité des véhicules électriques chinois. Pourtant, selon le constructeur, la batterie n’est pas en cause. Mais ce fait divers vient une nouvelle fois alimenter de vieux démons autour de la voiture électrique et des incendies.

Le 1er février dernier, dans la ville de Yingkou, au nord de la Chine, une Xiaomi SU7 a pris feu dans des circonstances pour le moins spectaculaires. Les images diffusées sur les réseaux sociaux montrent des explosions successives. De quoi raviver instantanément les craintes (très souvent exagérées) entourant les batteries des véhicules électriques.

Xiaomi s’est empressé de communiquer, sans doute conscient que le silence aurait alimenté toutes les spéculations. Selon la marque, le feu a démarré au niveau du siège conducteur, provoqué par une « source de chaleur résiduelle » ayant enflammé des matériaux combustibles présents dans l’habitacle.

Le propriétaire du véhicule aurait d’ailleurs confirmé cette version. Quant aux explosions si impressionnantes ? Simple déploiement des airbags, assure le constructeur. Rien à voir avec un emballement thermique de la batterie, cette hantise des détracteurs de l’électrique.

La batterie, éternelle suspecte innocentée

Dans l’imaginaire collectif, véhicule électrique en feu rime automatiquement avec batterie défaillante. Pourtant, les statistiques montrent que les incendies d’origine électrique restent proportionnellement moins fréquents que ceux touchant les véhicules thermiques.

Le cas de la SU7 rejoint d’ailleurs une série d’incidents récents en Chine où le coupable n’était pas la technologie, mais bien l’inattention humaine.

Xiaomi SU7 // Source : Xiaomi

Autre exemple, en octobre dernier, une Avatr 06 s’embrasait dans la province du Fujian après qu’un effet de loupe créé par des accessoires sur la console centrale ait concentré les rayons du soleil sur le siège passager. Quelques semaines plus tard, c’était au tour d’une Geely EX2 de partir en fumée pour des raisons similaires. Bref, rien à voir avec la batterie.

Le succès ne protège pas de la controverse

Ironie du sort, cet incident touche l’un des modèles les plus plébiscités du marché chinois. Avec 258 164 exemplaires livrés en 2024 selon China EV DataTracker, la SU7 est le fer de lance de Xiaomi dans l’univers automobile, et sa version SUV appelée YU7 devrait prendre le même chemin. Jim Farley, le PDG de Ford, en a même fait l’une de ses voitures électriques chinoises préférées.

Pour en revenir à ces légendes urbains comme quoi la voiture électrique prendrait davantage feu qu’une thermique, rappelons que les idées reçues à ce sujet vont bon train. Or, une étude publiée en 2024 nous avait déjà prouvé que c’est totalement faux, au contraire. Une entreprise australienne spécialisée dans les incendies d’autos électriques a également dévoilé des chiffres qui vont une fois encore dans ce sens.

Cette dernière se base sur les données relatives aux feux de véhicules zéro-émission (à l’échappement) depuis 2010. EV FireSafe indique que depuis 2010, seulement 551 cas de surchauffe de batteries (voitures électriques et hybrides rechargeables confondues) ont été confirmés dans le monde. Et ce alors que l’on compte pas moins de 40 millions de véhicules 100 % électriques en circulation.

De plus, les risques sont de plus en plus faibles au fil des années. Après un pic en 2022 avec un peu moins de 120 incidents enregistrés, les chiffres n’ont ensuite fait que de descendre. Au 30 juin 2024, ce sont un peu moins de 60 cas qui ont été relevés.


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