136 cœurs, 3 nm… Arm dévoile une première puce bien à lui, et elle dépote

 
Fabriquée en partenariat avec Meta, la toute première puce signée Arm, habituellement « simple » vendeur de propriété intellectuelle, se dévoile cette semaine. Ses 136 cœurs et sa gravure en 3 nm seront mis au service de l’IA agentique.
Voici la toute première puce conçue et fabriquée par Arm // Source : Arm

Connu en tant que concepteur de l’architecture du même nom, et comme exploitant des juteuses licences qui en découlent (utilisées par Apple, Qualcomm, MediaTek, Samsung et toute une ribambelle d’autres acteurs de tout premier ordre avec lesquels il est d’ailleurs en plus ou moins bons termes), le britannique Arm a dévoilé ce mardi une toute première puce bien à lui.

Baptisé AGI CPU et développé en partenariat avec Meta, ce processeur, le premier lancé par Arm en 35 ans d’existence, est gravé en 3 nm par TSMC. Il peut en l’occurrence s’équiper d’un maximum de 136 cœurs basés sur le design Neoverse V3, dévoilé en début d’année 2024 par Arm.

Une grosse puce « relativement » économe en énergie…

Dans le détail, ces 136 cœurs sont répartis sur deux dies. Ils peuvent atteindre une fréquence de base de 3,2 GHz sur les meilleures moutures de l’AGI CPU, tandis qu’Arm évoque un boost à 3,7 GHz pour sa puce, qui engloutira une quantité d’énergie un peu moins monstrueuse que ce que l’on aurait pu imaginer. Arm nous parle en effet d’un TDP de 300 W « seulement ».

Pour le reste, et comme le détaille Tom’s Hardware, l’Arm AGI CPU peut gérer jusqu’à 12 canaux de mémoire vive DDR5 à 8800 MT/s pour atteindre le cap des 800 Go/s de bande passante mémoire, soit 6 Go/s pour chaque cœur… tout en visant une latence inférieure à 100 nanosecondes. On apprend enfin que les interfaces d’entrée / sortie de cette nouvelle puce comprennent 96 voies PCIe Gen 6 prenant nativement en charge la norme CXL 3.0 pour l’extension et la mise en commun (« pooling ») de la mémoire.

Ce genre de matériel implique forcément d’importants besoins en termes de refroidissement. En la matière, Arm explique s’être associé à Supermicro pour l’utilisation d’un système de dissipation liquide voué aux plus grosses configurations de racks. Pour être plus précis, la configuration à refroidissement liquide mise au point par Arm et Supermicro peut regrouper un total de 336 puces AGI de manière à combiner plus de 45 000 cœurs en un seul rack de 200 kW. À titre de comparaison, les racks « standards » de 36 kW à refroidissement classique se contentent d’une soixantaine de puces pour 8 160 cœurs.

… dévolue à l’IA agentique, avec une crainte à la clé

Pas avare de coups à porter sur l’architecture x86 concurrente, Arm assure que son AGI CPU délivre deux fois plus de performances par rack que les dernières plateformes x86. Une estimation qui n’a toutefois pas encore été validée par des tests indépendants, et qu’il faut donc prendre avec un peu de recul.

Source : Arm

Quoi qu’il en soit, cette première puce signée Arm se destine en premier lieu à ce que l’entreprise appelle une « infrastructure d’IA agentique ». En clair, les tâches d’orchestration nécessaires pour coordonner les accélérateurs et gérer les flux de données dans les déploiements d’IA à grande échelle, note Tom’s Hardware. Arm espère par ailleurs être en mesure de capter, avec son AGI CPU, une partie de la demande liée aux systèmes agentiques comme OpenClaw… qui profitent en effet d’un fort engouement depuis quelques mois.

Reste à savoir si l’intérêt désormais revendiqué d’Arm pour l’IA n’aura pas des répercussions sur le développement de ses architectures vouées aux puces grand public. Si c’est le cas, c’est tout le marché du smartphone, des tablettes et (dans une moindre mesure) des ordinateurs portables qui pourrait s’en trouver ralenti.


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