Nvidia n’a pas sorti DLSS 5, les moddeurs l’ont déjà partout : voici le mod que tout le monde peut tester sur sa RTX

L'IA ressuscite les classiques

 
Une DLL oubliée dans la bêta de NBA 2K27 fait désormais tourner le DLSS 5 de Nvidia sur des jeux qui n’ont jamais entendu parler d’intelligence artificielle. Et aucun studio n’a levé le petit doigt.

Tout est parti d’une trouvaille. Il y a quelques jours, des dataminers ont exhumé la bibliothèque nvngx_dlssnr.dll de la version Early Access de NBA 2K27, un jeu qui ne l’utilise même pas. En une poignée de jours, une communauté de moddeurs en a fait une boîte à outils universelle. Le dernier arrivé, DLSS5-Feeder, vise les jeux dépourvus de tout support DLSS.

DLSS 5 est la dernière version du Neural Rendering de Nvidia, une technique qui fait retoucher l’image par l’IA. En temps normal, elle ne s’active que si le jeu l’appelle lui-même. DLSS5-Feeder contourne l’obstacle : d’après son développeur, il fabrique de toutes pièces un appel à DLAA, la variante anti-crénelage de DLSS, à partir de l’image capturée par ReShade, du tampon de profondeur et de vecteurs de mouvement estimés (les données qui indiquent à l’IA comment les pixels se déplacent d’une image à l’autre).

Concrètement, le mod reconstitue seul ce qu’un studio fournit d’habitude. De nouveaux dérivés du même genre apparaissent presque tous les jours, et le Neural Rendering redessine notamment les visages dans quantité de jeux.

De DirectX 9 à OpenGL, presque tout y passe

Le développeur revendique sept jeux fonctionnels sur quatre interfaces graphiques. Fable Anniversary tourne en DirectX 9 à 1 440p et 60 images par seconde. Le Seigneur des Anneaux : La Guerre du Nord passe en DirectX 12, 4K et 120 images par seconde, et Doom (2016) en Vulkan 4K. La version 0.7.0 a ajouté OpenGL, mais ce chemin n’a encore été validé qu’en 32 bits, sur Worms Ultimate Mayhem.

Tout cela suppose des compromis. Il faut d’abord une carte Nvidia RTX, seule à embarquer les cœurs Tensor exigés (notre guide GeForce aide à choisir). DirectX 10 reste à la porte, principale limite du mod, et le support OpenGL 64 bits n’a été testé sur aucun jeu réel. Surtout, DLSS5-Feeder se limite au DLAA : il embellit l’image sans faire gagner la moindre image par seconde.

Les vecteurs estimés laissent des traces, au sens propre : du ghosting (ces traînées derrière les objets qui bougent vite) et une interface parfois avalée par le traitement. Sur les anciennes cartes, l’addition pique. Une RTX 3080 chute ainsi de 138 à 4 images par seconde avec une première mouture, avant qu’un passage au format FP16 arrange les choses, la même équipe a même fait tourner DLSS 5 dans l’émulateur PS2 PCSX2. Pour les plus curieux, des guides d’installation détaillés circulent déjà chez DSOGaming.

Comment tester DLSS5-Feeder chez soi

Le mod est disponible en libre accès sur GitHub, et rien n’empêche de s’y frotter. Il faut d’abord récupérer la fameuse DLL fuitée (nvngx_dlssnr.dll), que le dépôt ne fournit pas, puis installer ReShade sur le jeu visé, celui-ci servant à capter l’image que le mod va renvoyer à l’IA.

On dépose ensuite les fichiers de DLSS5-Feeder dans le dossier du jeu et on active le tout depuis l’interface de ReShade. Le dépôt détaille la marche à suivre selon l’interface graphique (DirectX 9, 11, 12, Vulkan ou OpenGL).

Gardez en tête qu’il s’agit d’un projet expérimental, qui exige de mettre les mains dans le cambouis.

Un jeu non listé peut refuser de coopérer, l’interface se retrouve parfois maquillée par le traitement, et DirectX 10 reste hors course. Il faut aussi une carte Nvidia RTX (voir plus bas) et accepter que le gain soit purement esthétique. Pour ceux que le bricolage rebute, renodx-dlss de ShortFuse gère nativement le D3D9, le D3D11 et le D3D12, ce que le projet reconnaît lui-même.

Nvidia laisse faire, pour l’instant

Le plus cocasse, c’est que Nvidia n’a jamais publié DLSS 5. La firme l’a seulement présenté comme une exclusivité des RTX 50, avec un lancement prévu cet automne, la DLL qui circule est donc une version non finie. Ses bibliothèques tournent hors de tout cadre officiel, sur des jeux qu’elle n’a pas validés, et l’entreprise n’a pas commenté cet usage.

La fuite a relancé le débat sur l’IA dans le jeu vidéo. Une partie des joueurs PC a changé d’avis en voyant la techno tourner, et le créateur de Kingdom Come Deliverance a pris sa défense, loin du discours prudent que Nvidia tenait encore en dévoilant DLSS 5. Pour l’instant, le mod reste un jouet pour bricoleurs avertis. Il prouve tout de même que le Neural Rendering peut redonner un coup de jeune à de vieux jeux sans attendre le bon vouloir des studios.

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